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Violences obstétricales : A cet instant, je ne suis plus rien.. rien qu’une chose

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Violences obstétricales : A cet instant, je ne suis plus rien.. rien qu’une chose

Je m’appelle Marjorie, je viens d’avoir 30 ans. je suis actuellement maman d’un petit garçon de 5 ans et d’une petite fille d’un an et demi. je suis enceinte d’une petite fille attendue pour mi juillet.

A 18 ans, après des années de galères et des douleurs insoutenables on me diagnostique une endométriose. on m’opère et me met sous ménopause artificielle. en 2009 lors de nos tentatives pour avoir un bébé on me diagnostique une dystrophie ovarienne. Malgré tout je reste forte. Les règles quand elles surviennent sont insoutenables, avec des contractions utérines intenses où mes jambes ne le portent plus … pourquoi vous parler de les antécédents ? peut être pour justifier que non je ne suis pas une chochotte et que je connais mon corps…

J’ai eu mon 1er enfant sans aucune aide à la procréation. L’accouchement s’est extrêmement bien passé. un réel plaisir. Je suis arrivée à la maternité avec 5 doigts d’ouverture les doigts dans le nez la douleur étant pour moi légèrement plus intenses que celles ressenties lors des règles. Le personnel était fantastique. bref …

Après un an et demi de tentatives, je tombe enceinte nous sommes en août 2013. mon gynécologue me fait une écho toutes les 2 semaines. Tout semble ok. Le 11 octobre il m’annonce que le coeur s’est arrêtée et qu’il ne repartira pas. Un choc bien sûr car je ressentais toujours les symptômes de la grossesse nausées et douleurs ligamentaires (liées à mon endometriose l’utérus étirant les adhérences. Mais je reste positive car après tout j’étais tombée enceinte naturellement une seconde fois. Le gyneco me dit qu’il souhaite attendre que « l’expulsion » se fasse naturellement. Il me donne rendez vous une semaine plus tard pour faire le point. De mon côté je retourne travailler comme si de rien n’étais. La semaine s’écoule avec des douleurs de règles mais toujours pas de saignement. Psychologiquement c’est pour moi une descente aux enfers, ce petit etre mort était toujours en moi, sans vie …

Retour chez le gynécologue le vendredi 18 octobre 2013. Seule cette fois car c’est mon papa qui m’accompagnait. L’embryon était bel et bien toujours accroché. Il me donne dans la main (sans ordonnance) 3 cachets à prendre pour déclencher la fausse couche. Les saignement devaient arriver des le vendredi soir. Je lui demande ce que sont ces médicaments il me répond un traitement pour les personnes qui de graves problèmes d’estomac et dont la contre indication est la grossesse. Il me aussi pour la 1ere fois « n’espérez pas avoir un curetage. en bonne élève je prends le 1er cachet devant lui et repart la boule au ventre d’aller vers l’inconnu. Samedi matin, toujours pas de saignements. je revois mon doc dans la semaine toujours pas de saignements. Il me redonne ces cachets. J’ai de plus en plus mal. Une douleur permanente mais haute près des côtes en plus des contractions utérines inefficaces.

Je le revois le vendredi à la maternité. il me dit que je dois subir une procédure similaires à celle d’un IVG. Il me fait signer des papier je n’ai même pas lu. Je suis ailleurs, je veux que ça se termine. il me dit de venir des lundi matin pour avoir mon traitement et que cette fois ça va marcher.

je me présente à la maternité. personne ne prend le temps de répondre à mes « bonjour » ni mes « s’il vous plaît?  » j’intercepte une sage femme qui me demande ce qu’il se passe je lui dit que mon gyneco ma demandé de venir pour le traitement. Elle me dévisage et me répond sèchement « vous savez que vous en avez pour la matinée? » Je lui répond que l’on je ne suis pas au courant. Elle me dit de la suivre et m’installe dans une grande pièce ou 5 autres jeunes femmes sont allongées. Certaines pleurent la tête l’oreiller. Des gémissement de peur. Je comprends que ces femmes sont la pour un ivg. personne ne se regarde. je ressens un grand malaise.

