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Périnatalité

Petit bassin? Gros bébé? Tout savoir sur la disproportion céphalopelvienne

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Petit bassin? Gros bébé? Tout savoir sur la disproportion céphalopelvienne

« Tu es toute fine. Tu vas avoir une césarienne ? »

« Ton ventre est énorme ! Tu vas sûrement avoir un gros bébé. Tu es sûre qu’il va réussir à sortir ? »

Si vous êtes plutôt petite et/ou fine, si vous attendez un grand bébé ou s’il s’agit de votre première grossesse, vous allez certainement entendre beaucoup de choses sur les bébés qui sont trop gros pour passer par le bassin ou le canal de naissance.

Lorsqu’un bébé ne peut pas passer par le bassin, on parle de DCP, disproportion céphalopelvienne. Même si ce terme est fréquemment utilisé, les cas avérés de DCP sont plutôt rares.

Aux XVIIIe et XIXe siècles, la malnutrition, à l’origine du rachitisme, et les maladies telles que la polio provoquaient des anomalies pelviennes. Ces anomalies pelviennes rendaient la disproportion céphalopelvienne relativement courante ; la DCP conduisait alors à la mort du bébé lors de l’accouchement. Avec l’amélioration de notre alimentation et de notre style de vie, ces anomalies pelviennes sont devenues rares.

Aujourd’hui, les cas avérés de disproportion céphalopelvienne sont peu fréquents. Pour presque chaque naissance, le bassin se détend et bouge pour faire de la place au bébé.

Dans les rares cas de DCP, il s’agit souvent d’anomalies congénitales ou de blessures graves, telles qu’une fracture du bassin survenue lors d’un accident de la route.

Mais si la DCP est si rare, pourquoi en parle-t-on autant ?

Malheureusement, si notre mode de vie a contribué à la diminution du taux d’anomalies pelviennes, notre culture de la naissance fait désormais la part belle aux pratiques qui ne sont pas fondées sur les preuves.

Ce type de pratique a abouti à de nombreux cas supposés de disproportion céphalopelvienne, ce qui laisse croire qu’il s’agit d’un problème courant. Ces cas supposés, qui n’ont pas été véritablement diagnostiqués, sont généralement dus à d’autres facteurs, tels qu’une progression interrompue, qui traduit souvent une simple impatience.

Si vous êtes préoccupé par la disproportion céphalopelvienne, sachez que la recherche a montré qu’il est presque impossible de diagnostiquer la DPC avant le début du travail. Sauf en cas de blessure pelvienne ou d’anomalie congénitale, il est assez difficile de prédire le risque de DCP avant le travail.

Même en cas de sérieuse inquiétude concernant la disproportion céphalopelvienne, il n’est généralement pas contre-indiqué d’attendre le travail spontané. Vous pouvez vous mettre en travail naturellement, et la mère et le bébé peuvent ainsi tirer parti de la certitude que le bébé est prêt à naître.

Avec tout ce que l’on entend sur les bébés « qui ne peuvent pas sortir », il peut sembler normal de s’inquiéter.

Voici 3 informations que vous devez connaître sur la naissance et la disproportion céphalopelvienne :

Information n°1 – Ni votre bassin ni la tête de votre bébé ne sont des éléments fixes.

Le bassin n’est pas un os solide. Il est composé de plusieurs os maintenus ensemble par des ligaments. Pendant la grossesse, votre corps libère une hormone appelée relaxine. Sa libération provoque le relâchement des ligaments et des articulations pour faciliter le passage du bébé dans le canal de naissance. C’est cette hormone qui peut vous donner une sensation de faiblesse et d’inconfort au niveau des articulations en fin de grossesse.

Le crâne du bébé est constitué d’os séparés qui permettent à la tête de s’adapter et de passer par le canal de naissance. Ces os distincts, pas encore fusionnés, expliquent pourquoi le crâne d’un bébé possède des « endroits mous » que l’on appelle fontanelles.

