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Parentalité positive

Non les bonnes fessées n’existent pas

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Non les bonnes fessées n’existent pas

Les effets de la fessée et de la violence éducative

Il ne devrait plus être possible, aujourd’hui, de parler de « bonne fessée ».

Un grand nombre d’études ont montré que les effets de la fessée et de la violence éducative en général sont multiples, graves et commencent dès le plus faible niveau des coups donnés. Ces effets consistent en maux que subit l’enfant ou qu’il fait subir à d’autres.

Ainsi, l’adolescent ou l’adulte qui a été victime de violence éducative dans son enfance est plus vulnérable aux maladies mentales et physiques, notamment à la dépression et au mépris de soi. Il est davantage porté à des conduites autodestructrices (toxicomanie, alcoolisme). Il est aussi, et cela a été démontré par plusieurs enquêtes, plus vulnérable aux accidents. Enfant, il est aussi plus vulnérable aux abus sexuels : habitué à ne pas se défendre contre les coups de ses parents, il ne sait pas mieux se défendre contre d’autres agressions puisqu’en quelque sorte ses parents lui ont montré que son corps ne lui appartient pas. Enfant également, il peut éprouver plus de difficultés scolaires : des expériences ont montré que la capacité d’attention est diminuée par la menace de châtiments corporels.

Mais la violence reçue peut aussi se retourner contre les autres. La première chose qu’on apprend à un enfant en le frappant, c’est qu’il est normal de frapper et de résoudre les conflits par la violence. Il n’est donc pas étonnant que les enfants frappés soient souvent plus agressifs à l’égard des autres enfants et soient portés à la délinquance, voire à la criminalité. Cet effet est aggravé par le fait que l’enfant frappé perd souvent la capacité de compassion. Habitué à subir la violence, il ne trouve pas anormal de la faire subir aux autres. Pour la même raison, il peut être plus facilement porté, une fois devenu adulte, à la violence conjugale.

Paradoxe : les enfants fessés trouvant les coups normaux

Bien sûr, et c’est ce qui est trompeur, tous ceux qui ont été frappés par leurs parents ne subissent pas ces effets. Aussi ont-ils tendance à penser qu’on exagère les répercussions de la violence éducative. Mais cela tient à ce que, heureusement, si un enfant victime de violence éducative a la chance de rencontrer quelqu’un qui lui manifeste compréhension et compassion, il est fréquent que cela suffise à lui épargner de plus graves séquelles. D’autre part, les adultes qui ont été frappés enfants et qui n’ont pas fait ce type de rencontre ont en commun de trouver normal qu’on gifle et qu’on fesse les enfants et cela sans tenir aucun compte du fait que les enfants sont bien plus fragiles que les adultes et que leur cerveau en pleine formation risque d’être marqué à vie par de tels traitements. Si ces adultes n’avaient pas été marqués par les coups qu’ils ont reçu, ils ne trouveraient pas normal ce traitement réservé aux enfants et qu’il est interdit de faire subir aux adultes, voire aux pires criminels. Et le paradoxe, c’est qu’acceptant cela, ils se trouvent parfaitement normaux. De même, dans les régions du monde où l’on pratique couramment la bastonnade, ceux qui trouvent normal et bénéfique de frapper un enfant à coups de bâton se considèrent comme parfaitement normaux.

La violence éducation, une véritable agression

Il serait illusoire de croire que les effets des châtiments corporels ne commencent à se faire sentir que si ces châtiments sont violents. Dans son enquête effectuée dans un centre de traumatologie, le Docteur Jacqueline Cornet a pu prouver que la quantité et la gravité des accidents subis par les jeunes et les adultes augmentent dès le plus faible niveau des coups reçus par rapport aux enfants qui n’ont jamais été frappés. Si des coups faibles perturbent le système nerveux d’un enfant au point de l’amener à subir plus d’accidents à l’âge adulte, ils produisent aussi certainement d’autres perturbations semblables à celles évoquées ci-dessus.

