Savoir reconnaître une occlusion intestinale chez l’enfant

Savoir reconnaître une occlusion intestinale chez l’enfant

Aujourd’hui j’avais envie de vous parler d’un sujet un peu spécial, car ce billet va aborder le thème des occlusions intestinales chez les bébés.

Aujourd’hui je suis partagée entre devoir passer à autre chose et vider mes pensées par l’écriture. Mais pour pouvoir avancer je crois qu’il faut d’abord se libérer de nos pensées. Je sais également que c’est un sujet dont beaucoup penseront « ça ne me concerne pas », et c’est vrai, tant mieux. Mais mon vécu me pousse à informé les familles afin de pouvoir agir au plus vite, si cela devait arriver à votre enfant. Je pensais toujours : « ça n’arrive qu’aux autre » jusqu’au jour où c’est arrivé à mon bébé. Je ne cesserai de me dire que si j’avais connu les symptômes peut-être que j’aurais pu agir plus tôt et lui éviter autant de dégâts.

Pour ceux ne connaissant pas mon histoire, quand mon cœur était trop lourd je venais tout lâcher par écrit ici : Rayan, lettre à toi mon fils… Me reconnais-tu ?

Tout d’abord, qu’est-ce qu’une occlusion intestinale ?

Une occlusion intestinale est en fait un blocage, partiel ou complet, de l’intestin interrompant ainsi le transit. Elle se manifeste par un arrêt des matières fécales et des gaz. Ce blocage peut se produire dans l’intestin, mais aussi dans le côlon.

Les symptômes : savoir reconnaître une occlusion chez votre enfant

L’occlusion s’accompagne :

  • D’absence de selles, comme je l’ai dit au-dessus. C’est LE signe numéro un de l’occlusion. Parfois, on peut retrouver du mucus sanglant dans les selles, ceci doit immédiatement vous alarmer.
  • D’importantes douleurs abdominales, de type colique. Il y a des périodes d’accalmies suivies de réapparition des douleurs
  • D’une éventuelle distension de l’abdomen
  • De ballonnement, pouvant être important
  • De nausées
  • De vomissements, très variables en fréquence et abondance – pouvant être jaune ou vert (vomissements fécaloïdes)
  • D’une déshydratation
  • Éventuellement de la fièvre, notamment lorsqu’une péritonite survient. Un des risques d’une occlusion est que l’intestin se perfore en cas de nécrose, le contenu de celui-ci s’écoule alors dans la cavité abdominale, causant une péritonite (une infection)
  • Pâleur, sueurs froides
  • L’enfant est agité, angoissé et inconsolable
« Les nausées et vomissements surviennent plus fréquemment et plus tôt lors d’une obstruction dans la partie proximale de l’intestin et peuvent en être le seul symptôme. »

Les causes de l’occlusion

Les occlusions intestinales sont dues à différents problèmes. On peut classer l’origine en deux catégories : les occlusions mécaniques et les occlusions fonctionnelles.

Les occlusions mécaniques se présentent quand l’intestin grêle est bouché par quelque chose.

Plusieurs raisons sont possibles :

  • Une adhérence intestinale, qui est une bande de tissu fibreux située dans la cavité abdominale, présente à la naissance ou plus souvent qui s’est formée après une chirurgie
  • Une hernie intestinale
  • Une tumeur de l’intestin grêle
  • Une maladie inflammatoire de l’intestin telle que la maladie de Crohn
  • Une torsion de l’intestin (volvulus)
  • Une invagination intestinale

Les occlusions fonctionnelles sont quant à elles caractérisées un intestin qui est paralysé. Il n’arrive plus à accomplir son rôle malgré le fait qu’il n’y ait aucun obstacle physique. On l’appelle aussi « pseudo-obstruction intestinale » ou encore « iléus paralytique ». Ces occlusions sont souvent provoquées par une infection, inflammation d’un organe voisin, par un traumatisme ou opération chirurgicale dans l’abdomen, parfois certains traitements médicamenteux peuvent aussi être en cause.

Quels sont les complications graves possibles ?