Information n°2 – Votre position fait toute la différence

Le fait d’être allongée sur le dos ou en position semi-allongée lors de l’accouchement peut réduire les mensurations du bassin de 30% ! Lorsqu’il faut accoucher, 30%, cela peut faire la différence. S’accroupir, s’allonger sur le côté ou se mettre à quatre pattes peut créer un espace optimal pour que le bébé puisse descendre.

Information n°3 – La position du bébé est importante

Un bébé est fait pour descendre et passer par le canal de naissance. Il participe activement à la naissance en bougeant et en passant par le bassin. Parfois, le bébé n’est pas en position optimale, ce qui complique le travail ; il peut même être impossible pour le bébé de passer par le canal de naissance. Dans de nombreux cas, différentes choses peuvent être faites pour favoriser le positionnement optimal du fœtus afin de faciliter l’accouchement par voie basse. Si le bébé ne parvient tout simplement pas à se mettre dans la bonne position, une césarienne peut s’avérer nécessaire. Dans ce cas, un diagnostic approprié de mauvais positionnement, et non de disproportion céphalopelvienne, peut aider la maman à envisager un accouchement par voie basse après une césarienne.

Est-ce qu’un diagnostic antérieur de DCP implique une césarienne ?

De nombreux cas de DCP sont en réalité supposés, et non diagnostiqués correctement. Examinez votre dossier médical et discutez-en avec un professionnel de santé pour comprendre pourquoi une disproportion céphalopelvienne est suspectée.

En l’absence d’anomalies pelviennes, dans la mesure où le bassin n’est pas un os unique fixe, il peut présenter des mensurations différentes d’un accouchement à l’autre.

Connaître la position du bébé peut également aider à comprendre pourquoi le travail n’a pas progressé. Le bébé présentait-il des ecchymoses ou des déformations indiquant que sa tête était inclinée ou fléchie ? Dans quelle position étiez-vous lors du travail et des poussées ?

Retours d’expérience de sages-femmes australiennes sur la disproportion céphalopelvienne  :

« J’ai rencontré une femme qui m’a dit qu’elle avait eu une césarienne à cause d’une disproportion céphalopelvienne pour son premier bébé. Elle a accouché à la maison de son deuxième enfant, qui pesait 1 kg de plus. Je crois que la disproportion céphalopelvienne existe, mais qu’elle est très rare. »

« Ce n’est pas vraiment une histoire, mais dans les nombreux cas de disproportion céphalopelvienne que j’ai rencontrés où je travaille, j’ai remarqué que les bébés présentent des déformations asymétriques ou des ecchymoses qui ne sont pas là où elles devraient être. La plupart de ces bébés semblent se présenter en position asynclitique et reçoivent un diagnostic de disproportion céphalopelvienne, ce qui effraie les femmes par rapport aux futures césariennes éventuelles sans faits établis. »

« Ceux qui s’empressent de parler de disproportion céphalopelvienne pour justifier l’utilisation des forceps et des ventouses font preuve de malhonnêteté et d’une mauvaise compréhension des compétences du corps de la femme, sans même parler de l’accouchement ! Qu’y a-t-il de logique à croire que la tête ne sortira que si l’on tire dessus ? »

Si la disproportion céphalopelvienne vous inquiète, voici quelques conseils à suivre :

Conseil n°1 : Choisissez un professionnel de santé qui vous inspire confiance

Lorsque vous décidez du type de professionnel de santé avec lequel vous souhaitez travailler, qu’il s’agisse d’une sage-femme libérale, d’une sage-femme en maternité ou d’un obstétricien, posez des questions. Demandez-leur à quelle fréquence ils diagnostiquent la disproportion céphalopelvienne, comment ils gèrent les grossesses survenant après une disproportion céphalopelvienne et s’ils diagnostiquent souvent une disproportion céphalopelvienne pendant la grossesse. Leurs réponses peuvent vous aider à comprendre quel type de soins vous pouvez attendre. S’ils diagnostiquent la disproportion céphalopelvienne soouvent et avant le début du travail, il est possible qu’ils n’utilisent pas de pratiques fondées sur des preuves pour diagnostiquer la disproportion céphalopelvienne.