la sage femme ouvre brutalement la porte et entre avec un petit chariot. chacune reçoit un comprimé et un peu d’eau. pas un mot n’est échangé. quand vient mon tour je rompt le silence et demande tout bêtement qu’est ce que c’est. elle me répond c’est ce pour quoi je suis venue. je lui demande le nom du médicament et elle me dit cytotec le même médicament que j’avais déjà pris et qui me faisait toujours autant souffrir sans résultat. je lui dis que je suis venue pour avoir une autre molécule que j’ai déjà pris ces cachets sans aucun effet. elle ne me croit pas. Je lui dis de lire mon dossier et que je ne prendrai pas ces cachets. elle part comme une furie en me lâchant « ça ne va pas se passer comme ça » et claque la porte derrière elle. Elle revient 5 min après avec un sourire de satisfaction et me dit que je suis immédiatement convoquée chez mon gynécologue. Mon père et moi partons donc sur le champ. Dans la voiture je me décompose. Mon père est impuissant, il ne comprend pas ce qu’il se passe.

Nous arrivons en salle de consultation. Le gynécologue m’attendait. Lui qui me serrait d’habitude la main m’a froidement demandé de prendre place. Il n’a pas daigner répondre à mon « Bonjour, comment allez vous ».

Lui : vous avez refusé la procédure?
Moi : oui j’ai refusé. je ne veux plus prendre de cytotec, je souffre de douleurs terrible. je ne comprends pas vous m’aviez parlé d une autre molécule ?
Lui : si vous avez mal c’est que l’expulsion va venir
Moi : non je connais mon corps, j’ai des douleurs hautes des spasmes au niveau des intestins ou de l’estomac je ne sais pas exactement je n’en peux plus. les douleurs de règles sont elles supportables!

La dessus il sort son vida et l’ouvre à la page du cytotec. Il me lit tous les effets du produit. Il me dit que je fabule, je ne peux pas avoir mal à estomac avec un médicament qui traite les problèmes d’estomac. J’insiste et lui me redit que je n’aurais pas de curetage c’était hors de question. « Vous refusez la procédure alors vous allez attendre encore une semaine. Vous allez bien finir par l’évacuer« . J’ai l’impression de voir un mauvais film à la TV. Je ne pleure pas. Je l’écoute mais n’en crois pas mes oreilles. Je me sens coupable comme une petite fille qui aurait fait une grosse bêtise.

Il fouille dans son tiroir et me tend un petit pot de recueil d’urine celui avec le capuchon rouge : « Ah oui, tenez, quand vous l’aurez évacué vous le récupérerez et me vous le rapporterez »
Je prend tremblante le petit pot. je lui demande à quoi va ressembler ce que je dois récupérer. Il me répond que je verrai la différence avec le reste une poche avec quelque chose dedans. Je lui demande bêtement comment vais je faire si cela arrive aux toilettes?
Il me regarde en souriant, se lève, va dans sa salle d’examen. Il en revient avec des gants et du papier essuie tout qu’il me donne. Il me dit toujours avec le sourire : « si ça arrive quand vous serez aux toilettes, vous n’aurez qu’à y plonger la main pour le récupérer »
La dessus il se lève, ouvre la porte et me dit au revoir madame K.
Je ne répond pas. Je ne comprends pas ce qui m’arrive.
Je rentre chez moi. Le lendemain midi je commence à perdre du sang. comme de grosses règles. Je scrute mes serviettes hygiéniques à la recherche de cette « chose » que je dois récupérer.
Mon mari rentre vers 19h. je saigne toujours beaucoup. Les douleurs s’intensifient et les écoulements sont de plus en plus forts. vers 20h je ne peux plus rester assise. j’ai peur de ne pas arriver à récupèrer ce petit etre. j’ai complètement perdu la tête.

