Je suis une mauvaise mère !

Ou l’apologie de la culpabilité…

Non, rassurez-vous, je ne vais pas faire l’apologie de la culpabilité ! Je tiens à écrire cet article sur la culpabilité car c’est quelque chose de récurrent dans notre culture. Nous subissons encore l’influence culpabilisante du judéo-christianisme et cela devient un chemin de vie. Il n’y a qu’à voir les débats sur internet entre l’allaitement et le biberon, les différents types d’éducation, etc.

Je crois en la parentalité positive comme une manière de vivre. Il n’y a pas de recette miracle. Comme tout parent, j’ai mes moments de pétages de plombs, que ça soit lié à la fatigue ou aux soucis. La différence avec avant (que je connaisse cette « voie »), c’est qu’au lieu de désigner un coupable et de lui faire subir milles mots (maux ?), je vais essayer de crier sur mon linge et de trouver des solutions qui ne blessent personne !

Origines…

Notre culture est fortement imprégnée du christianisme. Il n’y a pas si longtemps, l’Église et l’État étaient liés. Or, la culture chrétienne part du principe de culpabilité : Eve, poussée par le vil serpent, a croqué la pomme qui les a fait devenir mortel et perdre le paradis… Cain, fils d’Eve et d’Adam, tua son frère Abel par jalousie parce que Dieu l’a dédaigné au profit du cadet…
Mais bon, il existe la même chose chez les Grecs avec Oedipe… dont Freud s’est inspiré pour sa fameuse théorie (que je trouve fumeuse). Il y a d’ailleurs un très bon article dans le magazine Pep’s n°14 sur le sujet.

L’école n’existait pas et les enseignements relevaient aussi de l’Église. La religion était partout faisant croire aux Hommes qu’ils n’étaient rien face à Dieu tout puissant. Les textes bibliques sont d’ailleurs très adultistes. Cela m’a marqué la dernière fois que j’ai été à la messe (pour le décès de mon père). J’ai trouvé que, dans les textes, l’Homme était très infantilisé. Bien sûr, aujourd’hui, c’est beaucoup moins présent. Le clergé ne fait plus partie de l’État et l’éducation (scolaire) ne fait plus partie de leurs fonctions.

Nous partons donc avec ce postulat de base qui a été la norme pendant plusieurs siècles, ça laisse forcément des traces. Puis, les libres penseurs se sont un peu émancipés.

Peinture Adam et Eve
“C’est pas moi, c’est elle !”

Mais la culpabilité est restée. Pourquoi ?

L’enfant

L’enfant, par nature, est centré sur sa personne. C’est normal. Egocentré* à défaut d’être égocentrique. Tout naturellement, il va se sentir responsable de choses qui ne dépendent pas de lui. Et, malheureusement, souvent, les adultes appuient cette vision plutôt que de la réfuter. La dernière campagne publicitaire de StopVEO et l’OVEO en montre les conséquences…

Les adultes

C’est le serpent qui se mord la queue. L’enfant intègre cette culpabilité et devient adulte. Elle est toujours là, toujours présente. L’adulte va culpabiliser à son tour ses enfants (même involontairement). Cela prend de multiples formes : comparaison à d’autres enfants, laisser entendre qu’il est mauvais parce que ses résultats scolaires ne sont pas au top ou parce qu’il ne range pas sa chambre (amour conditionnel), dénigrement, punitions, sermons…

Les conséquences

C’est simple, on se sent agressé par les paroles des autres même quand elles ne sont pas dites dans le but de blesser (j’étais la meilleure quand il s’agissait de mal interpréter!). On se flagelle. Et on reproduit toujours le même schéma. On se sent jugé. Pourtant, on se conduit de manière à obtenir ce jugement. J’ai toujours entendu dire « tu n’es pas capable, tu n’y arriveras pas ». Aujourd’hui, j’ai l’impression d’être « sans valeur ». J’ai dû mal à me faire valoir en entretien et à me faire payer mon travail à sa juste valeur ! C’est moins marqué maintenant, j’y travaille !

Je ne suis pas à l’aise en public. J’ai peur, j’ai honte.

La culpabilité renforce les chemins neuronaux

En repassant une scène en boucle dans notre tête, cela ne fait qu’imprimer un peu plus ce chemin. Et lorsqu’une situation similaire surgit, il est probable que nous ayons la même réaction. C’est un automatisme. Pour éviter de renforcer ces chemins dont nous voulons sortir, il faut acter que oui, on a eu une réaction inadéquate. Réparer le mal que l’on a fait comme on ramasse les morceaux du verre que l’on casse. Et se pardonner, ça arrive à tout le monde. La prochaine fois, on fera mieux.

