Faire partie d’une famille recomposée

famille recomposée

J’ai 33 ans et un enfant de presque 2 ans. Mon conjoint a 40 ans et nous avons en garde partagée son fils d’une première union qui a presque 18 ans aujourd’hui. Nous sommes ensemble depuis plus de 16 ans.

Ça n’a jamais été pour moi une situation évidente d’être belle-mère surtout à l’age de 17 ans. J’ai rencontré mon beau fils quand il avait 1 an demi et l’ai eu en garde partagée quand il avait 6 ans.

Je ne parle que de mon expérience car chaque situation est différente et chaque famille a son histoire.

Pour ma part, je viens d’une famille « classique » avec mes 2 parents toujours ensemble et une sœur.

Alors cette situation de belle-mère ne m’était pas familière. J’ai mis de nombreuses années à avoir envie d’avoir un enfant à moi. Années parsemées de doutes, de questions, de sentiments contradictoires.

Comment élever un enfant qui n’est pas le sien ? Comment trouver sa place dans cette famille ? Comment gérer les conflits au sein de son couple ? Comment gérer l’éducation. ?

Beaucoup de questions auxquelles il est parfois difficile de trouver des réponses.

J’étais très jeune et ai parfois été jalouse de cet enfant qui me « volait » mon homme. De ne pas être au centre de toutes les attentions, de passer après lui. Et en même temps d’avoir si jeune un rôle d’éducatrice dans la vie de cet enfant tout en n’étant pas sa maman, donc sans avoir aucun droit ni devoir, sans s’autoriser à ressentir de l’amour comme si c’était son enfant car il ne l’est pas. Bref, beaucoup de tourments pour la jeune fille que j’étais .

J’étais très loin de cette éducation bienveillante que j’essaie de donner à mon enfant aujourd’hui. Je n’ai jamais eu de violences physiques envers mon beau-fils mais des violences verbales oui… J’ai été tellement souvent dépassée par la situation … Cela a causé de nombreuses disputes et incompréhensions au sein de mon couple (additionné à mon caractère pas évident ). Parfois j’ai été obligée de laisser mes convictions profondes parce que ce n’était pas mon enfant et je n’avais pas le droit de dire quelque chose. Parfois j’en ai fait trop et j’ai pris la place de son papa en réglant les moindres détails techniques de nos vies.

Au fur et à mesure des années et des contraintes d’élever un enfant qui n’est pas le sien de nouvelles questions se sont posées… Je voyais beaucoup les inconvénients d’avoir un enfant et pas beaucoup les avantages. Alors allais-je être capable d’aimer mon enfant ? Allais-je être capable de prendre les bonnes décisions ?

La réponse a ses questions est oui !

Le jour où je suis devenue maman beaucoup de choses ont changé. J’ai tout d’abord compris ce que ressentais mon conjoint pour son enfant, pourquoi mon fils passerait aussi toujours avant tout et tout le monde. Ce sentiment si puissant d’être responsable d’une petite vie qu’on a nous même créée.

J’ai eu l’impression d’avoir une seconde chance, de pouvoir réparer les erreurs du passé. J’en ferais sûrement de nouvelles c’est sur mais essaierais de les atténuer avec mon amour.

Je vais me permettre quelques conseils pour les femmes ou hommes dans la même situation de famille recomposée :

  • Ne pas hésiter à prendre du recul et à laisser le « vrai » parent faire
  • Se faire aider par un conseiller familial si la situation est trop compliquée
  • Discuter et prendre en compte les envies et besoins de chacun

Élever ses enfants n’est déjà pas simple, mais élever les enfants des autres peut être compliqué. Faites-vous confiance, ne baissez pas les bras en général ça s’arrange toujours. Ne culpabilisez pas, vous avez le droit vous aussi de ressentir de la colère, de l’agacement, de l’impuissance. Ne vous oubliez pas !

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Maman d'un petit bonheur prenommé Evan depuis mai 2015, allaitante, maternante, en apprentissage de la bienveillance au quotidien.
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