Être parent d’un BABI

On peut prendre les Bébés Aux Besoins Intenses comme des enfants au tempérament difficile voire qui font preuve de « mauvais » caractère… Autant sur les blogs dédiés à l’enfance on lit facilement certaines choses sur le sujet, autant dans la « vraie » vie, les gens connaissent peu ou pas du tout ce qu’est un BABI, même si parfois ils en ont un à la maison ! C’est pourquoi il me paraissait important de revenir sur cette notion.

Qu’est-ce qu’un BABI ?

Selon les critères du docteur William Sears, pédiatre américain étudiant le sujet dans les années 80, voici les caractéristiques courantes d’un BABI :

  • Ils ont un grand besoin d’être portés à bras,
  • Ils sont difficiles à calmer,
  • Ils ont un fort besoin de succion pour s’apaiser,
  • Ils peuvent être très énergiques et avoir une activité motrice intense,
  • Ils pleurent beaucoup ou peu mais souvent,
  • Ils ont une grande sensibilité,
  • Ils réagissent plus intensément que les autres bébés,
  • Ils dorment peu et/ou peuvent se réveiller dès qu’on les pose dans leur lit, ne s’endorment pas n’importe où n’importe quand, ils restent en éveil constant. 

Évidemment ces observations peuvent être faites sur n’importe quel bébé, mais je dirais qu’on peut commencer à parler de BABI quand ces comportements durent dans le temps sans aucune amélioration. De toute façon, en tant que parent vous allez vite prendre conscience que les besoins de votre bébé sont amplifiés par rapport aux autres bébés, car le BABI est ultrasensible et telle une éponge absorbe tout ce qui se passe autour de lui.

D’où cela vient-il?

Ces traits de comportement peuvent avoir des origines diverses : un climat psychologique familial sensible, comme une fragilité psychique de la mère pendant la grossesse, ou un événement perturbant le foyer dans les premiers jours ou semaines de vie… mais aussi physique, comme avec un fort RGO (reflux gastro-œsophagien) pas forcément diagnostiqué ou traité (et quand bien même les traitements médicamenteux ne font pas tout).

Maman de 2 BABI et en ayant accompagné aussi lors de mon travail en crèche, j’ai pu observer que ce sont des enfants doués d’une sensibilité accrue et qui ont davantage besoin d’être accompagnés. Besoin de plus de contact, plus de communication…en fait ils ont les mêmes besoins que la plupart des bébés mais amplifiés. Là ou un bébé peut se calmer en étant dans les bras pendant quelques minutes, eux ont besoin d’une heure.

C’est comme si ces enfants avaient une conscience accrue de ce qui les entoure, ce qui est plutôt bien car ce sont des petits curieux, mais ils prennent tout puissance 10 voire 1000 !

Que peut-on faire pour accompagner au mieux son BABI ?

Ce qui peut vous sauver : le portage, le cododo… toutes les pratiques où vous serez proches de votre BABI, mais aussi les signes de mains pour bébés, qui l’aideront beaucoup quand la frustration de ne pas pouvoir encore parler se fera sentir, ou les jeux autour des émotions…et instaurer un maximum de repères qui vont le sécuriser.

Évidemment il faut vérifier avant tout que bébé ne souffre pas d’une pathologie quelconque qui pourrait le rendre encore plus sensible à son environnement, encore plus grognon.

Il n’y a pas de recette toute faite, mais des outils qui pourront vous aider selon ce que VOUS parents aurez observé. Car c’est votre enfant qui vous signifiera le mieux ce dont il a besoin. Au début pas très clairement il est vrai, on tâtonne toujours les premiers instants. Puis on s’adapte en essayant différentes choses et en observant ce qui fonctionne le mieux.

