Pourquoi devons arrêter de considérer les enfants comme « mignons » ?

Nous devons essayer d’arrêter de considérer les jeunes enfants comme « mignons ». Je veux dire par là que nous devrions essayer d’être plus conscients de ce qui nous fait réagir chez les enfants et de distinguer les réactions authentiques, respectueuses et qui visent à améliorer la vie, de celles qui sont condescendantes ou sentimentales. Notre réaction face à un enfant est authentique lorsque nous réagissons aux qualités de cet enfant qui sont non seulement des qualités humaines réelles mais également précieuses, que nous souhaiterions retrouver à tout âge. Il est condescendant de réagir à des qualités qui nous permettent de nous sentir supérieurs à l’enfant. Il est sentimental de réagir à des qualités qui n’existent pas chez l’enfant mais seulement dans certaines visions ou théories que nous avons sur les enfants.

En considérant les enfants comme mignons, nous réagissons à de nombreuses qualités qui, comme par un instinct sain, nous plaisent à juste titre. Les enfants ont tendance à être, entre autres, sains, énergiques, rapides, dynamiques, vifs, enthousiastes, pleins de ressources, intelligents, intenses, passionnés, optimistes, confiants et indulgents. Ils peuvent se montrer très en colère mais, contrairement à nous, ne gardent pas de rancune tenace. Surtout, ils ont une grande capacité à éprouver du plaisir, de la joie et du chagrin. Mais nous ne devrions pas considérer ces qualités ou vertus comme « puériles » c’est-à-dire comme étant propres aux enfants. Ce sont des qualités humaines. Il est tout à fait sage de les valoriser chez les personnes de tous âges. Quand nous considérons ces qualités comme puériles et réservées aux enfants, nous les invalidons et donnons l’impression que grandir revient à devenir trop vieux pour les conserver. Nous nous excusons donc de perdre, sans y prêter garde, ce que nous aurions dû conserver à tout prix. Pire encore, nous enseignons cette leçon aux enfants. Parmi les enfants de 10 ans brillants et accomplis que j’ai rencontrés, la plupart avaient certes gardé la curiosité de leur jeune âge, mais avaient appris à en avoir honte et à s’en cacher. Seuls les « jeunes enfants » passaient leur temps à poser des questions idiotes. Être adulte, c’était être froid, impassible, indifférent, insensible, invulnérable. Peut-être apprend-on cela davantage aux hommes qu’aux femmes ; peut-être autorise-t-on traditionnellement davantage ces dernières à se comporter comme des enfants, ce qu’elles doivent veiller à ne pas perdre.

Si nous pouvons réagir de manière authentique à de nombreuses qualités des enfants, nous réagissons trop souvent avec condescendance ou sentimentalité à beaucoup d’autres. Nous réagissons avec condescendance à leur petitesse, leur faiblesse, leur maladresse, leur ignorance, leur inexpérience, leur incompétence, leur impuissance, leur dépendance, leur démesure et leur manque de notion du temps ou des proportions. Et nous réagissons avec sentimentalité à des notions inventées concernant leur bonheur, leur insouciance, leur innocence, leur pureté, leur asexualité, leur bonté, leur spiritualité et leur sagesse. Ces notions sont pour la plupart absurdes. Les enfants ne sont pas particulièrement heureux ou insouciants ; ils nourrissent autant d’inquiétudes et de craintes – souvent les mêmes – que bon nombre d’adultes. Ce qui leur donne cette apparence de bonheur, c’est leur énergie et leur curiosité, leur implication dans la vie ; ils ne perdent pas de temps à se morfondre. Les enfants sont tout ce qu’il y a de plus éloigné au monde de la spiritualité. Ils ne sont pas abstraits, mais concrets. Ce sont des animaux et des sensualistes ; pour eux, ce qui leur fait du bien est bon. Ils sont auto-centrés et égoïstes. Ils ont du mal à se mettre à la place d’autrui et à imaginer ce qu’il ressent. Cela les rend souvent indélicats et parfois cruels, mais qu’ils soient gentils ou cruels, généreux ou cupides, ils sont toujours aussi impulsifs, sans suivre un plan ou des principes. Ce sont des barbares, des primitifs, qui nous rendent souvent sentimentaux. Certaines des choses (qui ne sont pas des matières scolaires et ne peuvent pas être « enseignées ») que les enfants ne connaissent pas, mais découvrent avec le temps et la vie sont des choses qu’ils ont intérêt à savoir. Grandir et vieillir ne sont pas toujours, pas seulement ou pas nécessairement un déclin et une défaite. Une partie de leur compréhension et de leur sagesse qui peuvent venir avec le temps est bien réelle ; c’est pour cette raison que les enfants sont attirés par l’autorité naturelle d’un adulte qui réagit de façon authentique et respectueuse.

