Ma seconde grossesse au côté de la cholestase gravidique

Ma seconde grossesse au côté de la cholestase gravidique

Ma seconde grossesse au côté de la cholestase gravidique

30 avril 2015, enceinte de 34sa, j’écrivais un article informatif sur la cholestase gravidique : un mal de la grossesse méconnu. Sans le savoir, j’avais mis le doigt sur cette pathologie qui se réveillait en moi. Le lendemain de sa publication, je me rendais aux urgences gynécologiques car la nuit avait été catastrophique : des démangeaisons à m’en arracher la peau. Le matin, j’ai craqué et j’ai demandé à mon mari de me conduire à l’hôpital pour un examen. Moi qui pensais qu’on allait me prendre pour une folle avec mes grattouilles, on m’a écoutée et fait plusieurs examens. Après une longue attente, les résultats ne s’avèrent pas bons et on m’annonce que j’ai une cholestase gravidique. S’ensuit une hospitalisation d’une semaine afin de mettre en place un traitement adapté et une surveillance accrue du bébé car, comme vous le savez maintenant, le risque de mort in-utero est très important avec la cholestase.

Le traitement semblait fonctionner, les taux d’acide étaient stables, les grattements avaient cessé pourtant mon angoisse, elle, était toujours bien présente. Cette peur indescriptible qu’on vous annonce : “Votre bébé est décédé madame, désolé.” Cette peur-là qui me faisait paniquer, qui donnait des crises d’angoisse à m’en couper la respiration. Je ne cessais de me répéter “mais autant me faire accoucher, si j’accouche elle pourra être prise en charge au moins plutôt que d’attendre le pire”. La colère, l’incompréhension se mêlaient à tous mes sentiments. J’étais tout de même très bien prise en charge, avec une surveillance chaque semaine à l’hôpital : bilan hépatique, monitoring.. Une petite puce en forme, qui supportait la cholestase et se portait très bien.

Jusqu’à 38sa où on m’annonce que les taux remontent en flèche. Les médicaments ne semblant plus contenir le taux d’acide biliaire, n’étant plus efficaces et le risque de mort in utero étant au plus fort on me dit : “Le médecin a demandé à ce que vous veniez demain matin, car on vous déclenchera, on ne peut plus vous laisser comme ça.”. Je sors de ma consultation soulagée, malgré le déclenchement. Mon premier fils est né par déclenchement, ce n’est pas l’inconnu. L’angoisse avait fait le travail de deuil de cet accouchement surmédicalisé que je ne voulais pas.

Le lendemain, au petit matin j’arrive avec mon mari et ma petite valise. Le médecin me reçoit et me dit que finalement ça sera césarienne à cause de mes antécédents médicaux liés à mon premier accouchement. J’accepte. A 15h59 viendra au monde Hind, ma poupée. Des larmes couleront même sur mes joues, soulagée de l’entendre, de la voir, mais surtout de la savoir en bonne santé et ce cauchemar terminé.

4 avril 2016, je tombe à nouveau enceinte de mon troisième trésor. A ce moment-là je ne pensais pas à la cholestase, j’étais plongée dans mon petit bonheur.

Mon premier rendez-vous arrive, je rencontre une sage-femme formidable, qui m’explique tout de même qu’il y a de grandes chances de récidive, à peu près 75% de contracter une seconde cholestase. Malgré tout, je reste positive et optimiste en pensant que je passerai à côté et que cette fois-ci tout ira au mieux.

Quatrième, cinquième, sixième… les mois s’enchaînent et je me sens en forme, pas de grattouilles à l’horizon, je reste malgré tout méfiante car je sais que la date anniversaire est à 34sa. Je rencontre ma sage-femme pour la visite du 7ème mois, on parle d’éventuels grattements. “C’est ce qui me fait le plus peur”, me dit-elle. Je la rassure et lui dis que tout va très bien. Je rentre à la maison confiante et heureuse, surtout qu’on venait de m’annoncer que mon AVAC était accepté et que je pourrais accoucher comme je le désirais.