  • Troubles de l’irrigation intestinale avec apparition de lésions cellulaires, d’altérations de la paroi intestinale et de troubles fonctionnels; dans les cas graves, perforation de l’intestin.
  • Infection localisée ou généralisée (septicémie) suite à une propagation des germes dans la cavité abdominale. L’apparition d’une septicémie constitue une urgence médicale.
  • Etat de choc consécutif à l’absence d’absorption de liquides et d’électrolytes par l’intestin. En l’absence de traitement, il conduit au décès du patient.
  • En l’absence de traitement approprié, toute heure qui s’écoule augmente le risque de décès.

Sources utilisées:

Occlusion intestinale, iléus
Occlusionintestinale.fr
Passeportsante.net

L’histoire de mon fils, Rayan

Mon fils, Rayan, est né mardi 13 décembre 2016. Je suis restée à la maternité jusqu’au vendredi 16. Le séjour à la maternité a été très difficile et stressant. Mon bébé était très pris et régurgitait beaucoup de glaires. Après une première tétée en salle de naissance, il refusait catégoriquement de se nourrir.

J’étais inquiète de cela, j’avais peur qu’il perde trop de poids. L’équipe médicale me disait qu’il n’y avait rien d’inquiétant et qu’il ne voulait pas se nourrir à cause des glaires qui le dérangeaient. Que d’ici un jour ça irait mieux, qu’il fallait plutôt que j’en profite pour me reposer. Il avait des moments où il hurlait. J’étais totalement désemparée, je ne savais plus quoi faire. Je le berçais, essayais de lui donner le sein, marchait dans la chambre, mais rien n’y faisait, il était inconsolable. J’ai dû appeler plusieurs fois l’équipe médicale afin d’obtenir de l’aide. Puéricultrices et sage-femmes venaient et essayaient tout un tas de chose pour qu’il accepte le sein, mais rien n’y faisait ou alors ça durait très peu de temps.

Le vendredi matin, le pédiatre passe faire sa visite. La deuxième du séjour donc. Il ne remarque rien, il me dit que tout va bien pour lui et que nous pouvons sortir. A ce moment-là, Rayan n’avait encore jamais émis aucune selle, mais « c’était normal, comme il ne mangeait pas ». Une sage-femme insiste sur le fait qu’il perd quand même 100g chaque jour. Le pédiatre répond que ça ne l’inquiète pas, mais que si son poids continue de descendre, je devais revenir pour qu’il soit perfusé et alimenté, ce que j’accepte bien évidemment. Ce matin-là encore, Rayan a régurgité un liquide vert. La veille aussi, mais la puéricultrice m’avait rassuré en disant que c’était sûrement de la bile.

Bref. Nous sortons de l’hôpital et allons directement chez un ostéopathe. J’espérais que cela puisse enfin l’aider. Nous rentrons à la maison, tous les 5. Une fois à la maison, il réussi à prendre quelquefois le sein. J’étais vraiment très heureuse mais malgré ça, il continuait de n’émettre aucune selle et continuait de vomir de temps en temps, rarement, mais quand même, un liquide verdâtre. Ma sage-femme devait venir voir Rayan le lundi matin, mais jusque là, on discutait par SMS. Elle me demandait si durant l’accouchement il n’avait pas émis du liquide méconial. J’ai donc été vérifier sur son carnet de santé, mais non… Elle me dit que si ça nous inquiète alors il faut nous tourner vers les urgences.

On était dimanche. Au moment du change, mon mari remarque tout de suite son ventre qui était distendu, gonflé… Ce qui devait probablement récent car nous n’avons pas remarqué ce problème aux autres changes. Pourtant, ça ne me saute pas aux yeux. Je préférais penser que mon fils allait bien. On a finalement décidé de l’emmener aux urgences car la situation nous semblait inquiétante, nous étions angoissés et on sentait la chose venir. Mon mari pensait l’amener le lendemain matin, très tôt, mais je préférais, même s’il était tard, qu’il l’emmène tout de suite, il était un peu moins de minuit. Finalement, mon mari a pris quelques affaires pour Rayan et les deux sont partis.

