Violences obstétricales : A cet instant, je ne suis plus rien.. rien qu’une chose

Violences obstétricales : A cet instant, je ne suis plus rien.. rien qu’une chose

Je m’appelle Marjorie, je viens d’avoir 30 ans. je suis actuellement maman d’un petit garçon de 5 ans et d’une petite fille d’un an et demi. je suis enceinte d’une petite fille attendue pour mi juillet.

A 18 ans, après des années de galères et des douleurs insoutenables on me diagnostique une endométriose. on m’opère et me met sous ménopause artificielle. en 2009 lors de nos tentatives pour avoir un bébé on me diagnostique une dystrophie ovarienne. Malgré tout je reste forte. Les règles quand elles surviennent sont insoutenables, avec des contractions utérines intenses où mes jambes ne le portent plus … pourquoi vous parler de les antécédents ? peut être pour justifier que non je ne suis pas une chochotte et que je connais mon corps…

J’ai eu mon 1er enfant sans aucune aide à la procréation. L’accouchement s’est extrêmement bien passé. un réel plaisir. Je suis arrivée à la maternité avec 5 doigts d’ouverture les doigts dans le nez la douleur étant pour moi légèrement plus intenses que celles ressenties lors des règles. Le personnel était fantastique. bref …

Après un an et demi de tentatives, je tombe enceinte nous sommes en août 2013. mon gynécologue me fait une écho toutes les 2 semaines. Tout semble ok. Le 11 octobre il m’annonce que le coeur s’est arrêtée et qu’il ne repartira pas. Un choc bien sûr car je ressentais toujours les symptômes de la grossesse nausées et douleurs ligamentaires (liées à mon endometriose l’utérus étirant les adhérences. Mais je reste positive car après tout j’étais tombée enceinte naturellement une seconde fois. Le gyneco me dit qu’il souhaite attendre que « l’expulsion » se fasse naturellement. Il me donne rendez vous une semaine plus tard pour faire le point. De mon côté je retourne travailler comme si de rien n’étais. La semaine s’écoule avec des douleurs de règles mais toujours pas de saignement. Psychologiquement c’est pour moi une descente aux enfers, ce petit etre mort était toujours en moi, sans vie …

Retour chez le gynécologue le vendredi 18 octobre 2013. Seule cette fois car c’est mon papa qui m’accompagnait. L’embryon était bel et bien toujours accroché. Il me donne dans la main (sans ordonnance) 3 cachets à prendre pour déclencher la fausse couche. Les saignement devaient arriver des le vendredi soir. Je lui demande ce que sont ces médicaments il me répond un traitement pour les personnes qui de graves problèmes d’estomac et dont la contre indication est la grossesse. Il me aussi pour la 1ere fois « n’espérez pas avoir un curetage. en bonne élève je prends le 1er cachet devant lui et repart la boule au ventre d’aller vers l’inconnu. Samedi matin, toujours pas de saignements. je revois mon doc dans la semaine toujours pas de saignements. Il me redonne ces cachets. J’ai de plus en plus mal. Une douleur permanente mais haute près des côtes en plus des contractions utérines inefficaces.

Je le revois le vendredi à la maternité. il me dit que je dois subir une procédure similaires à celle d’un IVG. Il me fait signer des papier je n’ai même pas lu. Je suis ailleurs, je veux que ça se termine. il me dit de venir des lundi matin pour avoir mon traitement et que cette fois ça va marcher.

je me présente à la maternité. personne ne prend le temps de répondre à mes « bonjour » ni mes « s’il vous plaît?  » j’intercepte une sage femme qui me demande ce qu’il se passe je lui dit que mon gyneco ma demandé de venir pour le traitement. Elle me dévisage et me répond sèchement « vous savez que vous en avez pour la matinée? » Je lui répond que l’on je ne suis pas au courant. Elle me dit de la suivre et m’installe dans une grande pièce ou 5 autres jeunes femmes sont allongées. Certaines pleurent la tête l’oreiller. Des gémissement de peur. Je comprends que ces femmes sont la pour un ivg. personne ne se regarde. je ressens un grand malaise.

