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Le deuil de son allaitement

Faire son deuil de l’allaitement

Il y a un bout de temps déjà que je voulais écrire sur ce sujet « le deuil de son allaitement » qui était très trop sensible, j’ai eu du mal à trouver les mots car cette plaie était encore douloureuse et représentait un réel travail de deuil.

Je sais, pour certain-e-s le mot « deuil » est incompris, pourtant il reflète parfaitement le sentiment des mères vivants cette situation. On ressent un profond sentiment de tristesse, une réelle souffrance face à cette partie de la maternité qu’on a perdu.

Je ne m’attends pas non plus à ce qu’on me comprenne

Dans une société où l’allaitement peine à être vu comme la norme biologique

comme une continuité de la grossesse, comme un acte naturel et important, autant pour la mère que pour l’enfant si on en croit ses bienfaits. Je ne m’attends pas à ce qu’on me comprenne, surtout lorsqu’on me répond : « Oh, ce n’est pas grave, le lait maternisé est tout aussi bon pour un enfant! », « Je n’ai pas été allaité et je me porte à merveille » ou même « Mieux vaut un biberon donné avec amour qu’un sein donné à contrecœur ». Je sais très bien que derrière ces phrases maladroites (je ne parlerai pas du fond, uniquement de la forme!) se cachent de très bons sentiments, une envie d’apporter du soutien, lui donner envie d’aller de l’avant, mais en réalité c’est plus profond que cela. Derrière ces phrases, qui peuvent faire du bien sur le moment certes, la personne peut ressentir que sa peine n’est pas justifiée, qu’elle n’a pas de raison d’être, qu’on a tort de ressentir cela.

Je crois que la première étape du deuil de l’allaitement est ici

Permettez-vous d’avoir et de ressentir ces émotions : tristesse, déception, souffrance. Laissez-vous le temps de les vivre. Permettez-vous de pleurer toutes les larmes de votre corps si cela est nécessaire pour cet allaitement que vous avez imaginé, idéalisé… Aucune honte à cela !

Pour continuer après cette étape, la deuxième serait d’admettre qu’il y a des choses qu’on ne contrôle absolument pas. On peut prendre l’exemple de l’accouchement. On passe neuf mois à se l’imaginer, l’idéaliser et puis la réalité peut être très différente et là aussi le choc peut être terrible, simplement car parfois il y a des choses qui nous échappent, nous ne contrôlons pas tout. Comme dans mon cas, un bébé né avec une malformation. Ça a été tellement difficile, tout me glissait entre les doigts, je n’avais de contrôle sur rien mais lui apporter mon lait tiré était mon seul réconfort, la seule petite chose que je pouvais faire pour lui. Mais très vite, malgré les bons conseils, je ne tirai pas assez pour répondre aux besoins de mon bébé, à la pression de l’équipe, à la fatigue et l’angoisse intense qui m’habitait. Cet échec a été hyper violent, je me disais :

Tu ne peux même pas faire ça pour lui? » Je refusais d’écrire sur l’allaitement et je devenais limite agressive face à ce sujet, j’étais rongée par la culpabilité, la honte, la colère (ce sont MES sentiments, mon propre ressenti!)  : « Ecrire sur l’allaitement? Je serais une belle hypocrite! » Je pouvais même remettre ma culpabilité sur les femmes allaitantes, refusant d’admettre ma peine, refusant d’admettre que ce n’étaient pas elles mes ennemies, mais plutôt cette société qui ne comprend pas ce désir d’allaiter.

