Pourquoi je « materne » ?

Pourquoi je « materne » ?

Pourquoi je « materne » ?

Je materne parce que c’est naturel pour moi, parce que c’est ma façon d’aimer et d’éduquer et que ça nous sauve de tellement de situations…

Il me sauve mon allaitement. Il est pratique pour sortir, deux couches dans le sac à dos, une tenue de rechange, mon porte-bébé et hop je suis déjà prête à partir. Rien à chauffer, rien à stériliser, peser, doser, juste un soutien-gorge à d’éclipser. Il est multi-fonction, oui car mon lait, nourrit avant tout mais il fait taire les peurs, calme les colères et apaise les chagrins. Il rendort le bébé qu’une colique agite dans la nuit, réconforte le fatigué ou occupe celui qui s’ennuie dans un lieu inadapté aux petits. Mais il soigne aussi les petites griffures, les nez qui coulent, les yeux jaunes et les petites plaies. Il me permet de dormir; quand mon début de nuit compte autant de réveils qu’une nuit complète, je file me coucher tout contre lui et je le laisse se servir tout seul à la source, je continue de dormir et lui il se rendort repu jusqu’à la prochaine tétée. Les nuits où on « cododote », je ne sais plus combien de fois je me réveille puisque je ne me lève pas et je n’émerge quasiment pas, ça me sauve de l’épuisement.

ll nous sauve notre éducation bienveillante et pourtant on pourrait le punir, le laisser au coin des heures dans la journée, lui mettre une fessé pour qu’il comprenne. On pourrait l’obliger physiquement et bien sûr lui faire peur. Quand il hurle pour ne pas faire, quand il nous répond à base de « chut!! tu ne me parles pas!! » ou qu’il esquisse un geste de tape. Quand il refuse de ranger, se laver, manger… 1000 raisons pour faire tout ça.
Mais pourtant on préfère encore le dialogue, la négociation et les règles posées en toute bienveillance. On préfère accepter ses émotions et ce que ça contient de « je ne t’aime plus », « je suis fâché contre toi », « tu m’as rendu triste »… on répond « oui tu as le droit d’être triste/fâché », « Moi je t’aime quand même tu sais »
Mais pourtant tout n’est pas permis, tout n’est pas négociable, souvent quand c’est non, c’est non.

Parce que le dialogue est ancré dans notre mode de fonctionnement et sans ça, on serait passer à côté de tellement de choses qu’il garde… Du « je l’aime pas moi Ezio, je veux qu’il parte » – quand Ezio était bébé – au « ça me fait de la peine moi quand papa il part travailler » ou bien du « moi je ne veux pas manger parce que manger ça fait grandir ». Alors ça ne fait pas tout évidemment mais heureusement qu’on à ça depuis ses 2 ans parce qu’avant la parole c’était des coups de tête au sol pour exprimer la rage, des coups pour la colère et des pleurs pour décharger.

Je n’ai pas la méthode pour tout bien faire, je ne sais même pas si ce que je fais est bien parce que certains jours j’ai juste l’impression qu’on fait tout mal quand je vois son comportement… Mais quand il me fait mille bisous en me disant « je t’aime fort », quand il me dit « non maman ne crie pas s’il te plaît, je veux discuter » je me dis que si, on fait bien, mais que le chemin est long par contre.

Il nous sauve le portage. Quand il est trop mal pour dormir dans son lit, je le porte en écharpe, en porte-bébé. Il s’endort souvent pendant les balades, soit dans mon dos soit contre ma poitrine et l’odeur de ses cheveux embaume mon nez et le chatouille pendant qu’il récupère du sommeil. Quand il faut aller se balader en ville ou prendre les transports en commun, quand il faut préparer le repas tout en surveillant le grand, quand il faut avancer le ménage avec un bébé qui a mal aux dents ou des coliques.

Je te donne ce que tous nous sommes en mesure d’attendre, ce que je n’aurais jamais dû attendre…

Je te donne ce que je n’ai pas reçu, ce que j’aurais rêvé recevoir. Les mots que mes oreilles sont avides d’entendre, les encouragements qui auraient balayé mon manque de confiance solidement ancré aujourd’hui, je te donne mon temps et mes heures de sommeil, ma nourriture quelques fois et beaucoup de mon temps pour moi. Je te donne mes deux bras, mon cœur et tout mon être pour te rassurer, t’aimer, te faire grandir. Je te donne ce que tous nous sommes en mesure d’attendre, ce que je n’aurais jamais dû attendre. Je te le donne sans rancœur, sans besoin de retour, parce que ça me soigne, me comble et me remplie. Parce que c’est juste la normalité, ma vision des choses et mon désir le plus fou, que vous soyez remplis de tout ce dont j’ai manqué…

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.