Mon enfant dit des gros mots, comment agir de façon bienveillante ?

Mon enfant dit des gros mots, comment agir de façon bienveillante ?

Aux alentours de 18 à 24 mois, beaucoup de familles font l’expérience des premiers gros mots de leur enfant. Mais alors, comment réagir face à cela ?

Nous avons souvent tendance à sur-réagir, à ne pas vraiment comprendre comment et pourquoi notre enfant dit des gros mots, mais surtout pourquoi malgré notre interdiction, celui-ci recommence maintes et maintes fois à redire ces mots. La croyance populaire voudra qu’on pense que l’enfant est « vilain », mal élevé ou encore « qu’il teste » son parent. Pourtant la réalité est loin de tout ça..

Comprendre

« C’est la preuve de l’émergence de l’imitation différée !  Peu à peu le cerveau coordonne les représentations internes. L’enfant voit ou entend, et construit dans sa tête une image du geste vu ou entendu, pour le reproduire plus tard. Il intériorise les comportements de ses parents mais aussi des autres adultes ou des enfants, et pas que les bons ! En fait, il a tendance à reproduire surtout ce qui était étrange ou émotionnellement saillant, ce qui lui a fait peur ou l’a fait rire. » Isabelle Filliozat

Maintenant que nous comprenons pourquoi un enfant dit des gros mots, il serait intéressant de se pencher sur la question : « pourquoi, malgré mon interdiction et mes gros yeux, celui-ci  les répète malgré tout ? »

En réalité, si notre enfant répète le gros mot interdit ce n’est pas parce qu’il est « vilain » ou « mal élevé », la faute n’est pas ici, mais plutôt à nos réactions disproportionnées. Quand celui-ci dit « merde », on va avoir tendance à le culpabiliser, lui faire honte « tu n’as pas honte de dire ça!? Le voisin lui au moins il est poli, il ne dit pas de gros mots! » voire même à le rejeter « je ne suis pas la maman d’un petit garçon qui dit de vilain mots! ». Notre réaction première sera de se fâcher, de froncer les sourcils et de disputer l’enfant, mais ceci est disproportionné, ce qui entraînera par conséquent un renforcement. Ce renforcement est une conséquence qui augmentera la fréquence des apparitions d’un comportement.

L’enfant a remarqué que son comportement avait provoqué chez vous une forte réaction, alors il réitère. Pas pour vous tester, mais parce que votre réaction l’a inquiété alors il recommence pour vérifier. Par ce comportement, il a été comme conditionné à recommencer.

Comment agir ?

Première piste : Si on souhaite voir disparaître les gros mots du vocabulaire de nos enfants, il faut faire attention à ne pas renforcer ces comportements.

Deuxième piste : enseignez-lui les mots des sentiments et aidez-le à classer « merde » par exemple, dans la catégorie gros mots.

« Tu m’as entendu dire ce mot ce matin quand mon sac s’est renversé. C’est un mot qui sort parfois quand on est énervé. Et là tu es énervé parce que ton arbre ne tient pas. C’est un mot qu’on appelle gros mot parce qu’il est chargé de colère. Parfois, il peut faire peur aux autres, alors c’est mieux de dire « Zut »! On s’exerce tous les deux à dire zut quand quelque chose nous énerve? »

Troisième piste : la reformulation empathique du vécu de l’enfant. »Tu es déçu de ne pas réussir à faire tenir ton arbre » lui permet de se comprendre lui-même, d’apprendre à mettre les mots justes sur ses sentiments.

/!\ Les injures, les insultes nécessiteront plus qu’une reformulation empathique (voir piste 2). Dites STOP à votre enfant, invitez-le à exprimer ses sentiments et à ne pas utiliser les mots cailloux (des mots qui font mal).

Source: « J’ai tout essayé » par Isabelle FILLIOZAT

 

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« L'espoir qui reste à l'humanité, c'est qu'un jour les parents puissent vraiment agir dans l'intérêt des enfants, qu'ils deviennent assez conscients pour être du côté de l'enfant et pour l'aider à se développer dans la liberté, l'intelligence et l'amour » A.S.Neill
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