deuil allaitement

Et puis j’ai pu discuter avec différentes mamans, avec des parcours différents : celles qui ont eu un allaitement paisible, celles qui ce sont accroché malgré les difficultés rencontrées, celles qui n’ont pas été soutenues, qui n’ont pas reçu d’informations, celles ayant dû se faire une raison, l’allaitement était impossible (c’est rare, mais ça existe). A chaque fois on m’a écoutée, on a reconnu ma souffrance, on a échangé sur nos expériences, on m’a soutenue. Petit à petit, ma plaie s’est refermée en voyant mon fils se remettre, être en pleine forme même si je sais que l’allaitement était mieux, je n’ai pas contrôlé ce qui s’était passé. J’aurais pu me torturer des jours, semaines voire même des années avec ces sentiments négatifs, mais qu’est-ce que cela m’aurait apporté ? Je ne suis pas totalement débarrassée de la honte, mais j’ai parcouru un long chemin et j’en suis fière. Je vais bien aujourd’hui, je peux en reparler sans tristesse et je ne me sens plus « hypocrite ».

Enfin je terminerai en disant que faire ce deuil n’est ni étrange ni mauvais, que c’est un processus normal et nécessaire, pratiquement obligatoire pour retrouver un équilibre. Cela demande du temps, certes, mais vous y arriverez et vous irez mieux.

 » L’espoir qui reste à l’humanité, c’est qu’un jour les parents puissent vraiment agir dans l’intérêt des enfants, qu’ils deviennent assez conscients pour être du côté de l’enfant et pour l’aider à se développer dans la liberté, l’intelligence et l’amour  » A.S Neill
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 » L’espoir qui reste à l’humanité, c’est qu’un jour les parents puissent vraiment agir dans l’intérêt des enfants, qu’ils deviennent assez conscients pour être du côté de l’enfant et pour l’aider à se développer dans la liberté, l’intelligence et l’amour  » A.S Neill

Comments (20)

  1. Je comprends, pour moi cela aurait du être naturel. Je n’y ai même pas réfléchi, après la naissance j’allaiterai. Malheureusement, mal accompagnée, mal renseignée ou moi qui m’y prennait mal, je n’en sais rien. Je n’ai pas réussi, bébé ne prennait pas de poids et je commençais à seulement 2 jours d’allaitement à avoir des crevasses. Je n’y arrivais simplement pas. Je demandais sans arrêt de l’aide et lorsqu’on me laissait seule avec ma fille elle lâchait mon sein et pleurait je n’arrivais plus le lui redonner correctement. Résultats : je faisais de la fièvre et ma tention était trop élevé. Peut-on être une bonne mère si on est pas capable d’allaiter ? Et puis mon conjoint a dit stop, malgré les encouragements des médecins à continuer, il voyait bien que ça n’allait pas. Finalement, une fois l’allaitement arrêté, ma tension a chuté et ma fièvre aussi. Mais c’est un sujet encore sensible, je voulais allaiter. Je n’ai pas réussi.

  2. Ton article est très émouvant..
    J’ai eu aussi beaucoup de mal à faire le deuil de mon allaitement et je crois qu’au fond de moi je ne l’ai pas encore totalement fait .. j’ai les larmes aux yeux en lisant car c’est tout à fait les sentiments que j’ai ressenti face à l’échec.. ce qu’on peut se sentir seule à ce moment là…
    J’apprends à vivre avec et je ferai tout pour que mon deuxième allaitement si j’ai la chance d’avoir un deuxième enfant soit mieux géré que ce premier…

  3. Merci pour cet article. Vous venez de m’aider à cicatriser une plaie béante depuis 4 ans. Je suis rasta, à l’époque je bossais dans un magasin bio…à l’évidence j’étais une maman hyper nature et je devais allaiter. Ce qui était mon souhait le plus cher mais qui n’a pas fonctionné comme je l’avais tant rêvé. J’ai eu honte de ne pas réussir…cette honte qui fait basculer d’un baby blues à une dépression post natale sévère me donnant toujours l’impression de justifier que ma fille prenait le biberon. Et de subir le regard méprisant de certains. Pour bb2 j’ai recommencé, allaitement mixte conduit jusqu à ses 8 mois. On y arrive peu à peu. Qui sait pour bb3? J’ai de l’espoir. Merci 💖

