Récolter les fruits de l’éducation bienveillante

Récolter les fruits de l'éducation bienveillante

Souvent quand on débute dans l’éducation bienveillante on se demande ce que cela va donner? C’est vrai, que va apporter à nos enfants cette éducation qui va à l’encontre de tout ce qui est prôné habituellement quand il s’agit d’élever des enfants?

Éducation bienveillante, le saut dans l’inconnu

Nous rencontrons un petit bébé attendu depuis plusieurs mois, nous l’avons dans les bras et l’amour commence à se déverser. Nous le portons, nous le nourrissons et lui donnons tous les soins dont il a besoin. Vient l’envie de l’éduquer de façon respectueuse et bienveillante en bannissant tout ce qu’on a appris jusqu’ici. Les livres dévorés et l’envie de bien faire ancrée en nous.

Et puis un jour la fameuse période d’opposition, le « NON » que notre enfant prononce pour tout, les cris et les pleurs. Des refus à la pelle, des roulades au sol et des jouets qui volent. Les regards extérieurs posés sur lui, sur nous. Ces regards qu’on ressent jugeant et insistants, qui semblent mesurer notre incapacité à gérer notre enfant. Les douces moqueries quelquefois quand on explique que nous dialoguons avec nos enfants, que nous ne mettons pas de fessées et encore moins de punitions.

Le doute qui s’installe quelquefois quand on voit les autres enfants éduqués de façon traditionnelle se tenir correctement, pas un mot plus haut que l’autre. Alors là même si la voix de la raison nous murmure que tout cela est dû à la peur de la remontrance, les questions et le doute se glissent insidieusement en nous. Fissurant notre confiance, laissant entrer le doute sur le bien fondé de notre éducation.

Je l’écris car je l’ai vécu tout cela, et je sais également que vous vous enfermez peut être dans un silence douloureux ou que vous pleurez quand ils sont couchés. J’ai si souvent fondu en larmes dans les bras de mon mari après une énième journée éprouvante, après une colère de trop. J’ai touché la ligne rouge de la veo, du bout du doigt, juste assez pour avoir peur d’y sauter à pieds joint. Mais j’ai reculé et tenu bon tout comme vous tenez le coup encore jour après jour.

Mais un jour on en voit le bout, oui un jour on se rend compte qu’ils ont grandi et qu’ils se sont apaisés. Je n’ai pas des années de recul derrière moi, non, c’est évident. J’ai juste deux enfants de 4 ans et 2 ans et demi, deux BABI qui grandissent près de moi dans la chaleur de ce foyer que l’on a voulu le plus doux possible.

J’en ai passé des heures à négocier, discuter, expliquer, sécher des larmes de colère et accueillir des cris de frustration. A lire sur les émotions, à chercher des activités pour les aider à comprendre l’intensité de leurs sentiments. Tout cela sans être sûre du résultat mais avec l’envie de bien faire et de les aider à traverser une période bien difficile de leurs vies.

Des efforts qui valent le coup

Et aujourd’hui je récolte les fruits si savoureux de cette éducation bienveillante. Petit à petit, touche par touche à des moments parfois où je m’y attendais le moins.

Des enfants qui dialoguent et prennent le temps d’expliquer aux autres : « Qu’il ne faut pas taper mais plutôt parler car les mains ça sert à caresser » , qui me disent des choses comme « Je suis désolé d’avoir jeté mes jouets maman, mais je suis encore petit et mon cerveau aussi est petit alors des fois je n’arrive plus à me contrôler ». Un grand qui explique qu’il a la colère qui monte alors il va devoir respirer doucement. Un petit qui me voyant triste va me dire « Content maman? Non? Câlin maman? » en me caressant le visage.

Des enfants qui disent « Bonjour » « merci » « au revoir » et « s’il te plaît » sans que j’ai eu besoin de demander. Qui rangent les jouets avant de partir chez les amis, qui partent sans crier de la ludothèque ou de la médiathèque. Des petits qui restent calmement dans le chariot ou près de moi pendant les courses. Alors il reste encore des journées impossibles où chaque demande déclenche une crise, où ils se chamaillent et hurlent encore plus que moi. Des jours où j’enfile mes baskets et où je pars courir une demi-heure histoire d’oublier mes nuits trop courtes où mes journées trop longues.

Les choses se sont fait avec le temps, sans avoir eu besoin de les menacer à tout bout de champ, sans fessées ni humiliations. Bien sûr je ne prétends pas être parfaite, bien sûr il m’arrive de crier, de les bousculer et de me sentir tellement nulle. Cela arrive encore bien trop souvent à mon goût mais j’en ai conscience et je fais de mon mieux. Ils savent que je suis humaine et que parfois je dérape tout comme eux. Mais ils savent surtout que je reviens toujours m’excuser et dialoguer encore. Et j’ai remarqué que les journées où ils sont difficiles sont celles où je suis moi-même à bout de nerfs ou bien les journées où je n’ai pas assez accordé de temps de qualité à chacun d’entre eux.

Je ne suis pas sûre du résultat à long terme, ni même des adultes qu’ils deviendront grâce à cette éducation. Je suis juste sûre de deux choses, notre amour pour eux et qu’on n’aurait pas pu s’y prendre autrement, c’est dans nos tripes cela ne s’explique pas. Nous verrons bien mais je ne m’inquiète pas.

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Maman végétalienne de bientôt 30 ans... Deux petits boys de février 2013 et novembre 2014... Amoureuse de la nature et de l'aventure en famille... Maternante, allaitante et sur le chemin parfois difficile de la bienveillance :-)
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