Conseil n°2 : Renseignez-vous sur le positionnement optimal du fœtus

Comme déjà évoqué plus haut, la position du bébé est importante. La plupart des bébés se placent naturellement dans la bonne position, mais il arrive que certains adoptent une position difficile. Notre mode de vie plus sédentaire (la plupart d’entre nous ne marche pas et ne s’accroupit pas fréquemment au fil de la journée) peut également conduire au positionnement postérieur du bébé, c’est-à-dire vers le haut, et non à son positionnement antérieur, c’est-à-dire vers le bas. Le lien ci-dessus consacré au positionnement optimal donne des informations très utiles.

Conseil n°3 : Suivez un cours indépendant de préparation à l’accouchement

Suivre un cours de préparation à l’accouchement qui renforce votre confiance, vous donne des informations fondées sur des preuves et décrit la naissance comme un processus physique normal peut vous aider à vous préparer à une expérience de naissance positive. Lorsque vous savez comment éviter la disproportion céphalopelvienne supposée et lorsque vous connaissez les signes d’une véritable disproportion céphalopelvienne, vous êtes mieux préparée à vivre une expérience de naissance positive, quel que soit le déroulement du travail. Vous disposerez ainsi des informations et outils nécessaires pour prendre des décisions éclairées concernant vos soins.

Conseil n°4 : Faites appel à une doula

Le recours à une doula améliore les résultats à la naissance. Avant la naissance, votre doula vous fournit des informations fondées sur des preuves et renforce votre confiance dans votre capacité à donner naissance. Vous disposez également de la sécurité émotionnelle de savoir que vous bénéficierez d’un soutien constant. De nombreuses doulas peuvent favoriser le positionnement optimal du fœtus et encourager votre accouchement dans une position verticale. Ces deux facteurs peuvent permettre d’éviter un diagnostic erroné de disproportion céphalopelvienne.

Conseil n°5 : Sollicitez un deuxième avis

Si votre professionnel de santé évoque une disproportion céphalopelvienne pendant votre première grossesse ou si vous envisagez un accouchement par voie basse après une césarienne suite à une suspicion de disproportion céphalopelvienne, sollicitez un deuxième avis (ou même un troisième ou un quatrième). Vous méritez d’avoir affaire à un professionnel de santé qui écoutera vos préoccupations et qui utilise des pratiques fondées sur des preuves. Si vous vous sentez inutilement incitée à programmer une césarienne, sollicitez un autre avis.

Que faire si mon échographie montre un gros bébé ?

L’échographie peut être un formidable outil de diagnostic, mais comme toute chose, elle a ses limites. Les échographies permettent généralement de dater et prendre des mesures avec exactitude au cours du premier trimestre, mais perdent beaucoup de leur précision en fin de grossesse. Il convient de noter que l’Australasian Society for Ultrasound in Medicine (Société australasienne pour l’échographie en médecine) stipule ceci dans sa politique « Déclaration sur les mesures fœtales normales par échographie » : « Aucune méthode d’estimation du poids fœtal n’a atteint une précision qui nous permet de recommander son utilisation. »

Article original : « Small Pelvis? Big Baby? Here’s The Truth About CPD » – Article traduit par Annabelle, pour oummi-materne.com

" L'espoir qui reste à l'humanité, c'est qu'un jour les parents puissent vraiment agir dans l'intérêt des enfants, qu'ils deviennent assez conscients pour être du côté de l'enfant et pour l'aider à se développer dans la liberté, l'intelligence et l'amour " A.S Neill

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