Pour le comprendre, il faut penser que l’enfant est un petit primate doté de comportement innés, comme par exemple les comportements d’attachement, d’imitation, de soumission et de sauvegarde. Aucun de ces comportements pré-programmés ne prépare l’enfant à recevoir des coups des personnes qui constituent sa base de sécurité. Son comportement d’attachement, parce qu’il aime ses parents, risque de lui faire lier définitivement l’amour à la violence. Son comportement d’imitation risque de lui faire reproduire plus tard sur ses propres enfants ce qu’il a lui-même subi. Inversement, il peut être porté à se soumettre non pas à la loi mais à la violence. Enfin, l’instinct de sauvegarde fait que des flots d’hormones sont déversés dans l’organisme en cas d’agression. Et les coups sont, pour la partie la plus instinctive de notre système nerveux, une agression, quelle que soit l’intention avec laquelle ils sont donnés. Or, chez un être qui ne peut ni fuir ni combattre, ce qui est cas de l’enfant frappé par ses parents, les hormones du stress attaquent l’organisme et notamment les neurones. De plus, le système immunitaire, neutralisé en cas d’agression pour mobiliser toute l’énergie sur la fuite ou le combat, risque de se dérégler si ces blocages sont fréquents, d’où, vraisemblablement, les maladies auxquelles sont davantage exposés les enfants qui ont été souvent frappés.

fessés et dérives sexuelles

Les partisans de la fessée oublient aussi que les fesses sont des zones sexuellement sensibles, proches des organes sexuels, et de multiples témoignages, depuis celui de Jean-Jacques Rousseau, au XVIIIe siècle, jusqu’à ceux des visiteurs des sites sadomasochistes sur internet, montrent que c’est aux fessées reçues dans l’enfance que de nombreux hommes et femmes doivent de ne pouvoir éprouver jouissance sexuelle que sous des coups qui font écho aux premières fessées qu’ils ont reçues et qui ont déclenché chez eux un plaisir sexuel.

Combien de parents se rendent compte du risque qu’ils courent de produire cette empreinte définitive quand ils donnent une fessée à leur enfant? Ce dont très peu de gens ont conscience aussi, c’est de l’extension et de l’intensité de la violence éducative pratiquée dans l’ensemble du monde.  On peut assurer que 90% des enfants du monde sont victimes de violence éducative, alors que beaucoup de gens s’imaginent que celle-ci appartient à un passé déjà lointain. Qui est informé, par exemple que 90% des enfants africains subissent la bastonnade de la part de leurs parents et de leurs enseignants? Que dans la moitié des Etats-Unis, ont pratique encore la fessée à coups de latte dans les établissements scolaires, au point que les fesses des enfants en sont contusionnées? Que des centaines de milliers d’enfants du tiers-monde sont à la rue non pas à cause de la misère, mais parce qu’ils n’osent pas rentrer chez eux tant ils y sont battus? Et battus par des parents qui croient bien faire et bien éduquer leurs enfants. Qui est informé que certains Etats qui ont une réelle volonté d’appliquer la Convention des droits de l’enfant et d’interdire les châtiments corporels se heurtent fréquemment à l’opposition des églises qui tiennent à maintenir la tradition, qu’elles imaginent bénéfique, du « châtiment biblique »!

La violence éducative

Alice Miller a été la première à mettre en lumière le fait que les pires dictateurs du XXe siècle, Hitler, Staline, Mao, Ceaucescu, de même d’ailleurs qu’Amin Dada, ont tous eu une enfance ravagée par la violence éducative. Et qu’ils ont pris le pouvoir sur des peuples où le niveau de violence éducative est très élevé. Leurs appels à la soumission, à la violence et à la persécution éveillaient des échos bouleversants et irrésistibles chez la majorité des citoyens des pays qu’ils gouvernaient, parce qu’ils avaient subi, enfants, la violence éducative et qu’ils étaient identifiés à leurs parents qui les frappaient « pour leur bien ». Pour eux, la violence et la soumission étaient connotées positivement. Ils étaient sûrs qu’elle étaient bonnes et souhaitables depuis leur plus petite enfance. Et c’est la même raison, l’accoutumance dès la petite enfance à la violence, qui fait que depuis des millénaires les hommes utilisent cette méthode d’éducation et qu’il est si difficile de la remettre en question. Car remettre en question la violence éducative, c’est, pour la plupart d’entre nous, remettre en question ses parents. Or, remettre en question ses parents, c’est se remettre en question, et rien n’est plus difficile.  C’est pourquoi il est indispensable que dans tous les pays, comme le Comité de l’ONU des droits de l’enfant cherche à obtenir, des lois interdisent de façon très précise la violence éducative.

« Élever son enfant… Autrement » par Catherine Dumonteil-Kremer

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" L'espoir qui reste à l'humanité, c'est qu'un jour les parents puissent vraiment agir dans l'intérêt des enfants, qu'ils deviennent assez conscients pour être du côté de l'enfant et pour l'aider à se développer dans la liberté, l'intelligence et l'amour " A.S Neill

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