  4. Enfin quelqu’un en parle, c’est très touchant vraiment. Pour ma première fille l’ allaitement n’a durer que une semaine, mal informée , et énorme pression sur le poid du bebe pour arrêter, c’etait terrible j’ai pleuré tant pleuré, j’ai ressenti un énorme échec, et personne avec qui en parlait ,personne autour de moi ne comprenait d’ailleurs même pourquoi je “m’enbetEr” avec ça . Cette frustration je l’Ai garder des années , et puis je me suis renseigné toute seule , j’ai tout appris de l’aLlaitement sur internet sur des sites spécialisés. Enfin est venus le moment où je retombe enceinte 6ans après . Alors la bizarrement j’ai commencé as me protéger, j’avais tellement peur d’un nouvel échec que je me répéter sans cesse ont verra ça sera sûrement des biberons . Il est venus au monde et as téter super bien pendant 2h ! Je n’ai écouté que mon bébé et moi , et aujourd’hui j’en suis as 7mois d’allAitement , une revanche , une victoire, une fierté énorme. Je suis comblé et je vous souhaite sincèrement la même chose

  5. Merci, merci pour ce témoignage… effectivement c’est un deuil.. Je ne me sens toujours pas légitime car j’ai pu allaiter mes 2 enfants 15 et 13 mois. De quoi se plaint elle me direz vous? Et bien pour ma dernière, l’allaitement s’est brusquement arrêté sur une grève de la tétée que nous n’avons pas su surmonter. Je l’ai vu hurler, souhaitant téter, mais le refusant. Notre dernière tétée était dans l’urgence de mon départ pour un déplacement professionnel, je devais prendre un train, j’étais pressée et sans doute pas disponible pour elle. Elle, voulait prendre son temps. Je suis partie 2 jours et n’a plus jamais voulu reprendre. J’en ai pleuré toutes les larmes de mon corps, j’ai culpabilisé. Cette brutale coupure, cette déchirure entre nous. Des fois, j’ai l’impression que cette distance est encore entre nous (elle a 2 ans 1/2). Je la vois, même encore maintenant, téter la nuit son doudou…. J’ai fait une petite dépression suite à cet épisode. Cette grève que je n’ai pas pu résoudre, calmer, guérir… Et c’est en te lisant que je réalise qu’effectivement je n’ai pas fait le DEUIL de notre allaitement. Et j’attends impatiemment le petit 3ème pour espérer panser cette blessure chez moi. C’est assez égoïste (car cela ne pansera rien chez ma fille), c’est une pression supplémentaire. Mais je ne sais pas comment guérir autrement de cette déchirure…

    • Comme je vous comprends… ici c’est un allaitement de pourtant 22 mois qui laisse en moi une plaie béante…
      Sevrage durant la grossesse du 2e… je ne me voyais pas spécialement affronter un co-allaitement, il est vrai… mais je n’imaginais pas une telle fin… les tetees devenues insupportable douloureuse… dzns les pleurs… les miens surtout…
      Un soir je l’ai supplié d’arrêter de tetouiller… je l’ai laissé à son papa pour l’endormissement… elle n’a plus jamais demandé le sein…
      Par contre elle s’est mise à teter des doudous… elle a réclamé une tétine sur tard… j’étais totalement opposé à cette substitution mais ma culpabilité de n’avoir pu subvenir jusqu’au bout de ce besoin m’a fait changé d’avis…
      Elle a quasi 3 ans et demi… ses yeux plongés dzns les miens pendant la tétée me manque… j’ai aussi connu cette impression de distance… J’allaite tjrs bebe2 de 15 mois… mais ça ne panse pas la plaie.. en tout cas je ne veux plus décider de la fin… je ke veux plus me sentir coupable de priver mes bébés…

  6. Je pleure encore quand je te lis. Je n’ai pas pu allaiter mon 3 ème enfant du à fente palatine. J’ai tiré mon lait pendant 1 mois et demi jusqu’à je n’ai pas arrivé à un épuisement total. J’ai pleuré tout les jours, même hurlé. J’avais mal au ventre tellement ça me déchire. J’avais l’impression de perdre une relation avec mon dernier. Les gens me demandent qu’est ce que c’est que je ressens. Je ne sais pas, c’est l’instant c’est animalier tellement fort et inexplicable. Il a 4 mois mnt et je commence à ne pas être gêné avec le biberon. La douleur est toujours là quand j’y pense… merci pour ton témoignage, c’est beau.