Personnellement mes filles ont toujours eu besoin de la poussette pour dormir leurs siestes, avant 6 mois c’était obligatoirement dans l’écharpe. Pas moyen d’être allongée dans un lit, même avec le plan incliné (toutes deux ont souffert de RGO sévère). Idem pour le coucher, entre les tétées à rallonge et les bercements à bras par le papa qui fait les 100 pas dans la chambre…

Pas évident avec l’entourage…

Les personnes extérieures à votre bulle se méprennent souvent et peuvent avoir tendance à cataloguer votre BABI comme un enfant capricieux, pénible, bref difficile. On sera attentif à ne pas assimiler l’enfant à son comportement, le BABI fait ce qu’il peut avec ce qu’il a ! Ses capacités cérébrales et psychiques ne lui permettent pas (comme n’importe quel autre bébé d’ailleurs) de maîtriser seul ses émotions, d’exprimer clairement ses ressentis…

Évidemment vous allez déployer tous vos talents de parent attentif pour répondre au mieux à ses besoins, et les regards extérieurs pourront estimer que vous en faites « trop ». Combien de fois ai-je entendu que j’allaitais trop souvent mon bébé, qu’en intervenant dès qu’il pleure j’en faisais un petit chef…mais ces personnes ne se rendaient pas compte à quel point une tétée pouvait l’apaiser, à quel point mes bras pouvaient le calmer… Ce n’est pas grave, on respire et on se recentre sur son enfant, qui nous montre par ses sourires tout le bien que notre attention particulière lui apporte.

N’hésitez pas à en parler aux professionnels qui gardent votre enfant, car les personnes extérieures peuvent rapidement croire (ou vous faire croire!) que vous faites mal les choses, alors qu’au contraire vous faites tout pour accompagner au mieux ses besoins, vous êtes à l’écoute. Un BABI peut malgré tout être accueilli en collectivité. Si les personnes font preuve d’empathie, sans tomber dans l’affect et prendre les râleries et pleurs pour elles-mêmes, elles comprendront que votre enfant a des besoins particuliers et tâcheront d’y répondre au mieux. Pourquoi ne pas prêter un porte-bébé ( physiologique;-) ) à la nounou si cela peut l’aider ?! J’ai eu la chance de tomber sur une perle lorsque j’ai fait garder ma grande, BABI qui avait 9 mois à l’âge d’entrer en crèche, avec une éducatrice qui a su observer et répondre du mieux possible aux besoins de ma fille, qui plus est en pleine période d’angoisse de séparation. Elle qui découvrait la sieste dans un lit…était autorisée à rester assise afin d ‘apprivoiser son environnement et de ne pas trop souffrir du reflux allongé. Écoutez votre enfant, s’il n’est pas bien en rentrant le soir, c’est peut-être parce qu’il va ressentir une ambiance pesante chez la nounou ou dans sa crèche. En effet le moindre petit souci va prendre de l’ampleur, la nourrice qui a des soucis personnels, l’équipe de crèche qui a quelques conflits à régler, il va tout ressentir et absorber ce stress. J’ai connu une petite qui s’est ainsi métamorphosée suite à un changement de nounou, et ça n’était absolument pas le professionnalisme de cette dernière qui était en cause, mais bien ce qu’elle vivait, son père étant gravement malade la petite ressentait cette angoisse de perte planer au-dessus de ses journées.

Sujet qui fâche : la fatigue…

Soyons sincère, avoir un BABI c’est fatigant, usant. On les aime de tout notre cœur mais ils nous font puiser dans nos ressources les plus profondes. Il faut être plus qu’attentif H24… J’ai pu me rendre compte qu’il faut avoir des bases solides, au sein du couple, mais aussi en soi, pour arriver à répondre au mieux aux besoins de son BABI. Je vous avouerais que parfois quand j’entends ou je lis des familles où les petits font leurs nuits dès 2 mois, où ils dorment seuls (et dans leur lit!!!!), où les endormissements ne mettent pas 2 à 3 heures, où le parent peut faire autre chose pendant que son bébé s’éveille tranquillement sur son tapis de jeu à côté, ça me laisse rêveuse…

