Et si nous arrêtions de voir nos enfants comme des petits manipulateurs ?

Et si nous arrêtions de voir nos enfants comme des petits manipulateurs ?

Et si nous arrêtions de voir nos enfants comme des petits manipulateurs ?

On entend les adultes depuis notre plus jeune âge se dire entre eux combien il faut se méfier des enfants, ne surtout pas se laisser marcher sur les pieds, montrer qui commande, car sinon malheur à toi, il te manipulera et sera un véritable enfant-roi. Des recommandations à appliquer le plus tôt possible : dès l’âge des couches-culottes est idéal. Et une fois qu’on devient parent, on nous assomme avec les fameuses phrases : « ne le prends pas trop dans tes bras, tu vas en faire un capricieux », « Pourquoi tu ne le laisses pas pleurer ? Tu ne vois pas qu’il te manipule ? », « Arrête de céder, il te teste ! »

Mais je me suis posée une question, à savoir : pourquoi cette méfiance envers ces petits êtres ? Pourquoi autant de négativité et de craintivité ? Est-ce vraiment justifié ou sont-ce des idées préconçues ? Et si nous arrêtions tout simplement de voir les enfants comme des petits manipulateurs ?

A l’époque, nous n’avions pas la chance que nous avons aujourd’hui avec en notre possession toutes ces nouvelles recherches en neuroscience expliquant pourquoi et comment le cerveau de l’enfant est extrêmement immature.

On parle souvent de caprices quand un enfant de 3 ans crie, hurle car il est mécontent, quand il refuse de dormir seul. En réalité, ce ne sont absolument pas des caprices, loin de là. Ce sont des réactions tout à fait normales à cet âge-là. Comme je le disais plus haut, le cerveau de l’enfant est extrêmement immature, la partie du cortex qui contrôle nos impulsions ne commence à mûrir qu’entre 5 et 7 ans. En dessous de cet âge, le cerveau archaïque et émotionnel domine et l’enfant contrôle difficilement ses émotions, ses réactions : il tempête pour obtenir ce qu’il aime, il est traversé par des pleurs incontrôlées, de véritables angoisses et de très grands chagrins. Ce n’est pas le résultat d’un petit « manipulateur » mais plutôt la conséquence d’un cerveau immature. Nous adultes, possédons les capacités lorsque nous sommes envahis par des émotions de prendre du recul face à la situation, d’analyser, de réfléchir et d’agir en conséquence, ce qui est loin d’être le cas chez les enfants.

Comprendre ce cerveau immature

Extrait du livre « Pour une enfance heureuse » de Catherine Gueguen

Le cortex préfrontal chez l’enfant n’est pas du tout mature, les circuits qui relient ce cortex avec le cerveau émotionnel ne sont pas encore bien fonctionnels. Son cerveau émotionnel et archaïque sont dominants. C’est pourquoi l’enfant va réagir impulsivement soit en attaquant soit en fuyant, c’est le cerveau archaïque. L’enfant petit reçoit les émotions de plein fouet, sans filtre, sans possibilité de s’apaiser seul. Quand il est en colère, quand il est triste, angoissé, a peur, ses émotions sont extrêmement intenses, sans avoir la capacité de s’apaiser, de se consoler seul. Il ne peut pas. Quand l’entourage ne console pas l’enfant, il est en proie a des molécules de stress (cortisol, adrénaline…) très toxique pour son cerveau en développement.

Maintenant que nous connaissons un peu mieux le cerveau de l’enfant nous savons qu’un enfant n’est ni manipulateur ni capricieux car tout simplement son cerveau ne lui permet d’être autant dans le calcul. L’adulte a souvent tendance à nommer « caprice » la réaction de son enfant qu’il ne comprend pas. Un enfant qui vit de plein fouet ses émotions a réellement besoin d’un accompagnant bienveillant, empathique, lui donnant confiance en ses capacités, lui permettant de grandir, de mûrir en développant au maximum ses possibilités aussi bien au niveau intellectuel qu’affectif.

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Justine

" L'espoir qui reste à l'humanité, c'est qu'un jour les parents puissent vraiment agir dans l'intérêt des enfants, qu'ils deviennent assez conscients pour être du côté de l'enfant et pour l'aider à se développer dans la liberté, l'intelligence et l'amour " A.S Neill

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