  7. Super article ! Plutôt touchant …

    De mon côté l’allaitement m’a paru logique et finalement ça a pas était si simple. Bon j’ai quand même tenu le coup le temps prévu. Finalement j’en tire une expérience chouette mais je crois que la prochaine fois la technique sera moins naturelle si vous voyez ce que je veux dire !

    En tout cas, je souhaite du courage à toutes les mamans mais surtout beaucoup de bonheur !!

    Et surtout … même après cette période si vous avez un coussin d’allaiteent Gardez le c’est super pour dormir 😉

  8. Merci pour cet article qui met des mots sur ce que l’on ressent mais que l’on a du mal à exprimer parfois. Je voulais vraiment allaiter mon premier, mais je n’ai pas réussi et je n’ai pas su tenir plus que quelques jours à cause de mauvais conseils et de manque de soutien. Je me rassure en me disant que le biberon présente beaucoup d’avantages, que je constate au quotidien. Mais cela restera toujours un échec, et pour ma prochaine grossesse je sais que je m’accrocherai davantage !

  9. Le « Mais donne-lui un biberon » de la part d’une copine allaitante… un vrai coup de poignard ! La déception oui, la culpabilité non. Parfois on fait tout pour, on se fait bien accompagner… et votre corps ne suit tout simplement pas. Lutter, ne pas vouloir se résoudre, lâcher prise et finalement avoir un bébé heureux en pleine forme, qui a pu profiter de tout ce que j’ai pu lui donner, même sinon c’est peu par rapport à d’autres. L’amour que je lui donne chaque jour compense très largement ça. Ne vous mésestimez pas, surtout pas!

  10. Très beau texte et magnifique témoignage. Pour ma part, cela fait plus d’un mois que j’ai « dû » arrêter car X raisons de santé de mon fils qui m’a complètement démoralisée. J’étais pourtant suivie, accompagnée, soutenue mais mon corps et ma persévérance n’ont pas été à la hauteur. Je dois avouer encore que je n’ai toujours pas réussi à faire mon deuil car j’y tenais tellement à cet allaitement.
    Par contre, « mieux vaut un biberon avec amour qu’un sein à contre-coeur » ça m’a légèrement « déculpabilisé » malgré tout 😊

  11. Je ne fais pas partie des mamans en deuil de l’allaitement. Je pensais en ouvrant l’article pour le lire, tomber sur tout autre chose que je cherche…
    J’allaite ma fille qui a 27mois. Ça a été très dur au début, crevasse/engorgements/ inflammation puis infection/ canal bouché…. et j’en passe. Des le retour à la maison avec mes seins qui avait triplé de taille sous les mauvais conseils recu a l’hôpital mon mari m’a dit arrete je vais lui chercher du lait en poudre! Tu souffres trop. Je pleurais les mamelons était plat tellement le sein etait gonflé mais la je lui ai dis NON je veux allaité! Ca va passer… depuis je n’ai jamais arrêter j’ai bien essayé en faite de lui donner un biberon de mon lait… meme du lait en poudre quand j’avais une infection elle refuse tout! Lui expliquer que bientôt teter c’est fini elle me repond mais non est Bon teter! Je n’y arrive pas… j’ai besoin d’aide mais qui pourrai m’aider? Mon mari ne sait pas comment faire! Je ne veux pas la laisser hurler comme elle le fait des que c’est non pour teter car je suis occupée mais elle tete toujours à la demande et la je suis fatiguée à force car les nuits sont longues après tout ce temps. Alors je me demande comment arreter et surtout et apres? Je sais que la relation avec ma fille ne changera pas vraiment mais il y a pleins de choses qui feront que sa sera tout un changement pour elle mais aussi pour moi…

