L’adultisme, qu’est-ce c’est? Comment l’éviter?

Comme je vous l’ai annoncé dans mes deux dernières stories Instagram, cette semaine sera consacrée à la sensibilisation à l’adultisme. À cette occasion, nous sommes 13 femmes, 13 mamans à nous être réunies pour créer le collectif MUM (Mamans Ultra Maternantes). Vous vous doutez qu’en tant que militante pour les droits des enfants, il était évident pour moi d’accepter l’invitation d’Elodie du blog Ailes et Graines, en rejoignant l’initiative.

Je pense que la meilleure façon de commencer cette semaine est de bien définir ce qu’est l’adultisme et ce qu’il comprend. Alors commençons 😉

L’adultisme, qu’est-ce que c’est alors ?

« Tant que tu vis chez moi, tu le feras ! »
« Tu es si maladroit.. »
« Va dans ta chambre! »
« Elle ne comprends rien.. » en parlant de l’enfant comme si elle n’était pas là…
« Tu es trop petit -trop vieux- pour ça! »

Voici de parfaites situations d’adultisme. Le plus compliqué je crois, c’est que nous sommes pour la plupart formatés à trouver ces phrases « normales » car nous-même les avons subies. Et c’est d’ailleurs ce qui rend la prise de conscience plus difficile. Mais pas impossible !

Le terme adultisme se réfère aux comportements et attitudes fondées sur l’hypothèse que les adultes sont meilleurs que les jeunes, qu’ils savent forcément mieux ; mais également qu’il est acceptable de traiter les enfants de façon irrespectueuse, d’une manière dont un adulte ne serait pas traité dans des circonstances similaires.

L’enfant n’est pas autorisé, n’est pas reconnu comme une personne à part entière, avec des sentiments, des émotions. Dans notre société, les enfants et les adolescents sont souvent considérés comme moins importants voire carrément inférieurs aux adultes. On ne prend pas les jeunes au sérieux, on ne les écoute pas, on ne les inclut pas dans les décisions qui les affectent. On dicte aux enfants et aux jeunes, la quantité de nourriture qu’ils doivent avaler, le moment où ils sont autorisés à parler, quels sont les amis à fréquenter, etc… Même lorsqu’ils grandissent, les opinions de la plupart des jeunes ne sont pas valorisées.

Alors que d’autres termes en « isme » sont aujourd’hui reconnus et acceptés comme une réalité, tels le racisme et le sexisme. Le concept d’adultisme, la maltraitance systématique et le manque de respect envers les jeunes, est relativement nouveau et n’a pas été largement accepté comme une réalité. Il y a certainement beaucoup de recherches et de documents concernant les enfants et les jeunes, mais très peu qui concluent que dans notre société ceux-ci opprimés (avec des parallèles à d’autres groupes).

Selon John Bell, l’adultisme apparaît comme un comportement anormal et normal envers les jeunes dans un large éventail d’activités sociales, d’institutions et de problèmes. Voici un aperçu de la portée de ce qu’il cite :

Abus physique, sexuel ou psychologique

Beaucoup de comportements abusifs des adultes envers les jeunes peuvent être attribués à l’adultisme, dans la mesure où l’adulte ne traiterait pas un autre adulte de cette manière. Ce sont des cas où les adultes sentent qu’ils peuvent «s’en tirer» en exprimant leur propre colère ou frustration sous la forme d’abus. Ceci est possible car l’objet de cet abus est «seulement un enfant», un «inférieur» en matière de «hiérarchie» patriarcale, et ne mérite pas le niveau de respect qu’ils donneraient à un autre adulte.

Punition et Menaces

Il y a aussi toute une gamme de punitions non physiques ou de menaces qui peuvent être considérées comme de l’adultisme et que les adultes n’infligeraient pas à d’autres adultes. Par contre, elles ne posent aucun souci à l’encontre de jeunes, notamment :

  • Critiquer, humilier, insulter , intimider ou même culpabiliser
  • Distribuer une punition supplémentaire lorsque les enfants protestent contre ce qu’ils considèrent légitimement être injuste, tout simplement parce qu’ils remettent en question l’autorité absolue de l’adulte.

Refus de contrôle

Les jeunes se voient refuser le contrôle et même influencer la plupart des décisions qui affectent leur corps, leur espace, leurs possessions et même leur auto-définition. Par exemple, la plupart des adultes pensent qu’ils peuvent câliner de petits enfants, embrasser, leur pincer les joues, leur toucher les cheveux sans leur demander ou sans qu’ils soient d’accord. Les adultes peuvent être vus en train de saisir des choses des mains des enfants sans demander aux concernés.

Interactions verbales

L’adultisme peut également se retrouver dans de nombreuses interactions verbales entre adultes ou même entre adultes et jeunes :

  • Parler aux enfants, comme s’ils ne pouvaient pas les comprendre.
  • Parler d’un enfant présent comme s’il n’était pas là
  • Ne pas vraiment écouter l’enfant, mais lui demander d’écouter tout le temps
  • Ne pas prendre en compte les préoccupations d’une jeune personne aussi sérieusement que celles d’un adulte

A l’école

Toute communauté ou institution a besoin de règles pour vivre. Cependant celles-ci sont dans la plupart des écoles imposées aux jeunes sans leur consentement. D’ailleurs, plus le niveau de contrôle est élevé, plus l’adultisme est présent. Pour exemple :

  • Les enseignants crient sur les étudiants en toute impunité, mais les élèves sont sanctionnés s’ils crient sur les enseignants
  • Les élèves sont injustement punis parce que les adultes se sentent frustrés.
  • Les étudiants sont continuellement évalués, classés et classés – au point d’intérioriser une vision d’eux-mêmes comme «intelligent», «moyen» ou «muet» – avec un impact profond sur de nombreux aspects de leur vie
  • Les jeunes n’ont pas de réel pouvoir dans les décisions importantes qui affectent leur vie à l’école

Et comment savoir si mon comportement est « adultiste » ?

L’effet miroir est un outil vraiment efficace. D’ailleurs nous le mettons en pratique à la maison. Il nous permet de refléter ce qui peut être un comportement adultiste et de nous poser plusieurs questions :

« Est-ce que je traiterais un adulte de cette façon? »
« Est-ce que je parlerais à un adulte avec ce ton de voix? »
« Est-ce que je l’attraperais dans la main d’un adulte? »
« Est-ce que je prendrais cette décision pour un adulte? »
« Aurais-je cette attente pour un adulte? »
« Est-ce que je limiterais le comportement d’un adulte de cette façon? »
« Est-ce que j’écouterais le problème d’un ami adulte de la même manière? »

Parfois, la réponse peut être « non » pour une bonne raison, selon les circonstances. Par exemple, j’insiste pour que mon fils de 19 mois me tienne la main en traversant la rue, mais ça ne serait pas le cas si mon enfant avait 18 ans.

Cependant, certaines fois il n’y a aucune raison justifiable pour traiter différemment une personne plus jeune, exceptées l’habitude et l’attitude. Si votre « non » sonne un peu creux, il pourrait être utile de réexaminer vos raisons de le faire.

Est-ce que vous-même avez été victime d’adultisme étant enfant?

Sources:

Justine

" L'espoir qui reste à l'humanité, c'est qu'un jour les parents puissent vraiment agir dans l'intérêt des enfants, qu'ils deviennent assez conscients pour être du côté de l'enfant et pour l'aider à se développer dans la liberté, l'intelligence et l'amour " A.S Neill

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