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Parentalité positive

5 façons dont nous compromettons le développement de l’empathie chez les enfants

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J’entends souvent que les enfants sont égoïstes et que l’empathie est quelque chose que nous devons leur enseigner activement. Les enfants font preuve d’empathie dès leur plus jeune âge.

Si je me blesse, mes enfants vont me demander d’une voix inquiète : « Ça va maman? » et me faire un « bisou magique » pour me réconforter. Quand mon fils de 18 mois pleure, ils viennent me chercher et me dire : « Maman, Rayan pleure! Il faut aller le voir! », en attendant avec lui jusqu’à mon arrivée. Chaque fois qu’on offre quelque chose à l’un d’entre eux, ils en demanderont immédiatement un pour les membres de la fratrie. Hier encore, Hind -3ans- est tombée, Adam -4ans- a tout de suite été vers elle : « Oh ma pauvre chérie, ça va Hind? Tu t’es pas fait mal? » Ils se soucient les uns des autres et s’identifient les uns aux autres tous les jours.

Cela m’amène à croire que l’empathie est une qualité humaine innée et non quelque chose que nous devons enseigner à nos enfants autant que nourrir et protéger pendant qu’il grandit. Mais peut-être que l’une des raisons pour lesquelles les enfants sont considérés comme égoïstes est que, au lieu de soutenir le développement de l’empathie, nous l’entravons en fait involontairement avec certaines pratiques parentales communes.

La science suggère que nos propres expériences et sentiments déforment notre capacité à être empathique envers les autres, et cela semble être exactement ce que nous faisons aux enfants. Nous intervenons dans des situations sociales pour punir, rabaisser, culpabiliser, faire des louanges et bien d’autres choses qui provoquent des sentiments positifs ou négatifs, conduisant les enfants à être si concentrés sur leurs propres émotions et réactions qu’ils ne sont plus capables d’empathie avec les autres. Nous intervenons et contrôlons des situations, ou fixons des règles, au lieu de permettre aux enfants d’apprendre des interactions sociales. Nous fermons les possibilités pour les enfants de ressentir de l’empathie, ce qui nous amène à croire qu’ils sont égoïstes, puis nous décidons qu’ils doivent apprendre à être empathiques.

Peut-être que c’est beaucoup plus simple que ça. Peut-être devrions-nous arrêter de jouer avec le développement de l’empathie en premier lieu.

5 façons dont nous compromettons le développement de l’empathie chez les enfants

1. Forcer les excuses

Premièrement, l’idée d’excuses forcées est bizarre. Est-ce que quelqu’un veut réellement des excuses qui ne sont pas authentiques? Je ne pense pas. En forçant les enfants à présenter des excuses, nous n’enseignons pas ce que nous aimerions transmettre. Ils ne peuvent pas se sentir désolés. Au lieu de cela, ce qui se passe probablement, c’est qu’ils sont trop occupés à penser à leur propre embarras et à la honte de ressentir un véritable remords ou de l’empathie. Ils ont probablement aussi des idées sur la façon de ne pas se faire prendre la prochaine fois afin qu’ils puissent éviter ce scénario. Alors que cela vous fait du bien quand votre enfant vous dit désolé, et que vous évitez le jugement des autres, vous ne cultivez pas vraiment une réelle empathie, il est donc temps de réévaluer vos priorités.

Que faire à la place :

Empathie et parler de ce qui s’est passé sans jugement! Encouragez-les à remarquer les sentiments et les besoins des autres : « Tu voulais vraiment le jouet que ton frère avait. C’est dur d’attendre ton tour. Je comprends et lui est fâché parce qu’il veut continuer de jouer avec. » L’empathie permet d’être capable de percevoir les sentiments et la perspective d’un autre, alors modélisez cela pour eux. Ensuite, vous pouvez les aider à déterminer ce qu’il faut faire ensuite et aider les deux parties à communiquer leurs besoins.

2. Punitions et récompenses

La plupart des gens croient que pour élever de «bons» enfants, vous devez garder le contrôle sur eux en les punissant quand ils font quelque chose de mal et en les récompensant ou en les félicitant lorsqu’ils font quelque chose de bien. Ce n’est pas vrai. En fait, c’est extrêmement inutile si vous voulez élever des enfants confiants, gentils et empathiques.

« Non seulement les récompenses sont inefficaces, mais elles sont également corrosives en ce sens qu’elles grignotent la motivation qui constitue un véritable facteur de réalisation, de compétence et d’estime de soi. »

J’aimerais également citer Maria Montessori qui qualifiait les récompenses d’ « l’esclavage de l’esprit » 

« Toutes les victoires et tout le progrès humain reposent sur la force intérieure. »

La punition, les récompenses et les louanges minent complètement le développement de l’empathie, en ce sens qu’elles concentrent très efficacement l’attention sur ce que l’enfant ressent. Ils tuent la motivation intrinsèque et encouragent la pensée égocentrique. Au lieu de remarquer comment leurs actions affectent les autres, les enfants sont préoccupés par les conséquences ou les récompenses imposées. Si vous frappez votre frère et êtes puni pendant que votre frère continue à jouer, c’est très improbable que vous soyez assis avec lui. Non, vous allez lui en vouloir et à la personne qui impose cette punition et trouver un moyen de vous venger. Les récompenses et les louanges, bien que plus agréables, ne valent pas mieux. Les deux cherchent à influencer et à contrôler les enfants.