    • Bonjour Josia,
      Je vous recommande vivement de prendre conseils auprès d’une conseillère en allaitement. Il n’est pas normal d’avoir mal, sauf au tout début de tétée.
      Pour ma part, j’ai eu d’énormes crevasses dès les premières 48 heures. Ma fille avait un frein de langue trop court, le pédiatre le lui a coupé, ce fut très facile, elle n’a même pas pleuré.
      Ca a ensuite pris quelques semaines avant qu’elle et moi sachions allaiter. Puis à 2 mois 1/2, je fut moins fatiguée, j’ai commencé à sortir la tête de l’eau. Aujourd’hui, ma fille a 9 mois, elle est toujours allaitée, mais aussi diversifiée.

  12. Salut Josia, apparemment ta petite fille n’est pas encore prête à arrêter ce moment dallaitement qui doit lui procurer bcp de plaisir . Laisse lui un peu de temps pour se faire à l’idée 🙂
    Peut être a t elle seulement besoin que le choix du moment où elle quittera le sein une fois pour toute vienne d’elle?
    Ma fille a 2 ans et demi et il y a un moment (vers ses deux ans) où comme toi jetais épuisée et je souhaitais qu’elle arrête le sein mais… elle n’était pas de cet avis! Lol
    J’ai laissé couler et aujourd’hui elle me le demande occasionnellement. Je ne sais même pas si j’ai encore du lait ou non et je ne me pose pas la question. Je pense que pour elle cedt un beau moment entre nous et juste entre nous et elle ne veut pas que ça s’arrête complètement. Lorsque je suis trop fatiguée et qu’elle me demande le sein, j’essaie de la faire rire ou de la distraire afin de déterminer si c’est un réel besoin ou juste la p’tite habitude de la tétée du soir et à 90% du temps on passe à autre chose, gros câlin, histoires etc 😊
    Bon courage pour ces moments pas faciles à gerer

  13. J avais suivie un peu ton parcours
    J avais de la peine pour toi et de la revokte face a ce qui arrivait a ton bébé
    Pour toutes ces choses qui te representent pour tous ces articles merveilleux que tu ecris et ton implication dans.le maternage proximal
    Je ne savais pas que tu avais du te resoudre a faire le deuil de ton allaitement
    ca m attriste enormement pour toi de l apprendre
    Je t envoie de belles pensées et je te souhaite de profitez a fond de tes.enfants 🙂 t es une maman qui dechire

  14. Bonjour
    Je suis touchée par votre témoignage et je tenais à vous soutenir dans le deuil de cet allaitement car j’ai aussi du traverser cette épreuve! Je suis pro allaitement bien que respectueuse du choix de chacune et il etait évident pour moi d allaiter mes enfants. Je suis bien documentée et pourtant …

    Vous avez raison, on ne peut pas tout contrôler mais nous sommes surtout très peu soutenues!

    Mon allaitement (qui se passait à merveille) a été contrarié par une pédiatre de la PMI qui, en l absence de tout élément clinique pouvant justifier les propos qui vont suivre, m a tenu ce discours lors d’une rencontre pour un vaccin alors indisponible en pharmacie … « vous devez arrêter l’allaitement immédiatement et passer au lait en poudre, vous sous alimentez votre fils (poids tout à fait normal pour son âge mais pas gros bébé car pas gavé au lait artificiel), vous ne pouvez pas vous centrez sur votre désir vous devez ecouter ce qu’on vous dit » … entre stupeur et rage… j ai été incapable de réagir! Des le lendemain pu de montées de lait ! Heureusement que j’avais un stock au congel qui m’a permis de faire une douce transition vers le fameux lait en poudre (qui c’est faux et c est prouvé n est pas aussi bon et digeste que le notre !) Que mon fils refusait bien évidemment!!!