Nous réagissons trop souvent avec condescendance ou sentimentalité.

Un jour, alors que je me trouvais avec plusieurs centaines de personnes dans l’auditorium d’un collège préuniversitaire, nous avons entendu à l’extérieur du bâtiment les cris passionnés d’un jeune enfant. Presque tout le monde a souri, gloussé ou ri. Peut-être y avait-il quelque chose de légitimement comique dans le fait qu’un enfant soit capable, même involontairement, d’interrompre les pensées et les propos prétendument importants de tous ces adultes.

Mais au-delà de cela, il y avait autre chose : il y avait cette croyance qui veut que les sentiments, souffrances et passions des enfants ne soient pas réels et ne doivent pas être pris au sérieux.

Si nous avions entendu à l’extérieur du bâtiment la voix d’un adulte pleurant de douleur, de colère ou de tristesse, nous n’aurions pas souri ou ri ; nous aurions été figés d’étonnement et de terreur. La plupart du temps, lorsqu’il ne s’agit pas d’une distraction indésirable ou d’une nuisance, les pleurs des enfants nous semblent amusants. Nous nous disons : « ça recommence, les enfants pleurent pour tout et n’importe quoi ». Mais il n’y a rien d’amusant dans les pleurs d’un enfant. Tant qu’il n’a pas appris auprès des adultes à jouer de sa puérilité et de sa mignonnerie, un jeune enfant ne pleure pas pour des raisons insignifiantes, mais par nécessité, de peur ou de douleur.

Une fois, alors que j’arrivais dans un aéroport, j’ai vu juste devant moi une fillette d’environ sept ou huit ans. Alors qu’elle se pressait sur le tapis roulant, elle a trébuché et est tombée. Elle ne s’est pas blessée, s’est rapidement relevée et a continué son chemin. Mais en regardant autour de moi, j’ai vu sur les visages de tout le monde des sourires indulgents et des expressions signifiant « N’est-ce pas mignon ? ». Si c’était un adulte qui était tombé, ils n’auraient pas trouvé cela amusant ou mignon, mais auraient craint qu’il ne se soit fait mal ou qu’il ne se sente gêné.

Il n’y a rien d’amusant dans les pleurs d’un enfant

Le problème avec la sentimentalité – ce qui explique pourquoi elle conduit toujours à l’insensibilité et à la cruauté –, c’est qu’elle est abstraite et irréelle. Nous regardons les vies, les préoccupations et les problèmes des enfants comme si nous regardions des acteurs sur une scène, comme s’il s’agissait d’une comédie, tant que cela ne devient pas une nuisance. Ainsi, puisque leurs sentiments et leur douleur ne sont ni sérieux ni réels, toute douleur que nous pouvons leur causer n’est pas réelle non plus. En cas de conflit d’intérêts avec nous, ils doivent céder  ; seuls nos besoins sont réels. Ainsi, lorsqu’un adulte veut, pour son propre plaisir, câliner et embrasser un enfant alors que son étreinte lui est désagréable ou effrayante, cela revient à dire que les sentiments irréels de l’enfant ne comptent pas et que seuls les vrais besoins de l’adulte comptent. Quelqu’un qui traite un enfant comme une poupée vivante lorsqu’il se sent bien peut le traiter comme une poupée sans vie lorsqu’il se sent mal. Les « petits anges » deviennent rapidement des « petits diables ».

Même dans les familles heureuses où les enfants ne se jalousent pas entre eux, ne sont pas en compétition pour obtenir attention et approbation, et s’entendent plutôt bien, ils ne se considèrent pas comme mignons et ne nourrissent pas plus de sentimentalité à l’égard des plus jeunes enfants. Les aînés dans les familles heureuses peuvent se montrer très tendres et attentionnés envers les plus petits. Mais ces enfants plus âgés ne se racontent pas d’histoires et ne croient pas à la pureté et à la bonté des jeunes enfants. Ils savent pertinemment que les jeunes enfants sont plus petits, plus maladroits, plus ignorants, ont davantage besoin d’aide et sont généralement moins raisonnables et plus pénibles. Parce que les enfants ne se considèrent pas comme mignons, ils semblent souvent plus durs entre eux que nous ne le serions à leur place. Ils sont directs et impitoyables. Mais dans l’ensemble cette franchise, qui accepte l’autre comme une personne à part entière, même si elle n’est pas toujours ou pas complètement approuvée, est moins préjudiciable aux enfants que la façon dont bon nombre d’adultes les traitent.

