Sans fessée, ni punition comment faire ?

Sans fessée, ni punition comment faire ?

Nous savons désormais que la fessée est nocive pour les enfants et que les punitions peuvent laisser des séquelles qui perdurerons dans la vie adulte.

Mais souvent nous sommes désemparés face aux comportements de nos enfants, et les solutions bienveillantes viennent à nous manquer.

Il existe des recours plus doux et moins traumatisants pour apprendre le respect des consignes aux enfants. Le point à prendre en compte est l’âge de notre enfant: le cerveau étant encore immature, l’enfant est très souvent dirigé par ses impulsions et il ne peut pas toujours les contrôler même s’il le veut. Par exemple un enfant qui ne parle pas encore aura tendance à utiliser son corps pour le faire à sa place en mordant, tapant ou bousculant les autres.

L’enfant a besoin de bienveillance mais aussi de cadre, il ne faut pas le laisser tout faire sous couvert de bienveillance. Mais les limites peuvent être posées en douceur, il faut juste les adapter à son âge et son caractère.

Nous prendrons plus de temps à expliquer plusieurs fois en joignant le geste à la parole à un enfant de 18 mois ou moins là où une explication claire et précise suffira à un enfant de 3 ans ou plus.

Concrètement quelles solutions s’offrent à nous ?

Situation 1 : L’enfant commet un dégât matériel, par exemple : il casse quelque chose.

A ce moment-là il faut tout de suite se mettre à sa hauteur et lui faire part de nos sentiments, « je suis triste que tu aies cassé ceci parce que j’y tiens/parce que tu ne pourras plus jouer avec maintenant/parce que c’est dangereux… »

Ensuite proposer une réparation plutôt que punir, l’objet peut-il être réparé ? Si oui l’enfant peut très bien vous aider, cela lui apprend à utiliser ses mains dans le but de réparer son erreur.

Situation 2 : L’enfant qui tape/mord ou tire les cheveux

Il faut évidemment séparer l’enfant de sa victime et lui parler en prenant en compte que si l’enfant est encore petit il ne fait pas cela pour faire du mal mais souvent pour expérimenter son corps et comprendre les réactions qu’il peut provoquer chez l’autre.

Ensuite nous pouvons dire :

-« Oh je vois que tu as tiré les cheveux de ta copine, est-ce que tu penses que ça lui a fait plaisir ?

– » Non ? »

-« Alors qu’est-ce que tu pourrais faire maintenant ? »

S’excuser, faire un câlin, jouer avec elle… Au fil du temps il trouvera d’autres façons de communiquer et il trouvera des solutions de réparation tout seul.

[Lire aussi, Que faire face à un enfant qui est agressif, tape ou mord ?]

Situation 3 : L’enfant qui hurle et refuse d’écouter

Je vis ça actuellement avec mon fils de 3 ans et demi qui hurle à la moindre contrariété ou refus. Cela est désagréable pour moi, lui et les voisins. J’ai appris à attendre que la crise passe pour dialoguer avec lui, parce quand il est en pleine rage il lui est impossible de m’écouter. Je le contient dans mes bras et lui explique calmement la consigne. Pour les cris j’essaie de chuchoter pour lui montrer qu’il peut moduler le son de sa voix. Pour certains enfants un coussin pour crier ou une boîte à cris peut fonctionner :)

[Lire aussi, 6 pistes pour accompagner la colère de son enfant]

Situation 4 : L’enfant qui refuse de ranger ou d’aller à la douche…

Ce qui fonctionne bien c’est le jeu. Je lance un « Je parie que je range plus de jouets que toi !! » et là mon loulou se met à rire et se prend au jeu et il fonce pour ranger le plus de jouets possible. Pour la douche pareil on peut dire je mets le chronomètre sur 15 secondes, tu penses arriver à te déshabiller avant qu’il sonne ? »

Situation 5 : Quand il n’écoute plus rien et dépasse les limites très souvent quand il y a du monde. J’essaie de faire comprendre ses émotions à mon fils, il adore les monster truck (les gros 4X4 montés sur des pneus gigantesques qui écrasent les voitures) alors je lui demande « Comment te sens-tu, en mode monster truck qui saute partout (excité, speed) ou en mode monster truck qui roule doucement (calme, posé)? » Si il me dit monster truck qui saute je lui demande ce que nous pourrions faire pour qu’il repasse en mode je roule doucement ? Au début c’est moi qui proposais des solutions et au fil du temps il trouve de lui-même comment se calmer (boire un coup, faire un câlin, sauter un peu)

Il y a autant de façons de s’y prendre que d’enfants, mais ce qui fonctionne souvent reste le jeu et le dialogue. Les mises au coin et autres fessées ferment le contact et perdent la complicité en mettant l’adulte en position de force. Cela demande de beaucoup remuer notre propre enfance et d’aller contre un mode de pensée que beaucoup de gens pensent être le bon. La bienveillance met plus de temps à porter ses fruits mais les enfants apprennent en toute sécurité à gérer leur émotion et à vivre avec les autres et comme le dit Arnaud Deroo :

 « Éduquer, c’est entendre le besoin, la raison derrière le comportement inacceptable, c’est avoir de l’empathie pour la cause. »

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Maman végétalienne de bientôt 30 ans... Deux petits boys de février 2013 et novembre 2014... Amoureuse de la nature et de l'aventure en famille... Maternante, allaitante et sur le chemin parfois difficile de la bienveillance :-)
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