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Parentalité positive

10 phrases qu’un enfant ne devrait jamais entendre

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« La façon dont nous parlons à nos enfants, devient leur petite voix intérieure » – Peggy O’mara

Voilà une citation qui me parle beaucoup, encore plus aujourd’hui après un dérapage. Entre le repas à préparer, les demandes incessantes, les cris perçants, les questions pour savoir ce que les dinosaures aiment manger, les disputes car les trois veulent la même feuille blanche alors qu’une pile est à disposition, j’ai éclaté : « STOP ! Sortez, maintenant et laissez-moi tranquille! » Les yeux écarquillés de mes enfants m’ont fait comprendre instantanément que j’aurais aimé remettre ces mots dans ma bouche.

Même lorsque nous cherchons à pratiquer une pédagogie positive, nous sommes pour beaucoup chargés, imprégnés de notre passé. On s’imagine devenir un jour un parent parfait, mais ce parent-là n’a pas d’enfant. Nous disons tous de mauvaises choses parfois, laissant nos enfants se sentir blessés, en colère ou confus.

Voici une liste comprenant 10 phrases qu’un enfant ne devrait jamais entendre

10 fautes verbales les plus courantes que font les mamans et les papas (et pas que!) afin de pouvoir s’améliorer.

« Tu es méchant »

Lorsqu’on dit à son enfant « tu es méchant », on lui colle une étiquette qui restera probablement très longtemps en lui. On l’empêche de se définir lui-même. Il se construit avec l’idée que c’est lui, que c’est son rôle.

De plus, cette phrase est très agressive. De façon générale, lorsqu’on commence une phrase par « tu » au lieu de « je », elle a tendance à glisser vers des jugements, dévalorisations, etc… : « Tu es vraiment pénible », « Tu veux toujours, tout de suite! » On peut modifier cette phrase en parlant plutôt de soi : « Je vois que… », « Je trouve que… »

Cette façon de faire ne pourra jamais faire avancer une situation positivement. Peut-être pour l’adulte, mais l’enfant en sortira cassé. Il vaut mieux parler du comportement plutôt que de l’enfant de façon général.

Lire: Catherine Gueguen, pédiatre : « Arrêtons de dire aux petits « t’es pas gentil » ! »

« Arrête de pleurer »

Quand nous disons à notre enfant d’arrêter de pleurer, nous lui disons indirectement que ce n’est pas bien de ressentir ce qu’il ressent. Nous jugeons ses émotions, nous lui disons: «Tes sentiments n’ont pas d’importance». Dire aux enfants qu’ils pleurent «sans raison» ne fait que transmettre que les émotions qu’ils ressentent au fond d’eux sont indignes de larmes.

Quand nous disons à nos enfants ce qu’ils doivent ressentir, comment se sentir et quand ressentir, nous leur apprenons à enterrer leurs vraies émotions. Le problème avec cette «leçon» est que les émotions supprimées créent une fosse sans fond de sentiments réels qui ont si désespérément besoin de sortir; cette fosse sera toujours là à l’âge adulte et ainsi de suite. Invalider les sentiments de nos enfants est frustrant pour eux.

A la place, vous pouvez lui dire : « Tu as le droit de pleurer, si cela te fait du bien », « Qu’est-ce que tu ressens dans ton coeur, qui te rend si triste? »

« Pourquoi tu n’es pas comme ton frère/ta sœur »

Même si cela semble assez inoffensif, c’est un piège pour les parents. Lorsqu’on utilise ce genre de comparaison entre deux membres d’une même fratrie, c’est extrêmement blessant et cela peut créer une véritable rivalité fraternelle, en attisant les flammes entre vos deux enfants.

Rappelez-vous que votre enfant est lui-même, unique avec ses propres qualités. Chaque enfant a son propre rythme, son tempérament et sa personnalité. Comparer votre enfant à quelqu’un d’autre implique que vous souhaitez que le vôtre soit différent.

On peut avoir tendance à comparer son enfant à un-e cousin-e, un-e ami-e… mais la comparaison ne permet pas de changer un comportement. Être poussé à faire quelque chose pour lequel il n’est pas prêt (ou n’aime pas le faire) peut être déroutant pour un petit enfant et peut miner sa confiance en lui.

« Laisse-moi tranquille »

Quel parent n’a jamais eu envie d’une pause, même de temps en temps ? Pourtant, même si cette pause comporte des avantages, cela devient un problème lorsque nous disons régulièrement à notre enfant : « ne me dérange pas » ou « je suis occupé ».

Il intériorise ce message et commence à penser qu’il ne sert à rien de venir vous parler parce que vous le rejetez. Si vous établissez ce mode de fonctionnement lorsque vos enfants sont petits, ils peuvent être moins susceptibles de vous dire des choses à mesure qu’ils vieillissent.

