[Témoignage] Ma EABI, côté éducation

[Témoignage] Ma EABI, côté éducation

Côté éducation, ça donne quoi ?

Je ne voulais pas reproduire l’éducation que j’ai reçu (je ne veux toujours pas d’ailleurs). C’est dur pour moi de lutter contre ces automatismes. Encore plus dur que ma fille est exigeante, en tout. Je suis épuisée. Moi qui étais une marmotte, je me retrouve à dormir 6h par nuit… et quand elle dort, c’est moi qui ne dort plus ! La fatigue, c’est ce qu’il y a de pire, ça fait perdre toute clairvoyance.

La faire garder ?

Clairement, je n’ai jamais réellement pu faire garder ma fille.

Quand je travaillais, 2 jours par semaine, son père la gardait. Elle avait 2,5 mois. Il m’a dit, il n’y a pas très longtemps, qu’elle pleurait 45 mn dans les bras avant de s’endormir ! Il marchait et il avait le pull trempé ! Elle n’a jamais accepté mon lait autrement qu’à la source. Il me l’amenait le midi pour qu’elle tète. Il ne me l’a pas dit quand je travaillais parce qu’il savait que j’aurais culpabilisé de la laisser comme ça.

La 7e merveille du monde !

À côté de ça, elle fait preuve de ressources incroyables ! Elle est capable de trouver des solutions pour obtenir ce qu’elle veut : surtout s’il s’agit de bonbons et de chocolat planqués en hauteur dans les placards ! Elle apprend plein de choses qui m’épatent. Elle est merveilleuse. Chaque fois que je m’énerve, j’essaie de me rappeler à quel point je l’aime.

Elle a toujours eu très peur des bruits aussi, notamment de moteurs. Et elle faisait (et fait encore) de gros efforts pour surmonter ses peurs. Quand je suis en forme, j’arrive à la voir, pleine et entière, fantastique. Quand l’épuisement m’emporte, je ne fais que la regarder sans vraiment la voir, je ne vois que le bazar, le temps et l’énergie qu’elle me pompe. Et parfois, on est en conflit -trop souvent à mon goût d’ailleurs-, je me rends compte que si je lâche prise, ça se passe beaucoup mieux. Et ça ne fait pas d’elle un enfant-roi pour autant. C’est une EABI mais elle apprend, elle grandit. Souvent, elle subit l’adultisme de notre société. Et pourtant, elle ramasse les papiers dans la rue pour les mettre à la poubelle. Elle rapporte les jouets aux enfants quand ils les oublient…

Le temps passe…

Aujourd’hui, alors qu’elle a presque 3,5 ans, j’arrive à travailler plusieurs heures sans être (trop) dérangée (un câlin, une demande, un jeu rapide…). Avec d’autres enfants, lors de nos réunions de familles instruisant en famille, elle passe plusieurs heures loin de moi. Un EABI a besoin régulièrement d’un contact visuel et/ou physique. Un câlin, un sourire de temps en temps suffisent à la rassurer. Et je sais que ça continuera. Pour moi, l’essentiel est qu’elle s’épanouisse, autant que possible avec notre histoire un peu lourde et nos écarts trop fréquents !

Je me dis que je fais de mon mieux, je grandis avec elle.

J’apprends à lâcher prise.
J’apprends à être maman.
J’apprends la bienveillance.
Je demande pardon souvent.
Je dis merci encore plus souvent !

Par contre, j’ai envie d’un deuxième enfant mais je ne suis pas sûre d’être capable d’assumer un autre BABI !

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