Je commence à perdre des amas denses de tissus. ils sont de plus en plus gros et j’en perds de plus en plus. Je ne quitte plus les toilettes je souffre. Il y a du sang partout. Je trouve un petit bout différent du reste. Je le place dans le petit pot. A 23h30 je perds connaissance dans les toilettes, direction les urgences de la maternité. Pour ne pas mettre de sang dans notre voiture je met une couche de mon fils de 3 ans à l’époque des serviettes hygiéniques de nuit, un shorty à mon mari. Nous arrivons en salle d’examen et je cours me vider aux wc. Je jette tout ce que j’avais sur moi. Tout était imbibé de sang. Je m’allonge sur la table. Un homme sage femme me demande ce qu’il se passe. Je lui explique l’histoire … : « ah c’est vous qui avez refusé le cytotec » ? oui c’est bien moi… il me dit qu’il est normal de saigner. Je lui explique que j’ai perdu connaissance et perdu beaucoup plus de sang que ce que le gynécologue m’avait parlé.

Il me dit qu’il doit m’examiner. Il soulève le draps, jette un regard à mon intimité et me dit « c’est tout? ». Je lui explique que je reviens tout juste des wc … Notre discussion avait duré 1 à 2 min maxi. .. Il met ses gants prend violemment le speculum et écarte mes jambes. J’ai à peine eu le lui dire de faire doucement. Trop tard, il avait déjà écarté mon intimité et inséré son outil dans une violence inouïe. Je crie. Je ne suis qu’une chose, à cet instant je ne me considère même plus comme un animal. Je ne suis plus rien.

Il regarde et appelle le gynécologue de garde. il me dit que ça ne mérite pas un curetage … Mais qu’ont ils tous avec ce foutu curetage @ ?????? Le gynécologue arrive. Calme posé. Il me prend la main et me rassure. Il me dit qu’il s’occuper de moi et que je ne dois pas avoir peur. Enfin un peu d’humanité! Je commence à pleurer…

Il m’ausculte et me dit qu’il doit faire une échographie. Il regarde calmement et me dit que l’embryon est toujours bien accroché qu’il doit me faire un curetage pour le retirer. Il me dit que j’étais à 2 doigts d’une grave hémorragie. Si nous n’étions pas venus dans les 2h tout aurait été fini pour moi. Je pars immédiatement en salle d’opération. Tout se passe bien. Une sage-femme passe me voir dans la nuit plusieurs fois pour vérifier qu’il n’y a pas d’hémorragie. A mon réveil je tente de me rendre aux toilettes. Je m’évanouie. Quand je reprends mes esprits je sonne. L’infirmière arrive me prend la tension : « elle est bonne, vous ne vous êtes pas évanouie ». Je lui répond que si que je viens de me relever. Elle me dit : « si vous le dites » et s’en va. 7h arrive le petit déjeuner. Je me dit que je manque certainement de sucre. Peu après je tente de retourner aux toilettes. Je perds pieds et dans ultime mouvement sonne. Un malaise violent mais je ne perds pas totalement connaissance. L’infirmière arrive alors que hé reprends mes esprits. Elle me reprend la tension, toujours bonne, et s’énerve contre moi. Elle me demande d’arrêter que je ne fais pas de malaise. Elle part en claquant la porte.

Je me recouche un peu puis tente de prendre une douche. 5min de répis sous l’eau puis un nouveau malaise. J’appelle au secours et je ne sais pas quel miracle le médecin entre dans la chambre et intervient pour me sortir de la douche. Il reste près de moi. Je lui explique que ce n’est pas la première fois ce matin. Il appelle l’infirmière. Elle me prend encore une fois la tension et dit que je mens. Dieu merci le médecin répond qu’il était la et que je ne mens pas. Il lui dit de me faire un bilan sanguin. L’infirmière s’interpose en répliquant que ça ne sert à rien que la tension est bonne que c’est dans ma tête. Il lui dit de faire ce qu’il lui demande. Elle part comme une furie et reviens me voir après le départ du docteur. Elle me pose avec un plaisir qui se lisait sur son visage un garot extra serré. J’ai de très bonnes veines très visibles mais elle me pique et rien ne sort. Normal elle avait consciemment traversé. Elle recule son aiguille, le sang coule elle remplit les tubes et me dit : « vous êtes contente? ». Je ne réponds pas.