Dès l’enfance, les enfants devraient prendre l’habitude de voir leurs parents prendre du temps pour eux-mêmes. Passez le relais (si vous le pouvez), que ce soit à une assistante maternelle, une coopérative de garde d’enfants, de la famille ou des amis de confiance pour que vous puissiez vous détendre et vous ressourcer.

« Les filles/les garçons ne font pas ça »

Les stéréotypes de genre commencent jeunes, et ça car on nous l’apprend dès le berceau. De ce fait, ceci est ancré dans nos comportements, réactions et même notre vocabulaire. Un enfant est un enfant alors laissez-le être lui, juste lui, sans lui imposer l’image de ce que nous pensons qu’il devrait être.

Entre 0 et 3 ans, les enfants n’ont aucun préjugé genré. Les garçons peuvent pleurer, prendre soin des autres, être affectueux, être doux… Les filles peuvent être meneuses, fortes, bruyantes, sales…

Laissez les enfants décider eux-mêmes !

« Attendez que papa/maman arrive, je lui dirai »

Cette erreur commune des parents – ou des proches – est un double coup dur. Cela inspire de l’anxiété et de la peur chez votre enfant – surtout de la personne à qui vous allez raconter ce qui vient de se passer, et cela montre que vous êtes incapable de gérer votre enfant ou le problème. L’enfant se retrouve pris au piège et cela le contraint à se soumettre. La soumission n’a jamais aidé à grandir, au contraire, elle crée beaucoup de frustration et nourrit la colère intérieure.

Aussi, rappelez-vous qu’il y a beaucoup de choses que votre enfant peut faire involontairement ou de manière irresponsable à cause de son cerveau immature et la domination de son cerveau archaïque.

Laissez votre enfant prendre possession de ses erreurs et actions, mais faites-le avec respect.

« Arrête d’être timide »

L’une des meilleures façons de pousser un enfant vers un trouble anxieux est de le harceler en lui disant d’arrêter d’être timide et de le forcer à dire bonjour aux personnes avec qui il se sent mal à l’aise. Et quand l’exhortation parentale inclut un ordre d’embrasser, serrer dans ses bras ou même serrer la main, le message envoyé est: « Ton corps et tes limites n’ont aucun sens et peuvent être annulés par quiconque a plus d’autorité que toi ».

Ce qui aide la timidité, c’est la pratique, le soutien et la préparation. Les enfants timides feront de leur mieux s’ils savent ce qui va se passer et se sont entraînés à être accueillants avec une salutation, même dire « bonjour », un signe de main plutôt qu’un contact physique qu’il ne désire pas.

« Non »

Les enfants entendent le mot «non» trop souvent alors que leur cerveau immature ne leur permet pas de comprendre les formulations négatives. De plus, le « non » est culpabilisant pour l’enfant et une fois de plus, nous lui faisons honte.

Vous pouvez toujours reformuler la phrase d’un négatif à un positif, ce qui corrigera le comportement sans paraître critique. Entraînez-vous à dire ce que vous voulez qu’ils fassent au lieu de ce que vous ne voulez pas. Donc, vous pouvez dire « Marche, s’il te plaît » au lieu de « Ne cours pas ». En donnant une règle simple et claire à l’enfant, on aura toutes nos chances pour qu’elle soit respectée.

Si le « non » est inévitable, essayer d’utiliser en alternative « stop », qui est nettement plus efficace.

Lire: Pourquoi devons-nous dire STOP plutôt que NON ?

« C’est rien, tu vas bien! »

Une éraflure peut sembler sans importance pour l’adulte et nous pouvons user de phrases maladroites, comme : « Ce n’est rien », « sèche vite tes larmes », « ce n’est qu’un petit bobo » mais comme le disait Maria Montessori : « Dire à un enfant qui a mal que ce n’est rien revient à l’embrouiller, car on nie son impression alors que justement, il en cherche la confirmation auprès de nous. »

Après être tombé l’enfant peut avoir besoin de se décharger par les pleurs, les rires ou d’autres formes encore. Entraver ce processus naturel en l’empêchant de pleurer revient à l’empêcher d’être triste ou de souffrir. L’essentiel est de faire preuve d’empathie en recueillant ses émotions : « As-tu eu peur? », « Où as-tu mal? Je vais voir ce que tu as et vais m’occuper de toi ».

« Tu n’as aucune raison d’avoir peur »

Parfois, nous ne comprenons pas ce qui effraie notre enfant alors on a tendance à lui dire, comme pour le rassurer : « N’aies pas peur », « Tu es grand, tu n’as aucune raison d’avoir peur ». En réalité, ces expressions disent à l’enfant : Tu n’as pas le droit à cette émotion. Elle n’est pas utile.

Lorsque votre enfant vous dit : « J’ai peur du fantôme », ne cherchez pas à nier son émotion et ses ressentis. Il a besoin d’être accompagné : confirmez sa peur, aidez-le à verbaliser sa crainte puis rassurez-le : « Veux-tu un câlin? », « Tu as le droit d’avoir peur et je suis là pour toi ».