La situation de Rayan est très grave, visiblement son pronostic vital est engagé. Sa prise en charge est urgente et ne peut se faire dans cet hôpital qui ne possède pas de chirurgie pédiatrique. Un transfert en urgence s’organise vers un hôpital à environ 2h de chez nous. On nous prévient que c’est grave et qu’il va être opéré dans la nuit, mais qu’il ne sert à rien de foncer au nouvel hôpital. Rayan devra subir quelques examens rapides. Notre famille arrive, pour s’occuper de nos deux autres enfants. Nous préparons quelques affaires et nous prenons aussitôt la voiture. Nous avons pris la route à 4h du matin. Nous avons fait une ou deux pauses, car il y a la fatigue de ne pas avoir dormi de la nuit, mais il y a aussi la fatigue psychologique. Tout votre monde s’écroule, vous êtes épuisé de pleurer, vous vous demandez si votre enfant va survivre, qu’est-ce qu’il se passe…

On arrive à l’hôpital au petit matin. Toute l’équipe médicale nous attendait : chirurgien, anesthésiste, pédiatre… on nous dirige tout de suite dans une petite salle. Nous deux et en face les médecins, ils nous expliquent que Rayan est dans un état grave, qu’il n’y a pas le temps de faire des examens et qu’il doit être emmené de suite au bloc opératoire.

Les conséquences

Rayan est donc resté plusieurs heures au bloc opératoire. On nous annoncera qu’il est né avec une malformation de naissance. Son intestin était complètement obstrué, le peu de lait qu’il avait avalé n’avait pas pu suivre le chemin « normal ». Son grand intestin a fait des volvulus sur l’intestin grêle. 22cm d’intestins sont morts et ont dû être retirés.

Source de l’image

L’intestin n’explose pas, il se perfore, ce qui a causé une péritonite méconiale – une péritonite inflammatoire due à l’issue de méconium dans la cavité péritonéale secondaire à la perforation de l’intestin. Un pneumopéritoine, qui correspond à l’entrée d’air ou de gaz dans la cavité de l’abdomen. Cet air provient de la perforation d’un organe digestif creux, ici qui était l’intestin grêle. Et un choc hypovolémique, ce terme-là reste assez flou pour moi, mais j’ai pu comprendre que lorsque la tension devient trop basse, l’organisme privé d’oxygène manifeste un état critique, appelé « choc hypovolémique » avec insuffisance rénale aiguë fonctionnelle.

Pour reposer ses intestins, Rayan a donc eu une stomie durant 8 mois et a été alimenté par sonde nasogastrique durant 4 mois. Aujourd’hui il a 16 mois et il se porte à merveille, même si ses intestins ne semblent pas complètement guéris et qu’il portera des séquelles à vie : transit ultra rapide, cicatrice sur laquelle il y a eu une complication à cause de la présence de méconium dans la cavité.


Je précise que je n’ai pas écrit cet article dans le but d’inquiéter les parents dès que leur enfant n’émet pas de selle à la minute prêt. Je l’écris car si j’avais eu ces informations, peut-être que j’aurais pu éviter à mon fils beaucoup des complications qu’il a subies.

Justine

" L'espoir qui reste à l'humanité, c'est qu'un jour les parents puissent vraiment agir dans l'intérêt des enfants, qu'ils deviennent assez conscients pour être du côté de l'enfant et pour l'aider à se développer dans la liberté, l'intelligence et l'amour " A.S Neill

Cet article a 1 commentaire

  1. Bravo d’avoir eu le courage d’ecrire Cet article !
    J’aurais aimé pouvoir le lire y a 5 mois quand mon fils a eu exactement les mêmes symptômes que Rayan a sa naissance. Il n’a pas eu la même malformation mais les symptômes sont identiques. Il a la maladie de hirschprung et a du être opéré à 2 mois pour retirer 17 cm de colon. Depuis sa naissance il a aussi eu 2 grosses entérocolites mais Dieu merci il a été sauvé.

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