Images issues de la vidéo : La plasticité du cerveau - Céline Alvarez (début : 1.10 mn)
Images issues de la vidéo : La plasticité du cerveau – Céline Alvarez (début : 1.10 mn)

Pourquoi je vous parle de ça ?

Parce que la clé, c’est nous. Si nous arrêtons de voir le mal partout, nos enfants pourraient aussi porter moins de culpabilité et elle pourrait disparaître au profit de la responsabilité.

« Je suis responsable de mes actes et de mes paroles mais pas de la manière dont tu l’interprète ».

Si nos enfants arrêtent d’avoir peur de nos réactions, ils pourront se consacrer à trouver des solutions pour réparer. S’ils peuvent se confier à nous sans jugement, ils se libéreront de leurs problèmes et pourront réfléchir à améliorer les situations, etc. Pour cela, il faut aussi leur laisser la possibilité de faire ! Faire des erreurs, trouver des solutions sans qu’on se précipite pour faire à leur place, etc.

Si je prône :

  • l’allaitement (long en prime)
    Je ne viens pas dire que la maman qui donne le biberon est une mauvaise mère !
    Je dis juste : c’est bon pour l’enfant et pour le lien maman/enfant.
  • le portage
    je ne dis pas que la poussette, c’est mal (d’ailleurs, ma fille préfère la poussette au portage ! Lol )
    je dis que le portage permet à l’enfant d’être à la même hauteur que les adultes, qu’il est rassuré et nous aussi. En plus, ça permet d’avoir les mains libres !
  • le consommer mieux et moins
    Je ne juge pas ceux qui se précipitent sur les derniers gadgets électroniques et autres choses énergivores.
    Je dis que je veux faire attention à la planète car nos ressources sont limitées.
  • la parentalité positive
    Je ne viens pas dire « tu es une mauvaise mère » ou « tu es un mauvais père » parce que ton chemin est différent. Tout parent est imparfait !
    Je veux juste soigner mon enfant intérieur. J’ai mal quand je vois un enfant souffrir.

Je prône tout ça (y compris le zéro déchet mais là, je suis très mal placée pour en parler) parce que j’y crois. J’ai juste envie de faire découvrir des alternatives comme j’ai envie de partager une recette qui m’a mis les papilles en joie !

Et le bonus !

Quand j’ai commencé à me séparer de cette culpabilité, je me suis aussi séparée de cette impression de jugement. Le regard des autres importe moins car je suis en accord avec moi-même. Je n’ai plus à prouver que je suis bonne au fond de moi, que je vaux la peine d’être connue. Je n’ai plus à faire semblant d’être quelqu’un d’autre pour plaire. Je n’ai plus à me sentir visée parce que je fais les choses différemment des autres. Et donc, je peux accueillir la différence. Oui, je te parle d’éducation bienveillante parce que ça me passionne. Non, je ne cherche pas à l’imposer. C’est à chacun de faire son chemin. Je dis alors :

Si tu veux emprunter ce chemin, je connais quelques pistes. Je me ferais un plaisir de partager mes découvertes avec toi. Je serais ravie que toi aussi, tu partages les tiennes avec moi

* J’utilise ce terme plutôt qu’égocentrique car je les distingue : l’égocentrique est pour moi quelqu’un qui ne voit qu’à travers lui et dans son propre intérêt. L’enfant égocentré voit les choses par rapport à lui par manque de connaissance et parce que son cerveau n’est pas encore assez mature pour interpréter les complexités de la vie. Par exemple, il a l’impression que les gens le suivent quand ils prennent la même direction que lui. C’est parce que c’est trop compliqué d’appréhender les choses en dehors de sa sphère.

PS : J’ai demandé à mes ami(e)s des photos d’animaux que je pouvais utiliser pour illustrer mon article. En effet, je trouve que nos amis les bêtes sont très expressives ! Merci à Eva, Clémence et French Dodo pour les photos présentées ici, Merci aussi à Marie Charlotte, Sophie, Héloïse, Ingrid, Maja et Cristina. Le choix a été difficile !

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Maman d'une petite fille de 3 ans (2014) et belle-maman de deux grands ados/adultes (2000 et 1997), je m'intéresse depuis longtemps à une éducation plus respectueuse de l'être humain. Je suis persuadée qu'en accompagnant nos enfants avec bienveillance, en les considérant avec respect, ils deviendront des adultes épanouis.
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