    Voilà pour mon témoignage…vous concernant je tenais à vous dire que vous avez allaité votre enfant! Si vous avez tiré votre lait (et qui l a déjà fait sait a quel point c est chiant !!) Pour le donné à votre fils … même un peu… même en complément de poudre … Il a bénéficié de vos anticorps et de tous les bons nutriments présents dans votre lait ! Alors oui le biberon entre vous et lui ne pouvait être que d’une frustration insupportable Mais un peu est toujours mieux que rien du tout … et surtout si vous avez un autre enfant et souhaitez a nouveau allaiter, je vous invite à contacter une conseillère en macération ou à contacter la ligue de la leche (un peu trop « pro allaitement ») qui peuvent être de bons soutiens et donner de bons conseils surtout dans des situations complexes!

    Ici bébé numero 2 arrive dans 2 mois et je suis très impatiente de pouvoir allaiter a nouveau 🙂

    Vous souhaitant plein de bonheur avec votre petit garçon,

    Morgane

  15. Moi, c’est de mon premier accouchement que j’ai dû faire mon deuil… du coup, j’allais allaiter ma fille, quoi qu’il m’en coûte, et en dépit du personnel français hyper mal formé et renseigné sur le sujet. Je m’en suis battue, seule et envers le corps médical qui voulait me fourguer dessus complètements à tout va… résultat : un allaitement de 33 mois, ma fille s’est sevrée seule, quand j’attendais sa petite sœur. Malgré l’expérience d’un premier allaitement, les difficultés rencontrées pour le second étaient différentes, mais là encore, j’ai tenu bon. Je n’ai écouté que moi et mon bébé. Ce n’est pas aux femmes qui ńallaitent pas que j’en veux, c’est à cette France qui n’en sait pas former le personnel médical sur le sujet, pour que les mamans soient réellement accompagnées, quelles que soient les difficultés à l´arrivee de bébé…

  16. Françoise Doumont

    Si seulement mon témoignage pouvait vous donner un petit réconfort…
    Premier enfant, j’ai allaité sans aucun soutien et j’ai arrêté après la reprise du boulot, parce que personne ne m’avait expliqué que…
    Deuxième enfant, la première me fait une chute et trauma, sous le choc, baisse de lait, j’ai cru que je n’en aurais plus, arrêt de l’allaitement.
    Troisième enfant, soutenue, formée (je m’étais inscrite à une formation en allaitement maternel), informée, j’ai tenu bon les 4 premiers mois et j’ai allaité 4 ans
    Quatrième enfant, constatation que malgré mon expérience passée, tout nouvel enfant est différent et donc soucis mais j’y suis arrivée, plus de 6 ans
    Votre souffrance, je la ressent dans mes tripes et elle me rend triste pour vous. Pour celles d’entre vous qui auront encore d’autres enfants, je vous conseille de chercher le soutien (sage femme, Leche League, marraine d’allaitement) pendant la grossesse, entourez vous de personnes qui sauront vous aider, vous rebooster en cas de coup dur (une marraine qu’on peut appeler juste pour parler, parfois ça change tout). Courage, ça vaut le coup de soigner votre blessure actuelle et de repartir du bon pied pour un autre enfant.

  17. Quel bel article ! Heureuse que vous ailliez pu faire votre deuil, c’est tellement un deuil et nous devons en tant que parents en traverser beaucoup, ça aide de le comprendre. Je voulais juste vous remercier car votre article m’a fait prendre conscience que ce que l’on perçoit de la société est complètement lié à notre propre situation. J’ai fait le choix de ne pas allaiter mon bébé, oui le choix et ça je peux vous assurer que pour une bonne partie de la société c’est aussi très difficile à comprendre, surtout si on a la possibilité théorique de le faire. J’aimerais que la société laisse aux femmes la possibilité de disposer de leur corps et de la relation avec leur enfant car c’est aussi de cela dont il peut s’agir.