Que faire à la place :

22 alternatives aux punitions
Sans fessée, ni punition comment faire ?
Lecture : « Eduquer sans punir: Apprendre l’autodiscipline aux enfants »
Lecture : « Parler pour que les tout-petits écoutent »
Lecture : « J’ai tout essayé ! »

3. Partage forcé

Pour beaucoup de parents, le «partage» semble vouloir dire abandonner immédiatement un objet chaque fois qu’un autre enfant veut l’utiliser. Quand cela arrive-t-il dans la vie adulte? Si vous possédez quelque chose, vous n’avez pas besoin de le partager si vous ne le souhaitez pas. Si quelqu’un veut emprunter quelque chose que vous utilisez, ils demandent, et vous leur dites qu’ils pourront l’avoir quand vous aurez terminé. Alors pourquoi avons-nous ces règles étranges pour les enfants? Le concept de «partage», tel qu’il est souvent appliqué avec les enfants, n’a aucune ressemblance avec la vie adulte. C’est aussi une autre façon d’entraver le développement de l’empathie.

La recherche a montré que lorsque les enfants partagent de manière autonome, ils affichent un plus grand bonheur que lorsqu’ils sont forcés de partager. N’est-ce pas ce que nous voulons? Mais au lieu de partager de façon spontanée et authentique, ils sont souvent forcés, ce qui les amène à se sentir frustrés et en colère plutôt que généreux. Ou alors, ils partagent naturellement, puis nous saluons ce geste et les félicitons, essayant involontairement de les contrôler et de renforcer le comportement, ce qui a l’effet inverse.

«… les jeunes enfants qui étaient souvent félicités par leurs parents pour leurs démonstrations de générosité tendaient à être un peu moins généreux au quotidien que les autres enfants – encore une fois, tout comme les enfants qui recevaient des récompenses tangibles. Chaque fois qu’ils ont entendu «Bon partage!» Ou «Je suis si fier de ton aide», ils se sont un peu moins intéressés à partager ou à aider. Ces actions ont été perçues non pas comme quelque chose de précieux en soi mais comme quelque chose que les enfants devaient faire pour obtenir de nouveau cette réaction d’un adulte. Dans ce cas, c’était la générosité qui est devenue simplement un moyen pour une fin. « -Alfie Kohn

Que faire à la place:

Laissez le «partage» se produire naturellement! Il n’y a pas besoin de le louer. Si vous voulez commenter, vous pourriez juste dire quelque chose à propos de ce que vous voyez : « Tu as donné le jouet à ton amie. Elle a l’air heureuse de jouer avec. » Encore une fois, en tournant l’attention sur la façon dont l’autre personne se sent. Au lieu de forcer un enfant à partager, dites-leur de répondre qu’ils laisseront l’autre enfant savoir quand ils auront fini de jouer avec quelque chose afin qu’ils puissent l’utiliser ensuite. Si un enfant a du mal à attendre son tour, faites preuve d’empathie! Attendre est vraiment difficile quand vous n’avez pas encore une idée claire du temps. Vous n’avez pas besoin de le «réparer» en faisant «partager» l’autre enfant avec lui.

4. Concurrence

La concurrence est préjudiciable. Je sais, les gens ne veulent pas le croire. Il y a une croyance profondément ancrée que la compétition est saine, renforce le caractère, est bonne pour l’estime de soi, est agréable et donne aux enfants une certaine motivation pour réussir. D’un autre côté, la recherche montre de nombreux  effets nuisibles de la concurrence.

« La compétition est à l’estime de soi ce que le sucre est aux dents. » – Alfie Kohn

En termes de développement de l’empathie, lorsque nous opposons les enfants les uns aux autres en compétition, certains doivent gagner et certains doivent perdre. Comment cela peut-il nourrir la gentillesse et l’empathie? Cela semble être une évidence.

« Une étude a démontré de manière concluante que les enfants compétitifs étaient moins empathiques que les autres; une autre étude a montré que les enfants compétitifs étaient moins généreux. « – Alfie Kohn

Que faire à la place:

Ne comparez pas les enfants et ne les encouragez pas à faire de la compétition. Cela provoque seulement l’envie, la déception et la déconnexion. Au lieu de cela, profitez d’activités où tout le monde travaille ensemble pour atteindre un objectif. Soyez une équipe!

5. Rejet des sentiments

Pour comprendre les sentiments d’une autre personne, nous devons d’abord comprendre les nôtres. Nous ne pouvons pas faire cela si notre intelligence émotionnelle a été retardée dans l’enfance. Si vous rejetez les sentiments d’un enfant, il leur est difficile d’apprendre à les réguler, ou même de savoir exactement ce qu’ils ressentent. Et si vous ne pouvez pas comprendre comment ils se sentent, comment pouvez-vous vous attendre qu’ils le fassent?

« Quand les petites personnes sont submergées par de grandes émotions, c’est notre travail de partager notre calme, de ne pas rejoindre leur chaos. » -LR Knost

Que faire à la place:

Accepter tous les sentiments! Ne les obligez pas à les minimiser pour votre confort. Empathie et aidez-les à les traverser.

" L'espoir qui reste à l'humanité, c'est qu'un jour les parents puissent vraiment agir dans l'intérêt des enfants, qu'ils deviennent assez conscients pour être du côté de l'enfant et pour l'aider à se développer dans la liberté, l'intelligence et l'amour " A.S Neill

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