Après plusieurs heures elle vient me voir pour me dit que j’ai une carence en fer. Elle me dit que je dois manger plus de viande rouge. Je lui demande si mon taux est très mauvais à cause de la perte de sang. Elle me répond que au lieu de m’inquiéter je n’ai qu’à me rendre à la pharmacie et me prendre des compléments. Elle me me dit que je peux rentrer.

Je pose congé le jeudi et vendredi pour tenter de me remettre de ce cauchemar mais les douleurs hautes persistent. la semaine suivante impossible de reprendre le travail. Mon medecin traitant m’informe que j’ai du sable ou caillot aux reins, que c’est un effet secondaire du cytotec et que mes douleurs viennent de là. Elle me met sous traitement antibiotique et la douleur passe progressivement. Ma douleur psychologique elle ne passera jamais. Je revois ces visages et j’entends ces mots prononcés dans ma tête comme si j’y étais encore.

Nous avons repris l’aventure conception quelques mois plus tard et je tombe enceinte.

" L'espoir qui reste à l'humanité, c'est qu'un jour les parents puissent vraiment agir dans l'intérêt des enfants, qu'ils deviennent assez conscients pour être du côté de l'enfant et pour l'aider à se développer dans la liberté, l'intelligence et l'amour " A.S Neill

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Le poids des mots

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J’ai longtemps hésité avant d’essayer d’écrire quoi que ce soit… Je n’aime pas m’afficher et encore moins afficher mes faiblesses, mais j’ai besoin de partager des réflexions, assez positives en fait.

J’ai toujours eu, loin de ma mère, des réactions que je jugeais disproportionnées après-coup… J’ai mis longtemps avant de comprendre pourquoi cette colère sortait aussi violemment, et je viens juste de me rendre compte, en écrivant, que ça n’était jamais arrivé en présence d’au moins un de mes parents…

À présent que j’ai plus de recul, je m’aperçois à quel point je me sens blessée chaque fois qu’on me demande de corriger quelque chose qui ne va pas, ou que je fais mal parce que c’est une méthode inappropriée… Je prends (ou prenais car j’essaie de réfléchir, de méditer sur cette colère que je refusais) tout pour attaque personnelle, sur qui je suis. Même si la personne en face peut avoir un avis similaire au mien, il peut m’arriver de me mettre en colère pour une histoire de mise en forme de l’expression des idées.

Dit comme ça, ça doit faire fouillis, mais je n’ai que cette manière là d’expliquer ce qui se passe dans ma tête à chaque fois…

Bref. Là où je veux en venir, c’est qu’après une énième dispute avec mon conjoint, non pas sur les idées, mais sur la façon de les exprimer, j’ai réfléchi longuement à pourquoi, autant l’un que l’autre, nous nous sentions agressés en tant qu’être.

Je ne trouvais pas la réponse avant une scène entre ma fille, mon conjoint et le chat…

Toute à son enthousiasme de voir le chat d’aussi près (sur la chaise) et ravie d’être debout, elle criait plus ou moins fort et aigu, chose qui à fortement déplu au chat, vous vous en doutez. En 5 min, un bébé qui pousse un grand cri et un chat qui se sauve en courant. Et le papa de dire : « le chat est parti parce que tu lui as fait peur ». Ni une ni deux, j’ai rectifié le tir, en disant que c’était son cri qui avait fait peur au chat, et que si elle voulait continuer à regarder le chat ou essayer de le caresser, il fallait faire doucement tant avec la voix qu’avec la main.