  18. Bonjour,
    J’allaite toujours mon fils de presque 11 mois, mais j’ai malgré tout beaucoup de mal à surmonter les durs souvenirs des premiers mois. Culpabilisée à l’hôpital, à me faire passer pour pour une mauvaise mère qui affame son enfant et ne subvient pas à ses besoins (à quand une formation du personnel sur la mise en place de l’allaitement, ses délais, les quantités de colostrum…?), mon fils a eu son premier biberon dans les premières 24 heures de sa vie. Avec la conséquence évidente de confusion sein-tétine. Tout ça parce que l’hôpital avait l’envie criminelle de nous faire sortir plus tôt via le dispositif Prado, il fallait donc que bébé grossisse dar dar, au mépris de nos rythmes biologiques naturels. Bref, l’allaitement a mis plusieurs mois à se mettre en place. Chaque boire prenait environ 3 heures (couche, tétée, biberon, rot / digestion à la verticale, tire-lait…) J’étais épuisée, et chaque biberon me faisait pleurer, était un échec. Ma belle-famille est venue pendant 3 semaines 2 mois après la naissance, et c’est un miracle si l’allaitement n’a pas pris fin à ce moment-là. Belle-maman qui proposait constamment de lui donner à manger (« non, R., j’essaie d’allaiter… »), ou qui disait qu’il mourrait de faim (« R., avec tout ce recul, je sais aujourd’hui que mon petit avait, et a toujours, un gros besoin de succion »). Qui me disait de le laisser râler (dans ses bras) pour qu’il ait davantage faim, qui lui collait une tétine dans le bec pour le calmer (« j’ai dit non, R.! Ca l’empêche de réclamer ! ») Qui me l’enlevait des bras lorsqu’il s’était endormi, ou pour le faire rôter (« punaise, R., je pense qu’après 2 mois à materner je sais faire rôter ! ») Le summum fut une nuit où j’ai dû aller à l’aéroport chercher la belle-soeur, en laissant mon bébé avec les grands-parents. Parce que j’avais « besoin de sortir », soi-disant (super sortie, bloquée à l’aéroport en raison de la neige !) Je fondais en larmes dès qu’un bébé pleurait. C’était animal et organique, et inexplicable. J’étais malade, avec le coeur brisé, et l’envie folle de rentrer à pieds s’il le fallait. Je m’en veux d’avoir été si faible, à essayer de faire plaisir à tout le monde en niant mes besoins et ceux de mon enfant. J’avais besoin d’une babymoon en peau à peau, mais ils venaient de loin pour en profiter… Je me sentais comme une proie encerclée par des prédateurs, je suffoquais sous mon propre toit, et la porte de ma chambre ne suffisait pas à les arrêter. En rentrant au bout de 8 heures (!), complètement inconsolable, j’ai eu droit à « tu veux que je lui donne à manger ? » Chacune de ses phrases étaient un couteau, et à chaque fois je devais me justifier, expliquer… Je me sentais humiliée. A leur départ, je me suis accrochée comme jamais, et à 5,5 mois, pour la diversification, j’ai pu passer en allaitement exclusif. C’est toujours dur, mon médecin insiste lourdement pour que j’introduise un biberon (c’est sa réponse à tout ; mauvais sommeil ? Dissipé au moment des repas ? Prise de poids constante mais lente ? Bi-be-ron !), mais je m’accroche. Désormais je ne laisse personne m’emmener sur un chemin que je ne souhaite pas emprunter. Mon fils va bien, à part son sommeil, et tant que son développement psychomoteur et son humeur sont au beau fixe, ça me va 🙂 Mais je continue de souffrir de ces premiers mois décidés par des idiots ou des incompétents, à une période où une jeune maman est très vulnérable. Ils ont ruiné ces précieux premiers instants, et imposé une routine dont il fut très dur de sortir. Je compatis avec les divers témoignages, et suis rassurée de voir que je ne suis pas si anormale :3 L’incompréhension et l’insensibilité règnent en maître…
    Ca fait du bien de vider son sac ! Lol

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