Favoriser la coopération grâce l’empathie

Favoriser la coopération grâce l'empathie

Favoriser la coopération grâce l’empathie

Par Jan Hunt

Vu récemment dans un magasin Hi‐Fi/vidéo : Un jeune père, avec un bébé porté au dos, une petite fille d’environ 4 ans et un cabas de courses qui débordait presque. La petite fille monte sur une plateforme d’environ 60 cm de haut. La plateforme n’est pas dangereuse pour une enfant de cet âge, et la petite fille ne se met pas en danger. Elle est simplement debout, observant les alentours ; c’est difficile d’être petit dans un monde prévu pour les adultes. Mais son père chuchote immédiatement avec un ton menaçant : « descends de là ! ». Puis, sans même lui donner une seconde pour qu’elle s’exécute, il lui attrape la main et la tire d’un coup sec vers le sol. Elle aurait facilement pu se blesser physiquement, heureusement il n’en a rien été. En revanche la blessure émotionnelle, elle, était bien présente. Elle s’éloigne alors de lui, un peu hébétée et comme mélancolique. Un employé du magasin assure au père que « tous les enfants montent là‐dessus ». Le père ne dit rien, il ne jette même pas un regard à sa fille.

Heureusement cet incident est assez inhabituel et isolé. Peut‐être que ce père est d’ordinaire plus attentionné envers sa fille ; peut‐être qu’il était fatigué d’avoir dû s’occuper de deux jeunes enfants pendant une longue après‐midi de courses. Peut‐être a‐t‐il été élevé avec l’idée que s’occuper des enfants n’est pas le rôle de l’homme (la mère des enfants n’était pas présente). Peut‐être que lui‐ même a été traité avec impatience et irrespect lorsqu’il était enfant. Peut‐être n’avait‐il pas bien dormi la nuit précédente, ou avait des sources d’inquiétudes dans sa vie quotidienne. Peut‐être que la prochaine fois qu’il voudra que sa fille fasse quelque chose, il lui donnera plus de temps et de patience.

Tous les parents connaissent ces moments où ils sont si frustrés, en colère, ou empêtrés dans des situations particulières, qu’ils ne voient pas l’arbre qui cache la forêt. Parfois un parent est énervé par quelque chose qui se passe dans sa vie, qui n’a rien à voir avec son enfant, mais il passe ses nerfs sur sa fille simplement parce qu’elle est là. Alors que cette défaillance humaine est connue, il est vraiment injuste de prendre un enfant comme bouc émissaire, qui n’est coupable que d’être au mauvais endroit au mauvais moment.

Dans ces moments, il peut être utile – bien que difficile admettons‐le – de prendre du recul et de considérer une approche plus positive. Randall Rolfe, dans son livre éclairé « You Can Postpone Anything But Love (non traduit en français) » parle de la communication entre parent et enfant.

« On peut dire ‘arrête de faire cela parce que je te le demande’. Mais on se sent rarement bien d’avoir dit cela. En fait, le genre d’obéissance filiale que nous, parents, souhaitons réellement ne peut provenir que de la confiance mutuelle. Celle que nous encourageons jour après jour en partageant nos pensées avec nos enfants, de façons à ce qu’ils croient au bienfondé de nos raisons, comme nous pouvons croire qu’ils sentiront quand ils peuvent se fier à notre jugement. » Rolfe propose également un schéma en 5 étapes pour dire « non » à un enfant :  » on essaie de le dire : gentiment ; avec une explication attentionnée du pourquoi pas ; en faisant attention à ce que l’enfant pourrait ressentir ; en suggérant une activité alternative ; et avec une proposition de l’aider à commencer. »

La seconde étape, l’explication attentionnée, est probablement la plus complexe, puisqu’elle nous demande d’être honnête avec nous‐même avant d’être honnête avec notre enfant. Dans notre exemple, le père pourrait dire à sa fille : « C’est ici que les gens rapportent leurs DVD et il faut que la place reste libre ». Cependant il a peut‐être lui‐même eu besoin de poser son cabas de courses sur cette plateforme. Il est plus probable qu’il craignait une critique du personnel du magasin et c’est cette explication qu’il aurait dû donner à sa fille.

Les enfants perçoivent tout de suite les contradictions entre nos sentiments et nos mots ; ils font attention au ton de notre voix, notre langage corporel et notre état émotionnel. Ils détecteront et sentirons la malhonnêteté.

Si on applique le schéma en 5 étapes au père du magasin, il aurait pu dire à sa fille, avec un ton de voix plus patient, « il semble que tu t’amuses là‐haut et que tu peux bien observer ce qui se passe autour. Mon cœur, je m’inquiète que les employés du magasin n’apprécient pas de te voir là‐dessus. Voilà, laisse‐moi t’aider à descendre. On a passé pas mal de temps dans les magasins aujourd’hui, n’est‐ce pas ? En rentrant, on pourra s’arrêter en chemin à l’aire de jeux afin que tu fasses de la vrai escalade. »

Ce genre de demande gentille et respectueuse aurait certainement été honorée, à moins que la petite fille n’ait accumulé beaucoup de colère de blessures précédentes. Nous les adultes savons tous que nous sommes plus enclins à coopérer avec quelqu’un qui nous traite avec respect et gentillesse, qu’avec quelqu’un qui est en colère et impatient. Pourquoi penser qu’un enfant réagirait différemment ? Les enfants sont de vraies personnes avec de vrais sentiments, qui répondent aux actions d’autrui exactement de la même façon prévisible que nous tous.

Un schéma en 5 étapes peut sembler demander beaucoup d’efforts. Les approches respectueuses et empathiques demandent plus de temps, d’énergie et de créativité de la part des parents, mais il est certain que nos enfants méritent cette attention de notre part. Comme Rolfe l’explique une approche bienveillante est « plus efficace que tous les cris et les réprimandes du monde, et elle est bien plus plaisante pour tous, parents et enfants. Cela demande un peu plus de temps à court terme. Mais à long terme, on économisera beaucoup de temps et d’énergie et on évitera la douleur. » Et on gagnera une vie remplie d’une relation joyeuse avec notre enfant.

Un article traduit par Céline du site Maman-materne.com
Article original « Nurturing Cooperation Throgh Empathy »

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