la sage femme ouvre brutalement la porte et entre avec un petit chariot. chacune reçoit un comprimé et un peu d’eau. pas un mot n’est échangé. quand vient mon tour je rompt le silence et demande tout bêtement qu’est ce que c’est. elle me répond c’est ce pour quoi je suis venue. je lui demande le nom du médicament et elle me dit cytotec le même médicament que j’avais déjà pris et qui me faisait toujours autant souffrir sans résultat. je lui dis que je suis venue pour avoir une autre molécule que j’ai déjà pris ces cachets sans aucun effet. elle ne me croit pas. Je lui dis de lire mon dossier et que je ne prendrai pas ces cachets. elle part comme une furie en me lâchant « ça ne va pas se passer comme ça » et claque la porte derrière elle. Elle revient 5 min après avec un sourire de satisfaction et me dit que je suis immédiatement convoquée chez mon gynécologue. Mon père et moi partons donc sur le champ. Dans la voiture je me décompose. Mon père est impuissant, il ne comprend pas ce qu’il se passe.

Nous arrivons en salle de consultation. Le gynécologue m’attendait. Lui qui me serrait d’habitude la main m’a froidement demandé de prendre place. Il n’a pas daigner répondre à mon « Bonjour, comment allez vous ».

Lui : vous avez refusé la procédure?
Moi : oui j’ai refusé. je ne veux plus prendre de cytotec, je souffre de douleurs terrible. je ne comprends pas vous m’aviez parlé d une autre molécule ?
Lui : si vous avez mal c’est que l’expulsion va venir
Moi : non je connais mon corps, j’ai des douleurs hautes des spasmes au niveau des intestins ou de l’estomac je ne sais pas exactement je n’en peux plus. les douleurs de règles sont elles supportables!

La dessus il sort son vida et l’ouvre à la page du cytotec. Il me lit tous les effets du produit. Il me dit que je fabule, je ne peux pas avoir mal à estomac avec un médicament qui traite les problèmes d’estomac. J’insiste et lui me redit que je n’aurais pas de curetage c’était hors de question. « Vous refusez la procédure alors vous allez attendre encore une semaine. Vous allez bien finir par l’évacuer« . J’ai l’impression de voir un mauvais film à la TV. Je ne pleure pas. Je l’écoute mais n’en crois pas mes oreilles. Je me sens coupable comme une petite fille qui aurait fait une grosse bêtise.

Il fouille dans son tiroir et me tend un petit pot de recueil d’urine celui avec le capuchon rouge : « Ah oui, tenez, quand vous l’aurez évacué vous le récupérerez et me vous le rapporterez »
Je prend tremblante le petit pot. je lui demande à quoi va ressembler ce que je dois récupérer. Il me répond que je verrai la différence avec le reste une poche avec quelque chose dedans. Je lui demande bêtement comment vais je faire si cela arrive aux toilettes?
Il me regarde en souriant, se lève, va dans sa salle d’examen. Il en revient avec des gants et du papier essuie tout qu’il me donne. Il me dit toujours avec le sourire : « si ça arrive quand vous serez aux toilettes, vous n’aurez qu’à y plonger la main pour le récupérer »
La dessus il se lève, ouvre la porte et me dit au revoir madame K.
Je ne répond pas. Je ne comprends pas ce qui m’arrive.
Je rentre chez moi. Le lendemain midi je commence à perdre du sang. comme de grosses règles. Je scrute mes serviettes hygiéniques à la recherche de cette « chose » que je dois récupérer.
Mon mari rentre vers 19h. je saigne toujours beaucoup. Les douleurs s’intensifient et les écoulements sont de plus en plus forts. vers 20h je ne peux plus rester assise. j’ai peur de ne pas arriver à récupèrer ce petit etre. j’ai complètement perdu la tête.

Je commence à perdre des amas denses de tissus. ils sont de plus en plus gros et j’en perds de plus en plus. Je ne quitte plus les toilettes je souffre. Il y a du sang partout. Je trouve un petit bout différent du reste. Je le place dans le petit pot. A 23h30 je perds connaissance dans les toilettes, direction les urgences de la maternité. Pour ne pas mettre de sang dans notre voiture je met une couche de mon fils de 3 ans à l’époque des serviettes hygiéniques de nuit, un shorty à mon mari. Nous arrivons en salle d’examen et je cours me vider aux wc. Je jette tout ce que j’avais sur moi. Tout était imbibé de sang. Je m’allonge sur la table. Un homme sage femme me demande ce qu’il se passe. Je lui explique l’histoire … : « ah c’est vous qui avez refusé le cytotec » ? oui c’est bien moi… il me dit qu’il est normal de saigner. Je lui explique que j’ai perdu connaissance et perdu beaucoup plus de sang que ce que le gynécologue m’avait parlé.

