[Témoignage] mes fausses couches, ces blessures silencieuses

[Témoignage] mes fausses couches, ces blessures silencieuses

2009 : Maman d’un petit garçon âgée de dix-huit mois, c’est avec joie que je me retrouve une nouvelle fois enceinte. Je l’annonce à mon mari, j’étais heureuse de lui faire partager cette nouvelle. On décide de ne pas le dire et de faire la surprise. Deux mois s’écoulent, personne n’est au courant. Moi toute contente à l’idée d’être enceinte, je me disais : « aller encore un mois et je l’annonce. » Première échographie : plutôt bonne ! On a hâte de faire la deuxième, celle qui nous dira le sexe de bébé! La fameuse échographie que toutes les mamans attendent.

Vingt semaines de grossesse, grosse douleur dans le dos, malgré cela je me dis que ça va passer. Je tente de me recoucher mais en vain, la douleur persiste et elle est de plus en plus forte. J’ai comme une chose qui tente de sortir de mon corps, je décide de me diriger à la maternité de toute urgence afin de leur expliquer ma douleur et que quelque chose veut sortir. Elle me fait une échographie où l’on voit le bébé, elle me dit que je suis enceinte de vingt semaines et que tout va bien. Elle décide tout de même de me faire une visite gynécologique et la.. elle m’annonce que ma poche des eaux est prête à tomber. Au même moment, PAF elle tombe, grosse panique ! On me dit que sans liquide amniotique bébé ne tiendra pas, je demande alors à être greffé de liquide amniotique. Lol et oui, avec toute la peur, l’angoisse que j’avais et surtout l’envie de ne pas perdre mon bébé, je disais n’importe quoi. On m’explique que non, cela ne peut pas se faire.

On me descend en salle d’accouchement. J’avais des contractions horribles, vraiment douloureuses, je pensais mourir tellement la douleur était horrible. On me donna du gaz à respirer pour que mes contractions soient moins douloureuses, cela ma fait un bien fou. Entre-temps elle regarde mon col et s’aperçoit qu’il s’ouvre, alors elle me demande de pousser ce que je fais.. A cet instant, j’accouche d’un tout petit garçon, pas plus grand que la main de mon mari ! On le met dans un petit lit, il était là : tout rose et si petit. J’avais juste envie de le voir  les yeux ouverts, le protéger mais il n’était déjà plus de ce monde..

2012 : J’apprends avec joie ma nouvelle grossesse, j’étais heureuse, je ne mettais pas angoisser avec l’épreuve que j’avais eue auparavant en 2009. Je me disais même : « ce sera une belle grossesse ». Je fais ma première échographie : C’est un bon bébé. Les mois passent et mon ventre s’arrondit pour mon plus grand bonheur. J’avais hâte de faire la 2ème échographie afin de savoir le sexe de mon bébé. Le week-end approchait et lundi était le jour où j’avais cette fameuse échographie, j’étais tout excitée et presser d’être à lundi !

Samedi : le week-end commence, j’étais toute seul à la maison. Je me repose et là je ressens des douleurs dans le dos, je connaissais ces douleurs alors je décide de ne pas traîner. Je me prépare et fonce prendre le métro. Une fois dans le métro impossible de rester assise ! Je bougeais de droite à gauche, la douleur était présente toutes les 3 minutes. J’essayerais de ne pas trop me faire remarquer mais la douleur que je ressentais était des contractions d’accouchement, c’était horrible. J’étais face à un homme dans le métro, j’essayais de me dire : « ça va passer, reste tranquille! ». Je restais assise, la tête dans mes bras, je mordillais mes lèvres tellement j’avais mal. Arriver à la maternité, je cours aux urgences où l’on me prend en charge, on me fait une échographie et je vois sur l’écran mon bébé, je ne voulais pas regarder l’écran car j’avais compris.. Moi qui attendais tellement la 2ème échographie. La sage-femme me dit que le bébé va bien, qu’il bouge bien. Elle vérifie mon col et me dit que je n’en ai plus, qu’il est complètement dilaté ! Alors elle me monte dans une chambre où les médecins viennent me voir et m’explique que d’ici la fin de journée ou la nuit j’accoucherai et que le bébé à ce stade ne peut pas être pris en charge car trop petit.. Je l’écoutais à moitié, la seule chose qu’elle me racontait et que j’ai retenue était que j’étais enceinte de 22 semaines et qu’ il aurait fallu être enceinte de 27 semaines pour que le bébé soit pris en charge.

Toute la journée je priais pour tenir encore 5 semaines, mais 5 semaines c’est énorme quand le travaille à déjà commencé ! En fin de soirée je perds les eaux, on me descend en salle d’accouchement et là ça va vite ! Je pousse et j’accouche d’un magnifique bébé. Ma sage-femme m’annonce que c’est une fille et qu’elle pèse 550 grammes. Un bébé qui a vécu 16 minutes mais qui a vécu ! Elle ressemblait à un bébé déjà bien terminé, un beau bébé.

C’est grâce à notre foi que l’on a tenu le coup. Bien sûr c’est une épreuve difficile car en moins de 5 ans enterrer deux enfants ce n’est pas facile. Je n’en parle jamais car ce n’est pas une chose dont j’aime parler mais j’y repense de temps en temps et j’ouvre mon livret de famille, je vois tous mes enfants noter là et je me dis que grâce à Dieu j’ai eu des enfants! Ça ma rendu heureuse malgré tout car je les ai mis au monde avec douleurs, joies, larmes mais surtout avec amour. Deux plus tard je mettais au monde ma magnifique fille qui me comble d’amour.

Justine

" L'espoir qui reste à l'humanité, c'est qu'un jour les parents puissent vraiment agir dans l'intérêt des enfants, qu'ils deviennent assez conscients pour être du côté de l'enfant et pour l'aider à se développer dans la liberté, l'intelligence et l'amour " A.S Neill

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.