Le lendemain, des petites grattouilles commencent doucement à se faire sentir mais je préfère me dire que c’est psychologique et je n’y prête pas attention. Deux/trois jours s’écoulent mais les grattements sont toujours là, toujours plus forts le soir. Je décide d’en parler à mon mari, qui me dit : “Demain on sera à côté de l’hôpital, on en profitera pour aller faire un tour”. Bon.. ok. Il me conseille malgré tout de préparer un sac d’affaires car “on sait jamais”. Le lendemain, sur le chemin, je lui répète plusieurs fois dans la voiture que nous y allons pour rien, que c’est sûrement psychologique et rien d’autre, que ça ne me gratte pas autant qu’à ma dernière grossesse. Peu importe, on arrive et je monte pour un monitoring + un bilan hépatique. L’attente incroyablement longue je la connais..

La sage-femme arrive et m’annonce que mon bilan est perturbé, que c’est bel et bien une récidive et que la cholestase est de retour. Mon mari ayant dû s’absenter avec les enfants, je me retrouve seule face à cette nouvelle, j’ai cru que le monde tombait sur mes épaules. Tout va très vite, on me dit que le médecin va passer et m’expliquer ce qui va suivre.

Le médecin de garde est ma gynécologue en qui j’ai confiance, ça me rassure de la savoir là. Elle arrive et me dit : “Vous avez compris? La cholestase est de retour, mais cette fois beaucoup plus tôt (30sa). Vu votre bilan perturbé nous ne pouvons pas vous hospitaliser ici, nous allons vous transférer dans une maternité de niveau 3. Nous allons vous faire une première injection de corticoïdes qui servira à maturer les poumons de votre bébé s’il doit naître en urgence”. Je ne m’y attendais tellement pas, je n’en revenais pas que ça retombe une fois de plus sur moi. Je repensais à mes crises d’angoisse qui me coupaient le souffle, l’angoisse, la peur, la colère qui grandit en toi. Mon mari arrive, en le voyant je craque et je pleure : tout allait tellement si vite, j’avais tellement peur que mon bébé naisse en urgence à 30sa, si petit.. Je ne cessais de me dire : “Le ventre maternel est censé être la plus grande protection, le plus gros confort de notre bébé et moi, il n’est pas en sécurité, il n’est pas bien dans mon ventre. Je suis censée le protéger et je le mets en danger.”

C’était vraiment très dur de devoir subir une nouvelle fois cette saleté de pathologie, d’être plongée dans autant de culpabilité, de peur. Contrairement à Hind, mon fils était peu réactif, “mou” malgré un bon rythme cardiaque comme ma gynécologue disait, et c’était encore plus effrayant ! Me voyant très mal suite à cette annonce soudaine, elle me dit que tout ça n’est fait qu’en préventif si jamais il y a une urgence, mais que tout peut très bien se passer comme ça a été le cas à ma seconde grossesse : un bébé qui se porte bien, un traitement qui fonctionne très bien.

Je serais hospitalisée 4 jours durant la mise en place d’un traitement, celui-ci semble parfaitement convenir puisque les taux sont stables et que bébé va très bien. J’ai pu sortir avec une hospitalisation à domicile, soit un suivi 2x par semaine avec une sage-femme libérale puis un suivi une fois par semaine à l’hôpital.

Aujourd’hui je suis à 33sa, j’ai gagné plusieurs semaines, bébé est en bonne santé ET toujours au chaud ! Même si l’angoisse est toujours bien présente, car ne pas le sentir bouger plus de 2h déclenche toujours en moi une crise de panique. J’attends la naissance de mon deuxième bonhomme avec impatience, j’ai hâte de le voir, et de le savoir hors de danger.

EDIT : Finalement, j’ai accouché spontanément la veille de ma césarienne programmée à 38sa. Oui, on m’a tout de même programmé une césarienne (pas de déclenchement sur un utérus cicatriciel.. en théorie) car, mes taux étaient très instables. J’ai enchaîné jusqu’à la fin de ma grossesse plusieurs hospitalisations, mon foie me faisait terriblement souffrir, mais le personnel comptait avec moi chaque jour gagné éloignant mon bébé de la prématurité, on se réjouissait ensemble, m’encourageait à tenir bon et ça, niveau moral j’en avais plus que besoin !

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