D’ailleurs ça n’est pas anodin si mon mari et moi avons laissé 6 ans entre nos 2 filles. On a pris le temps de bien faire les choses avec notre première, mais aussi de souffler un peu avant que notre 2ème babygirl arrive. Moi qui, avec ma BABI de 16 mois, donne parfois 10 tétés entre 21h et 9h, galère pour préparer les repas si je ne suis pas près d’elle et avec elle (allez hop dans le porte-bébé!), qui ne fait la plupart du temps que croiser mon mari sur les coups de 23h-minuit (raté pour la soirée DVD!) alors que lui s’occupait de la grande et s’est endormi de fatigue à côté d’elle…à vrai dire bien souvent le rangement et les lessives attendent patiemment, mon linge se transforme en montagne dans ma chambre, tant pis, il faut aussi revoir ses priorités, pas le choix ! Il est vrai que les rares fois où j’ai 5 minutes pour me poser je n’ai pas forcément envie de faire du repassage.

C’est pour cela qu’il est vital de trouver des moments à soi, pour soi, pour se ressourcer et ainsi continuer à accompagner notre enfant en toute bienveillance. L’énergie doit circuler, si on veut en donner à son bébé il faut pouvoir se nourrir d’énergie positive en faisant du yoga, du vélo, du bricolage, ou n’importe quelle activité qui nous fera du bien. Parfois peuvent interférer des sentiments de lassitude et de solitude. Un mélange de fatigue et d’épuisement psychologique, on se sent « vide ». On peut se sentir incompris, car savoir dans quel état on se sent quand cela fait 16 mois que l’on n’a pas dormi plus de 2 heures d’affilées, d’avoir à peine le temps d’aller aux toilettes, à moins de l’avoir soi-même vécu, c’est difficile.

L’importance d’avoir du soutien

Le partage des tâches homme-femme et père-mère est d ‘autant plus important ; même en s’aidant mutuellement c’est déjà très difficile d’être parent d’un BABI ! Alors quand on est une femme ou un homme élevant seul (e) son enfant, il faut pouvoir demander de l’aide, à son entourage, à des amis, ou sortir de cette bulle en se rendant dans des lieux comme les maisons vertes, pourquoi ne pas aller dans des réunions de PMI…et peut-être prendre de la distance avec certaines personnes si vous les trouvez dans le jugement, juste le temps que ça passe, car nous aussi, en tant que parent fatigué, nous sommes parfois comme des éponges !

Est-ce que des bébés aux besoins intenses deviennent aussi des enfants aux besoins intenses?

Il y a de grandes chances… Évidemment l’acquisition de la parole est d’une grande aide, mais vous aurez peut-être besoin d’outils pour sécuriser au maximum votre enfant. Comme les plannings et calendriers ludiques qui offrent des repères temporels, ou certaines histoires à lire le soir…

Chez un jeune bébé l’insécurité peut être physique et émotionnelle, et en grandissant, elle va devenir aussi spatio-temporelle puis relationnelle.

Ce qui n’est pas évident c’est de rester attentif et de ne pas oublier que l’on a un enfant sensible et de continuer à mettre les formes car le moindre petit sourcil levé trop haut peut prendre des proportions sous-estimées. J’ai observé aussi que ces enfants ont particulièrement besoin de compréhension et de souplesse et peuvent parfois souffrir de ce qui est établi, du système, scolaire entre autres. Ils n’aiment pas tout ce qui est enfermant, ni être mis dans des cases, et on les comprend !

Être parent d’un BABI n’est certes pas de tout repos, mais il nous permet d’explorer la relation avec son enfant encore plus intensément. Car souvent les BABI sont aussi intenses dans leurs élans d’amour que dans les pleurs ou le peu de sommeil, alors tâchons de retenir le positif, et quand on a un coup de fatigue se dire que tout finit par passer, se sentir fier de contribuer jour après jour à l’épanouissement de notre enfant!

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