Résoudre un problème en huit étapes, selon Isabelle Filliozat

Résoudre un problème en huit étapes, selon Isabelle Filliozat

1 – Toujours privilégier la relation

Plus la situation est difficile, plus il est important de remplir le réservoir d’amour. Et d’autant plus que l’enfant nous exaspère.

2 – Evaluer les besoins et possibilités de chaque âge

Il grandit toujours plus vite qu’on ne s’y attend et il est toujours plus petit qu’on ne le croit ! Impossible pour les parents de toujours viser juste ! Ce sont les résistances de nos enfants qui nous indiquent leurs limites et leurs besoins.

3 – Réfléchir : Qui a le problème ?

Est-ce mon problème ? Alors j’exprime mon besoin. Si le problème est de son côté, je me mets à l’écoute. Inutile de faire de la compétition de besoins avec son propre enfant.

Exemple de problème appartenant à l’enfant : il crie, insulte, pleure, trépigne, se balance… Les comportements excessifs de nos enfants sont le reflet de leurs difficultés. Le problème est donc le plus souvent de leur côté.

Exemple de problème appartement au parent : une maman qui n’a pas envie de laisser son enfant à la crèche pour aller travailler peut projeter sur l’enfant ses émotions. Le petit pleure en réponse au problème de maman.

4 – A quel problème ce symptôme répond-il ?

Quel est le besoin, carence ou excès (besoins physiologiques, biologiques, émotionnels, psychologiques..)? Quel est le noeud dans les pensées de l’enfant? Les comportements qui posent problème sont des solutions. Si notre enfant à de la fièvre, nous cherchons certes à faire baisser la fièvre, mais nous savons qu’il s’agit d’un symptôme et qu’il est utile d’en identifier la cause, infection, virus.. Ce n’est que lorsque nous aurons identifiés cette cause que nous chercherons le médicament adéquat.

5 – Quel est mon objectif ?

Qu’est-ce que je vise en tant que parent? Me décharger de mes tensions, contrebalancer mon sentiment d’impuissance, protéger un petit frère, assurer sa sécurité physique, le rassurer, lui enseigner quelque chose, pallier son immaturité cérébrale, l’aider à développer son cerveau frontal, restaurer un lien, etc.

6 – Évoquer différentes options d’attitude 

Il est important de ne pas se piéger dans l’idée qu’une seule attitude, donc une seule solution, serait possible. Auquel cas, nous chercherions “la bonne” solution. Non, chaque solution a ses conséquences. C’est pour cela qu’il est utile de définir notre objectif. Et vers un même objectif, différentes routes sont souvent possibles. L’idée d’une “bonne” chose à faire en toutes circonstances est source d’un sentiment de culpabilité chez des parents tout à inutile et destructeur.

7 – Mettre en oeuvre l’attitude choisie

Une fois choisie, l’attitude est la bonne. Les résultats ne sont pas toujours immédiats, surtout si nous changeons beaucoup de style éducatif. Nombre de nouvelles compétences de parentalité positive auront un impact instantané. Pour d’autres, il peut y avoir un temps de latence pendant lequel l’enfant est sur ses gardes.

8 – Evaluer le résultat 

Pour autant, bien sûr, qu’il n’était pas comportement naturel lié à l’âge de l’enfant, mais bien manifestation d’un problème, le comportement symptôme a-t-il cessé? Un autre symptôme, une autre manifestation, est-elle apparue?

Mise en situation

“TU ES MÉCHANTE MAMAN!”

Option 1 : Je viens de le frustrer

Si je l’ai frustré, je lui enseigner les mots pour le dire

  • Tu es en colère contre moi parce que j’ai refusé ta demande?
  • OUI ! C’EST PAS JUSTE !! (= Maman m’aime)

Option 2 : Je ne l’ai pas frustré, je ne vois pas de déclencheur immédiat, je revois la journée depuis le matin..

Je réfléchis.. Je me souviens.. “TU ES MECHANT, TOM!”

  • Ce matin j’étais en colère contre toi et je t’ai traité de méchant. Tu as gardé ça dans ton coeur jusqu’à réussir à me le dire
  • Oui..
  • Qu’est-ce que ça t’a fait dans ton coeur quand je t’ai dit que tu étais méchant?
  • Que tu m’aimais pas..
  • Tu as le droit de ne pas être content. Tu vois comme ça fait mal de dire à l’autre qu’il est méchant alors je te propose: on se dit “je ne suis pas content” mais, ni toi ni moi on dit plus à l’autre qu’il est méchant, ok?
  • Ok!

Option 3 : Je ne vois pas le problème, lui le connaît, quoique ce ne soit pas forcément conscient. Alors je me mets en situation d’écoute et je l’incite à me parler.

Je respire.. Il a dû se passer quelque chose. Pourquoi il me dit ça maintenant?

  • Tu as l’air sacrément en colère! Tu veux me parler maintenant ou plus tard?

Plus tard..

  • On se prend un petit moment pour parler de ta journée?
  • Ouais!
  • Quand tu m’as dit que j’étais méchante au moment où je t’ai apporté le gâteau, je me suis dit que tu avais l’air drôlement en colère. Qu’est-ce qui t’avais mis dans cet état?

Nan ! Toi, Tom tu joues pas avec nous, t’es trop nul !

  • Ah, je comprends, c’est Jérémie qui s’est comporté de manière méchante avec toi.
  • Oui..
  • Et qu’est-ce que tu t’es dit dans ta tête?
  • Ben, qu’y ne m’aime pas ! Pourtant, j’ai rien fait !
  • Dis donc ça a l’air d’être un grand souci pour toi gentil-méchant ?!

Pour en savoir plus : “j’ai tout essayé” Isabelle Filliozat

Étiquettes : , , ,

Related Posts

by

« L’espoir qui reste à l’humanité, c’est qu’un jour les parents puissent vraiment agir dans l’intérêt des enfants, qu’ils deviennent assez conscients pour être du côté de l’enfant et pour l’aider à se développer dans la liberté, l’intelligence et l’amour »

A.S.Neill

Previous Post Next Post

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.

0 shares
S'inscrire à la newsletter (Formation Montessori, Parentalité positive et nos bon plans ...)
S'inscrire
Dejà 50 000 incrits