Mais, il y a un mais. Car en reprenant une énième fois mon conjoint, pourtant d’accord sur la parentalité positive, et le maternage, j’ai touché une corde sensible. Et soulevé des interrogations, telles que : « Mais si on lui dit comme ça, comment elle va faire pour mesurer la portée de ses actes? »

Question importante, dont je n’avais pas la réponse immédiatement. Puis j’ai fait le lien. Comment cette corde sensible avait-elle été créée? En recevant des remarques du même type que celle qui avait été adressée à notre fille. En confondant, dès l’identification des objets, des émotions, de l’individu, donc, en confondant l’individu avec ses actions, nous créons une porte aux failles telles que :l’absence de remise en question, la constante remise en question, ou une très (trop) grande sensibilité au remarques même constructives, « qui nous veulent du bien » (j’ai parfois des doutes…)…

J’ai reformulé instinctivement, sans trop y réfléchir, et je pense m’y être assez bien prise, néanmoins pour y arriver c’est un combat intérieur de tous les instants… Pour éviter à ma fille et au/à la/aux suivant/e/s d’être trop empoisonnée/s par ce climat familial dont je suis issue, je pense être à peu près prête à tout, cependant j’ai été conditionnée à me taire en présence d’aînés, et à taire mes émotions… Ce qui n’est jamais bon.

Mais avant de réussir à faire tout ça, le chemin est long et je me réjouis d’avoir pu connaître la bienveillance, la parentalité positive, le maternage, quelques mois avant de devenir maman… Et d’avoir pu prendre du recul sur mes blessures d’enfance. Car je me dis qu’autrement je n’aurais peut-être pas été capable de bienveillance envers ma fille, encore moins envers moi et j’aurais alors ignoré la portée de mes mots, de mes actions sur notre fille.

Maintenant que je suis un peu plus au fait, ma hantise, de refaire les erreurs de ma mère est plus grande encore, mais j’ai cet outil qui lui manquait à l’époque, et la chance d’avoir un conjoint qui a autant envie d’apprendre à communiquer son ressenti que moi, sans blesser l’autre… J’ai la chance d’avoir ces deux personnes avec moi, qui me donnent envie de m’améliorer et donc malgré les failles que je me trouve, dont j’ai l’impression que ce sont des gouffres, si je me regarde avec bienveillance, j’ai parcouru beaucoup de chemin pour en arriver là. Il m’en reste encore beaucoup à parcourir, mais la présence de ces deux êtres me donne ce qu’il me faut pour parvenir à mon but sans fin : devenir une personne meilleure, qui n’a ni peur de s’exprimer, ni peur de l’empathie. Et pour moi, c’est beau.

La réponse que j’ai trouvé à la question de mon conjoint?

Si tu ne te sens pas agressé lorsque l’on remet en question tes actes, tu seras plus à même d’en affronter les conséquences si tu ne te sens pas visé directement en tant qu’être et rectifier ce qui est à corriger. Après, je peux me tromper.

Des idées, pistes de réflexion?

Merci d’avoir lu ce long pavé.

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Endométriose: entre tabou et douleurs

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Aujourd’hui, j’écris un article sur un sujet qui me tient à coeur : l’endométriose .

Je vais expliquer brièvement ce qu’est l’endométriose, mais surtout parler du ressenti, ce qu’une femme atteinte d’endométriose peut endurer au quotidien.

L’endométriose est une maladie qui touche 1 femme sur 10. C’est une maladie chronique dite « récidivante », chez toute femme en âge de procréer. L’endomètre s’épaissit pour accueillir l’embryon, s’il n’y a pas de fécondation, l’endomètre se désagrège et saigne, ce sont les règles. Pour la femme qui a de l’endométriose, ces cellules d’endomètre vont migrer et se greffer sur certains organes, cela va entraîner des adhérences, lésions et kystes. L’endométriose peut être différente d’une femme à l’autre.

Pour approfondir le sujet vous pouvez consulter le site endofrance qui est une mine d’informations.