La majorité de ce que nous considérons comme mignon chez les enfants n’est ni la force ni la vertu, qu’elles soient réelles ou imaginaires, mais la faiblesse, une qualité qui nous donne du pouvoir sur eux ou qui nous aide à nous sentir supérieurs. Ainsi, nous pensons qu’ils sont mignons en partie parce qu’ils sont petits. Mais qu’y a-t-il de mignon à être petit ? Les enfants le comprennent très bien. Ils ne sont pas du tout sentimentaux à propos de leur petite taille. Ils préféreraient être grands à petits et veulent devenir grands le plus vite possible.

Que ressentirions-nous par rapport aux enfants, comment réagirions-nous et comment les traiterions-nous s’ils atteignaient leur taille adulte au cours des deux ou trois premières années de leur vie ? Nous ne pourrions plus les utiliser comme des objets d’affection, des esclaves ou notre propriété. Nous n’aurions aucun intérêt à encourager leur impuissance, leur dépendance et leur puérilité. Comme ils seraient grands physiquement, nous voudrions qu’ils grandissent à d’autres niveaux. De leur côté, ils voudraient devenir libres, actifs, indépendants et responsables le vite possible, et comme ils auraient atteint leur taille adulte et ne pourraient plus être utilisés comme des poupées vivantes ou des super animaux de compagnie, nous ferions de notre mieux pour les aider en ce sens.

Autre scénario : imaginons que la taille des humains varie autant que chez les chiens, avec des adultes pouvant mesurer de 30 cm à 2 m. Dans ce cas, nous ne considérerions pas la petite taille des enfants comme quelque chose de mignon. Il s’agirait tout simplement d’un état, au même titre qu’une pilosité plus ou moins développée ou une corpulence plus ou moins forte. Le fait que quelqu’un soit petit ne serait pas un indicateur nous incitant à éprouver tel ou tel sentiment ou à porter des jugements importants sur son caractère ou le type de relations que nous pourrions entretenir avec lui.

Les enfants ne se considèrent pas comme mignons.

Une autre qualité que l’on retrouve chez les enfants et qui nous donne à penser qu’ils sont mignons, nous fait sourire ou nous donne les larmes aux yeux, c’est leur « innocence ». Qu’entendons-nous par là ? Cela signifie en partie qu’ils sont ignorants et inexpérimentés. Mais loin d’être une bénédiction, l’ignorance est un malheur. Les enfants ne sont pas plus sentimentaux à propos de leur ignorance qu’ils ne le sont à propos de leur taille. Ils veulent échapper à leur ignorance et savoir ce qui se passe ; et nous devrions nous réjouir de les y aider s’ils nous le demandent et si nous le pouvons. Mais l’innocence des enfants signifie implique autre chose : leur espoir, leur optimisme, leur assurance, leur confiance, leur sentiment que le monde leur est ouvert, que la vie propose de nombreuses possibilités, qu’ils peuvent découvrir ce qu’ils ne connaissent pas, qu’ils peuvent apprendre ce qu’ils ne savent pas faire. Ce sont des qualités précieuses pour chacun d’entre nous. Quand nous les considérons comme « innocents » et n’attribuons cette innocence qu’aux enfants, comme s’ils étaient trop idiots pour mieux savoir, nous essayons seulement d’excuser notre désespoir et notre désarroi.

Aujourd’hui, dans le jardin public de Boston, j’ai observé, comme souvent, des bébés qui apprenaient à marcher. Je me disais que leur maladresse, leur équilibre précaire et leurs hésitations étaient mignons. Puis j’ai essayé de les observer avec un état d’esprit différent. Car il n’y a rien de mignon dans leur maladresse, pas plus que dans leur petite taille. Tout adulte qui aurait autant de mal à marcher qu’un jeune enfant et qui y parviendrait si difficilement serait considéré comme lourdement handicapé. Nous nous abstiendrions certainement de sourire, glousser ou rire devant ses efforts – et nous aurions raison d’agir ainsi. C’est ce que je me suis dit en observant ces enfants. Et, comme cela m’arrive souvent lorsque je vois un très jeune enfant concentré et absorbé par ce qu’il fait et que je suis tenté de le considérer comme mignon, je me suis rappelé ceci : « Cet enfant n’essaie pas d’être mignon, il ne se considère pas comme mignon et il ne veut pas être considéré comme mignon. Il met autant sérieux dans ce qu’il est en train de faire que n’importe quel être humain et il veut être pris au sérieux. »

Qu’y a-t-il de mignon à être petit ?