Un super article sur la parentalité positive

" L'espoir qui reste à l'humanité, c'est qu'un jour les parents puissent vraiment agir dans l'intérêt des enfants, qu'ils deviennent assez conscients pour être du côté de l'enfant et pour l'aider à se développer dans la liberté, l'intelligence et l'amour " A.S Neill

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6 Comments

6 Comments

  1. Virginie

    13 février 2018 at 17 h 27 min

    D’accord et pas d’accord… je suis de plus en plus « zen » avec ma fille et je fais attention à ce que je dis ou fais, j’arrive a me canaliser, je pratique, je pense, une éducation bienveillante. Mais je trouve que les articles sur le sujet sont parfois poussés à l’extrême, et culpabilise les parents. Il y a des limites à tout… et je ne pense pas que, vouloir prendre pour soit une petite heure dans la journée et demander à son enfant un peu de tranquillité soit traumatisant pour lui… nous sommes humains. Et nous ne pouvons pas analyser chaque mot avant de le sortir… donc oui pour s’améliorer, mais non aux listes de ce type… c’est mon point de vue, il n’engage que moi.

    • Justine

      14 février 2018 at 8 h 40 min

      Ce qui m’attriste profondément, c’est que vous avez visiblement survolé mon article (ou alors mal compris ce que j’ai voulu dire ?) car ce que j’ai écrit est tout le contraire de ce que vous dites.. Reprenons ensemble ce passage, si vous le voulez bien :

      « Laisse-moi tranquille »

      Quel parent n’a jamais eu envie d’une pause, même de temps en temps ? Pourtant, même si cette pause comporte des avantages, cela devient un problème lorsque nous disons régulièrement à notre enfant : « ne me dérange pas » ou « je suis occupé ».

      Il intériorise ce message et commence à penser qu’il ne sert à rien de venir vous parler parce que vous le rejetez. Si vous établissez ce mode de fonctionnement lorsque vos enfants sont petits, ils peuvent être moins susceptibles de vous dire des choses à mesure qu’ils vieillissent.

      Dès l’enfance, les enfants devraient prendre l’habitude de voir leurs parents prendre du temps pour eux-mêmes. Passez le relais (si vous le pouvez), que ce soit à une assistante maternelle, une coopérative de garde d’enfants, de la famille ou des amis de confiance pour que vous puissiez vous détendre et vous ressourcer.

      Il est pourtant clair que j’encourage les parents à prendre dès que possible un temps pour eux. Comme je l’ai bien souligné, c’est lorsque cette expression est utilisé régulièrement. Dans l’intro, je dis moi-même que c’est une erreur que je fais et je me remets en question. Donc, où est la culpabilisation ? Je ne prétends pas un seul instant « être parfaite », ne pas faire d’erreurs. Au contraire, je le dis, je l’assume c’est comme cela que je peux changer de cap et améliorer ma parentalité.

  2. Virginie

    13 février 2018 at 17 h 27 min

    Oui à l’amour, la remise en question, la bienveillance mais aussi… à l’authenticité !

  3. Evan BOISSONNOT

    13 février 2018 at 21 h 07 min

    Bonjour Justine

    Je vous remercie pour cet article.
    Grâce à lui, nous avons nos objectifs, nos buts à atteindre.

    Il existera des hauts, des bas, pour y arriver, mais petit à petit, si on les garde comme vision, comme montagne à gravir, nous y arriverons.

    Par exemple, ne jamais dire à son enfant qu’il est timide (je suis contre les étiquettes négatives données aux enfants : https://www.papa-et-patron.fr/non-mon-enfant-nest-pas-timide/

    Par contre, je reviendrai sur un point : être bienveillant envers son enfant, c’est aussi et avant tout être bienveillant envers soi, donc prendre du temps pour soi.
    C’est essentiel, si l’on ne veut pas exploser.

    Au plaisir
    Evan

  4. Barbara MBA

    13 février 2018 at 22 h 29 min

    Tu n’y es pas du tout. En aucun moment les conseils donnés par les auteurs de cet article, se boivent comme de l’eau. En aucun moment il est question de faire du théâtre ou de se sentir peu AUTHENTIQUE envers nos bout’chou.
    Moi je trouve que c’est bien qu’il y ai des blogs comme ça pour nous orienter,nous guider dans nos façons de faire.
    Car oui c humain de déraper et ça nous arrive tout le temps .et ce qui à nous ADULTES nous parait anodin, chez nos bout’chou par contre,peut retentir assez violemment dans leur petit cerveau qui découvre la vie.

  5. Martine

    14 février 2018 at 3 h 27 min

    Virginie : je pense que le « laisse moi tranquille » c’est si c’est tout le temps !
    Je suis bien d’accord avec toi pour ce sui est d’avoir du temps pour soi. Moi je le dis aux enfants en leur demandant d’être autonomes à ce moment là. Parce que j’ai besoin d’un moment pr moi. Mais que je reste disponible en cas d’urgence.
    Mais une fois ce moment fini, je partage des moments avec eux…

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