Je vais décrire un peu plus personnellement ce qu’est l’endométriose, comment une femme peut la vivre, bien que chacune puisse la vivre différemment et à sa manière. Les femmes atteintes d’endométriose ne souffrent pas toutes de la même façon.

L’endométriose est une maladie bien souvent tabou. Beaucoup de femmes n’osent pas en parler, ne serait-ce qu’à leur entourage et quand elles le font, elles se heurtent souvent à des jugements, car c’est une maladie féminine qui touche un sujet bien souvent tabou : le cycle menstruel.

L’endométriose est une maladie bien trop banalisée, y compris par le corps médical. Combien de jeunes femmes ont des douleurs terribles lors des menstruations et même hors menstruation sans qu’elles soient prises au sérieux? Les douleurs liées à l’endométriose peuvent complètement handicaper la vie d’une femme. Les douleurs peuvent être ressenties ailleurs que dans l’utérus, comme les intestins, des douleurs au dos peuvent également apparaître, des douleurs lors des rapports sexuels, certaines ont mal aux reins également. C’est très large car les adhérences peuvent se greffer un peu partout .

Une fatigue intense est souvent ressentie. La femme atteinte d’endométriose se retrouve souvent face à un mur, on ne la prend pas au sérieux. Avoir une endométriose c’est se retrouver dans des douleurs terribles, parfois pendant des jours. C’est subir certains traitements très lourds, riches en effets secondaires. C’est cohabiter avec une maladie, apprendre à la connaître tout en la détestant puis au final finir par l’accepter car il faut bien vivre avec. C’est souvent faire face à l’attente d’une grossesse, l’infertilité, les fausses couches. C’est parfois se sentir bien seule, incomprise, prise bien souvent pour une « douillette » qui se laisse aller. C’est devoir entendre souvent de la part des médecins : « C’est dans votre tête » . C’est faire face à un retard de diagnostic bien souvent. Vivre une adolescence difficile car douleur sur douleur ou bien se voir prescrire une pilule pour masquer un peu ce que l’on ressent. C’est devoir laisser l’endométriose décider parfois de ta vie, de tes sorties, de tes limites, parce que quand elle vient te faire signe tu es bien souvent incapable de faire quoi que ce soit. C’est parfois avoir de l’espoir quand tu ne ressens plus de douleur, puis être à terre quand elle ressurgit davantage qu’hier. Mais c’est aussi une manière de se battre, de LA battre, de vivre avec et de montrer que malgré sa présence on vit et souvent des petits miracles comme donner la vie viennent la narguer.

Et même si souvent la médecine allopathique doit s’en mêler pour soulager, les astuces naturelles sont souvent très utiles et aidantes.

A toi qui en es atteinte, n’aie pas honte, cassons le tabou !

Une pensée à toi, pour tous ces jours où la douleur t’envahit, où les larmes coulent sur ton visage parce que c’est dur et pour tous ces jours où tu souris et où tu ne la laisses pas faire, où tu te montres tellement plus forte qu’elle.

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Témoignage accouchement : Je suis ivre de bonheur, d’adrénaline et d’ocytocine

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Témoignage accouchement : Je suis ivre de bonheur, d'adrénaline et d'ocytocine

Après des années sans aucun désir d’enfant, je rencontre mon conjoint et un enfant me paraît une évidence. J’ai déjà quelques antécédents médicaux : phlébite, ovaires polykystiques, cycles très irréguliers, conisation du col..

Lors du retrait du stérilet, mon gynécologue détecte une nouvelle dysplasie au niveau du col, qui évolue vite vers un stade 3. Il me dit qu’il faut opérer, que ça évoluera vers le cancer, qu’il ne faut pas imaginer que je pourrais tomber enceinte naturellement ni que je pourrais mener une grossesse à terme. Je décide de me faire traiter en parallèle par une herboriste anglaise, tisanes et teintures de plantes. Mais je subis tout de même cette opération, sans doute la peur et la pression!