Mais il y a quelque chose de très attirant et excitant dans l’observation des enfants qui apprennent à marcher. Ils y arrivent très mal, cela leur est clairement difficile et, aux yeux de l’enfant, cela peut même s’avérer dangereux. Nous savons qu’il ne se fera pas mal en tombant, mais il ne peut pas le savoir et, quoi qu’il arrive, il n’aime pas tomber. La plupart des adultes et même des enfants plus âgés cesseraient immédiatement d’essayer de faire quelque chose qui soit aussi pénible que l’apprentissage de la marche pour un jeune enfant. Pourtant, l’enfant continue. Il est tellement déterminé, il déploie tellement d’efforts et il est tellement enthousiaste que son apprentissage de la marche n’est pas qu’un effort et une lutte, mais aussi une aventure joyeuse. En observant cette aventure, qui n’en est pas moins un miracle sous prétexte que nous y sommes tous parvenus, j’essaie de réagir à la détermination, au courage et au plaisir de l’enfant, et non à sa petite taille, sa faiblesse et son incompétence. Si une voix intérieure me dit « Oh, ne serait-il pas agréable de prendre ce petit enfant dans les bras pour le câliner et l’embrasser », je réponds : « Non, non et non ! Cet enfant ne veut pas être pris dans les bras, câliné ou embrassé, il veut marcher. Il ne sait pas ou se moque de savoir si je l’aime ou pas, il ne marche pas pour susciter mon approbation ou mon bonheur ni même ceux de ses parents, mais pour lui-même. C’est son moment. N’essaye pas de le transformer en acteur de ton moment. Laisse-le tranquillement continuer son travail. »

Nous pensons souvent que plus un enfant met de détermination et de sérieux dans ce qu’il fait, plus il est mignon. Dans notre esprit, nous lui disons : « Tu penses que ce que tu fais est important, mais nous savons que ce n’est pas le cas ; comme tout ce que tu prends au sérieux dans ta vie, cela est insignifiant. » Nous lui sourions tendrement en tapotant soigneusement son pâté de sable. Nous pensons que sont pâté de sable n’a rien de sérieux et que tous les efforts qu’il y consacre ne sont qu’une perte de temps (même si nous pouvons lui dire d’une voix mielleuse que c’est un beau pâté de sable). Mais il ne sait pas tout cela ; dans son ignorance, il est aussi sérieux que s’il faisait quelque chose d’important. Quelle satisfaction cela nous donne de savoir mieux.

Nous avons tendance à penser que plus un enfant affiche ouvertement son ignorance et son incompétence, plus il est mignon. Nous apprécions leur dépendance et leur impuissance. Ce sont des objets d’aide autant que des objets d’affection. Les enfants qui agissent avec compétence et intelligence ne nous semblent généralement pas aussi mignons. Ils sont susceptibles de nous déranger et de nous menacer. Nous n’aimons pas voir un enfant agir d’une manière qui nous empêche de le regarder de haut ou d’imaginer qu’il dépend de notre aide. Cela se vérifie bien sûr à l’école. Lorsqu’un enfant sait des choses que les enseignants ignorent, il peut se trouver en difficulté. Nous savons également à quel point les écoles et les enseignants de CP détestent que les enfants arrivent à l’école en sachant déjà lire. Comment l’école va-t-elle lui apprendre à lire dans ce cas ? Lorsque nous voyons un jeune enfant réussir parfaitement quelque chose, nous sommes enclins à penser que quelque chose ne va pas chez lui. Il est trop précoce, il est spécial, il va avoir des problèmes un jour ou l’autre, il « se comporte comme un adulte », il a « perdu son enfance ». Nombreux sont ceux qui ont réagi de cette façon face aux élèves extraordinairement compétents du professeur de violon japonais Suzuki. Et je me souviens de ce que m’a raconté le sociologue Omar K. Moore : la première fois qu’il a montré que de nombreux enfants de trois ans à qui il avait confié certains types de machines à écrire pour qu’ils les utilisent et les expérimentent étaient capables d’apprendre à lire très rapidement par eux-mêmes (alors qu’ils n’étaient pas censés disposer de l’acuité visuelle, de la coordination ou de la capacité mentale nécessaires), il a reçu un flot de lettres indignées et furieuses l’accusant de maltraiter les enfants.

Les enfants n’aiment pas être incompétents, pas plus qu’ils ne veulent être ignorants. Ils veulent apprendre à faire – et à bien faire – les choses qu’ils voient faire par les grandes personnes autour d’eux.

par John Holt

Extrait de Escape from Childhood: The Needs and Rights of Children (S’évader de l’enfance : les besoins et les droits des enfants). New York : Ballantine Books, 1974.

Traduit par Annabelle.M pour Oummi Materne.

Article original : « On seeing children as « cute » »

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