Il me dit qu’il doit m’examiner. Il soulève le draps, jette un regard à mon intimité et me dit « c’est tout? ». Je lui explique que je reviens tout juste des wc … Notre discussion avait duré 1 à 2 min maxi. .. Il met ses gants prend violemment le speculum et écarte mes jambes. J’ai à peine eu le lui dire de faire doucement. Trop tard, il avait déjà écarté mon intimité et inséré son outil dans une violence inouïe. Je crie. Je ne suis qu’une chose, à cet instant je ne me considère même plus comme un animal. Je ne suis plus rien.

Il regarde et appelle le gynécologue de garde. il me dit que ça ne mérite pas un curetage … Mais qu’ont ils tous avec ce foutu curetage @ ?????? Le gynécologue arrive. Calme posé. Il me prend la main et me rassure. Il me dit qu’il s’occuper de moi et que je ne dois pas avoir peur. Enfin un peu d’humanité! Je commence à pleurer…

Il m’ausculte et me dit qu’il doit faire une échographie. Il regarde calmement et me dit que l’embryon est toujours bien accroché qu’il doit me faire un curetage pour le retirer. Il me dit que j’étais à 2 doigts d’une grave hémorragie. Si nous n’étions pas venus dans les 2h tout aurait été fini pour moi. Je pars immédiatement en salle d’opération. Tout se passe bien. Une sage-femme passe me voir dans la nuit plusieurs fois pour vérifier qu’il n’y a pas d’hémorragie. A mon réveil je tente de me rendre aux toilettes. Je m’évanouie. Quand je reprends mes esprits je sonne. L’infirmière arrive me prend la tension : « elle est bonne, vous ne vous êtes pas évanouie ». Je lui répond que si que je viens de me relever. Elle me dit : « si vous le dites » et s’en va. 7h arrive le petit déjeuner. Je me dit que je manque certainement de sucre. Peu après je tente de retourner aux toilettes. Je perds pieds et dans ultime mouvement sonne. Un malaise violent mais je ne perds pas totalement connaissance. L’infirmière arrive alors que hé reprends mes esprits. Elle me reprend la tension, toujours bonne, et s’énerve contre moi. Elle me demande d’arrêter que je ne fais pas de malaise. Elle part en claquant la porte.

Je me recouche un peu puis tente de prendre une douche. 5min de répis sous l’eau puis un nouveau malaise. J’appelle au secours et je ne sais pas quel miracle le médecin entre dans la chambre et intervient pour me sortir de la douche. Il reste près de moi. Je lui explique que ce n’est pas la première fois ce matin. Il appelle l’infirmière. Elle me prend encore une fois la tension et dit que je mens. Dieu merci le médecin répond qu’il était la et que je ne mens pas. Il lui dit de me faire un bilan sanguin. L’infirmière s’interpose en répliquant que ça ne sert à rien que la tension est bonne que c’est dans ma tête. Il lui dit de faire ce qu’il lui demande. Elle part comme une furie et reviens me voir après le départ du docteur. Elle me pose avec un plaisir qui se lisait sur son visage un garot extra serré. J’ai de très bonnes veines très visibles mais elle me pique et rien ne sort. Normal elle avait consciemment traversé. Elle recule son aiguille, le sang coule elle remplit les tubes et me dit : « vous êtes contente? ». Je ne réponds pas.

Après plusieurs heures elle vient me voir pour me dit que j’ai une carence en fer. Elle me dit que je dois manger plus de viande rouge. Je lui demande si mon taux est très mauvais à cause de la perte de sang. Elle me répond que au lieu de m’inquiéter je n’ai qu’à me rendre à la pharmacie et me prendre des compléments. Elle me me dit que je peux rentrer.

Je pose congé le jeudi et vendredi pour tenter de me remettre de ce cauchemar mais les douleurs hautes persistent. la semaine suivante impossible de reprendre le travail. Mon medecin traitant m’informe que j’ai du sable ou caillot aux reins, que c’est un effet secondaire du cytotec et que mes douleurs viennent de là. Elle me met sous traitement antibiotique et la douleur passe progressivement. Ma douleur psychologique elle ne passera jamais. Je revois ces visages et j’entends ces mots prononcés dans ma tête comme si j’y étais encore.

Nous avons repris l’aventure conception quelques mois plus tard et je tombe enceinte.

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