Lors du résultat de la biopsie, les cellules pré cancéreuses avaient disparu. Le médecin m’a ri au nez quand je lui ai parlé de l’efficacité des plantes. Et lorsque je lui annonce que je suis enceinte dès la première ovulation après l’opération, il me dit que je peux récupérer mon dossier médical, si je veux aller chez un autre médecin!

Je passe le début de ma grossesse entre incrédulité et angoisse. Je trouve alors la gynécologue qui nous correspond. Elle n’est pas très alternative, mais très respectueuse et à l’écoute, très consciencieuse, rassurante, et surtout amoureuse de la vie, émerveillée par chaque battement de coeur.

Je suis une préparation à l’accouchement avec une fantastique sage-femme qui pratique l’haptonomie. Le papa avait le souhait de s’investir et de pouvoir déjà avoir une relation avec bébé.
Je passe une grossesse très suivie, mais merveilleuse. Je vis chaque consultation médicale comme une autre rencontre avec mon bébé. Et surtout chaque séance d’hapto est si douce pour nous 3! Le lien qui nous unit tous les trois est réel et de plus en plus fort.

Je fais vite le deuil de mon idéal d’accouchement naturel à domicile. Je m’inscris dans une petite maternité réputée pour la bienveillance du personnel médical, et écris tout de même un projet de naissance.

La fin de grossesse s’agrémente d’un diabète gestationnel équilibré, qui du coup me permet de ne pas prendre trop de poids, grâce au régime et aux séances de sport dispensées par l’hôpital.

À 37 sa, on me diagnostique une cholestase gravidique. Mon bébé est en danger dans mon ventre, il faut déclencher la naissance. Je passe une semaine à l’hôpital, sans savoir quand j’allais être déclenchée.. Les médecins voulant s’approcher le plus possible du terme. On espère que le travail se déclenchera spontanément, mais ni bébé ni moi ne sommes prêts.

On met les chances de notre côté, avec tisane de feuilles de framboisier, massage aux huiles essentielles, homéopathie, acupuncture, et beaucoup d’échanges avec bébé et papa, qui est à mes côtés tout le temps.

Je suis finalement transférée dans un plus grand hôpital. Je perds peu à peu mon courage et mon optimisme. Je me sens dépossédée de mon accouchement, les choses m’échappent. Et je vis très mal le fait que mon corps, devant être protecteur, soit devenu hostile.

Après 3 jours de déclenchement au tampon et de contractions inefficaces, le déclenchement est enfin programmé pour le lendemain . Mais je n’arrive pas à me réjouir. J’envisage même la péridurale, foutu pour foutu.

La sage-femme me pose enfin la perfusion, puis désolée, elle disparaît. C’est une journée très chargée, une autre maman est en plein travail. Je panique. J’essaye différentes positions pour soulager les contractions dont l’intensité augmente très rapidement. Mais toute la machinerie et la tuyauterie m’empêchent de bouger.

On met un peu notre musique, je ferme les yeux et commence à me calmer. Chéri me berce. On commence à chanter. Les eaux percent comme un bouchon de champagne,et la douleur me submerge alors. Je demande la péridurale. Marie, toute jeune sage-femme, me dit doucement qu’elle sait que je ne la souhaite pas, qu’on peut attendre un peu que je m’installe dans mon travail, mais qu’elle est là si besoin.

Et là, la magie du corps se met en route. Chéri m’enveloppe et se met à chanter vibrer tout bas. Nous vibrons tous les 3 à chaque contraction, et je sens chaque vague canalisée ouvrir le chemin. Entre chaque contraction je m’endors. Au bout de quelque temps, je me réveille et dois pousser! Marie accourt, toute joyeuse.

En quelques poussées, après 3 heures de travail intense, Rosie est née. Sans aucune intervention! Je l’attrape dès son arrivée, et après 10 minutes contre moi elle commence à téter. Je suis ivre de bonheur, d’adrénaline et d’ocytocine!

Rosie va très bien, nous sommes ensemble.

Marielle

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