Cholestase gravidique : un mal de la grossesse méconnu

Cholestase gravidique : un mal de la grossesse méconnu

Qu’est-ce que la cholestase gravidique?

La cholestase gravidique est une forme réversible de cholestase observée uniquement lors de la grossesse. Il s’agit d’un disfonctionnement du foie, généralement un mauvais écoulement de la bile dans les canaux biliaires ou une diminution de la sécrétion de la bile dans ces même canaux. Cette complication survient la plupart du temps pendant le troisième trimestre de la grossesse, persiste jusqu’à l’accouchement et cesse 4 à 8 jours après celui-ci. Cette maladie affecte environ 0,35% de femmes en France. C’est donc une maladie rare dont on connaît encore peu de choses.

Prédispositions

La cholestase gravidique est due à de multiples facteurs environnementaux, ethniques, génétiques et hormonaux. Bien que les médecins ne connaissent pas toutes les dispositions à cette maladie, certains facteurs prédisposeraient certaines femmes plus que d’autres à la contracter. Les principaux facteurs de risques identifiés sont : une prédisposition génétique, l’âge maternel supérieur à 35 ans, une grossesse multiple, des antécédents maternels de cholestase gravidique, des antécédents de prurit lors de la prise de contraceptifs oraux et des antécédents de cholestase gravidique lors d’une grossesse précédente.

Symptômes

Les femmes qui souffrent de cholestase gravidique sont sujettes à l’insomnie, à des sensations de faiblesse, des démangeaisons plus ou moins intenses et quelquefois l’apparition d’un ictère (jaunisse).
Ainsi, une femme qui se plaint à son médecin de démangeaisons importantes à partir de 30 semaines d’aménorrhée se verra soumise à des tests sanguins visant à quantifier les sels biliaires qui y sont présents. La maman qui obtient un diagnostic positif de la maladie sera soumise à un suivi plus serré jusqu’à l’accouchement.

Effets de la maladie sur la mère et le bébé

Les conséquences pour la mère sont désagréables, mais sans effets majeurs sur la santé. Les mères souffrant de cholestase gravidique accouchent prématurément dans 80% des cas. Étant donné que la maladie entraîne une carence en vitamine K, la mère peut souffrir d’une hémorragie lors de la délivrance du placenta. Elle doit donc être suivie de près.
Pour le bébé, par contre, les conséquences peuvent être dramatiques : prématurité, émission de méconium dans le liquide amniotique, anomalies du rythme cardiaque foetal et mort foetale par anoxie.

Traitements

Pour traiter les différents symptômes et réduire les risques pour la mère et le bébé lors de l’accouchement, la mère recevra généralement un supplément de vitamine K pendant les dernières semaines de grossesse. Pour traiter ses démangeaisons, le médecin pourra lui
fournir un médicament. La maman sera également suivie de près par son médecin afin de déceler une pression artérielle élevée ou la présence d’une infection urinaire, qui sont des facteurs aggravants de la maladie. Selon la gravité des symptômes et les antécédents de la mère, un déclenchement du travail peut également être prévu vers la 36e semaine de grossesse pour éviter la mort foetale.

Conclusion

La cholestase gravidique est une maladie encore méconnue. Bien qu’elle affecte un faible pourcentage de femmes enceintes, celles qui en souffrent doivent prendre au sérieux leurs symptômes et se faire suivre adéquatement pour éviter un dénouement dramatique.

Annie Beaulieu
Accompagnante à la naissance
Éducatrice en périnatalité

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