Périnatalité

Quand la naissance permet le pardon

Quand la naissance permet le pardon

Cet article, je l’ai écrit, puis effacé, réécrit, et puis de nouveau supprimé… Je ne trouvais pas les mots, je le trouvais trop dur… Et puis le temps a passé, j’ai fait mon deuil, parlé longuement avec une psychologue et enfin, pris ma plume.

J’ai toujours eu une relation conflictuelle avec ma mère. Petite, j’étais en adoration devant elle, je l’aimais jusqu’à l’infini et cet amour était mal partagé. Adolescente, je l’ai rejetée, haïe, puis à nouveau retrouvée ; un jour, je me suis défaite de cette emprise et je suis partie.
J’ai mis 10 ans à la revoir et ce fut dans un hôpital, enceinte de mon premier fils, que je pleurais en serrant sa main devenue ridée et piquée de perfusion. Arrivée à 3 mois de grossesse, je ne suis plus arrivée à faire la part des choses, les questions se bousculaient dans ma tête en même temps que mon fils bousculait mon coeur et mon ventre. J’ai stoppé mes visites jusqu’à la naissance de mon grand, puis j’ai eu besoin d’aller lui présenter son petit-fils.

Un an plus tard, j’apprenais son décès, et à quelques jours près mon second fils avait décidé de s’installer secrètement en moi. Je suis allée à son enterrement avec les jambes chancelantes, les larmes aux yeux et le bas ventre tiraillé, sans savoir que c’était son second petit-fils qui prenait place. 15 jours plus tard, un joli + sur un bâtonnet apparaissait.

Être enceinte quand on perd quelqu’un et surtout sa maman, c’est vraiment quelque chose de difficile. Je n’arrivais pas à me réjouir de cette grossesse alors que j’étais en deuil, je ne m’accordais pas le droit d’être heureuse alors que je pleurais la perte d’un être aimé. J’ai mis énormément de temps à m’investir dans cette nouvelle maternité, je ne parlais presque pas à ce bébé. Et lui si discret, sentant tout cela, n’osait pas se manifester de trop. Il aura fallut que je retourne sur sa tombe pleurer toutes les larmes de mon enfance, celles de mes blessures et de mes non-dits. Que je m’écroule pour de bon, pour pouvoir me relever et accepter d’être à nouveau heureuse.

Les petits coups de pieds sont arrivés presque immédiatement, faisant bondir mon coeur et faisant naître le lien que je bataillais à créer. J’ai accouché et croisé encore une fois ce regard qui transperce. J’ai pensé à elle qui avait vécu ça 4 fois. Et j’ai commencé à lui pardonner, à me pardonner…à lui pardonner, à me pardonner…

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