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La pensée de Maria Montessori concernant les punitions et récompenses

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La pensée de Maria Montessori concernant les punitions et récompenses

En entrant un jour à l’école, je vis, au milieu de la salle, un enfant assis tout seul dans un petit fauteuil, et qui ne faisait rien. Il avait sur la poitrine la pompeuse décoration préparée par la maîtresse.

Celle-ci raconta que l’enfant était en pénitence. Peu de temps auparavant, elle en avait récompensé un autre, en lui accrochant la croix dorée. Mais cet autre enfant, en passant auprès du petit puni, lui avait transmis sa croix, comme un objet inutile, et encombrant pour un garçon qui voulait travailler.

L’enfant puni contemplait ce médaillon avec indifférence, et puis regardait tranquillement autour de lui, sans être accablé le moins du monde par le poids du chatiment.

Ce premier incident anéantissait d’emblée toutes les sanctions. Mais nous voulions pousser l’observation plus avant et ce n’est qu’après une très large expérience que nous en avons admis la confirmation, après que, le fait constamment répété, la maitresse eut ressenti une espèce de gêne à distribuer récompenses et punitions à ces enfants qui ne faisaient pas plus de cas des unes que des autres.

On ne distribua donc plus rien. Ce qui nous avait le plus surpris avait été le fréquent refus de récompenses. Il y avait un réveil de la conscience, un sens de la dignité qui n’existait pas auparavant.

Bien du temps devait passer avant que je fusse convaincue que le refus des bonbons avait une raison en soi. Les bonbons, c’est-à-dire la gourmandise apportée comme récompense, comme futilité, représentaient un aliment superflu et irrégulier. Cela me paraissait tellement extraordinaire, que je répétai l’expérience avec insistance. J4apportai donc des bonbons ; les enfants les refusaient. Ils les mettaient dans la poche de leur tablier. Je pensai qu’étant si pauvres, ils voulaient les apporter à leur famille, et je leur dis : « Ceux-ci sont pour toi, et ceux-là, pour emporter chez toi. » Ils les prenaient, mais les mettaient tous dans leur poche et n’en mangeaient aucun. Ils appréciaient pourtant le cadeau, car, une fois, un de ces enfants, retenu au lit, fut si reconnaissant de recevoir la visite de la maitresse, qu’il ouvrit un tiroir, en tira un gros bonbon qu’on lui avait donné en clsse, et le lui offrit. Le bonbon était resté là, pendant des semaines, et l’enfant ne l’avait pas touché. Ce phénomène fut si général parmi les enfants que, dans les écoles qui s’ouvrirent par la suite, de nombreux visiteurs le constatèrent ; on écrivit, à l’époque, des livres sur ce sujet. Il s’agit là d’un fait psychique spontané et naturel. Personne n’a voulu enseigner tout à coup la pénitence et supprimer les bonbons. Il ne pouvait venir à personne la curieuse fantaisie d’affirmer : « Les enfants ne doivent ni jouer ni manger des bonbons. » Ils refusaient spontanément, des douceurs extérieures inutiles, tandis qu’ils s’élevaient à a vie spirituelle.

Il arriva qu’un visiteur distribua des biscuits en forme de figures géométriques. Les enfants, au lieu de les manger les regardaient, intéressés, en disant : « Ca, c’est un cercle ; ça, c’est un rectangle! »

Une autre anectode est celle du petit enfant qui regardait sa maman faire la cuisine ; celle-ci, prenant un morceau de beurre entier : « C’est un rectangle! » S’écria l’enfant. La maman, en coupant un coin, l’enfant lui dire : « Et maintenant, c’es un triangle » et il ajouta : « Il reste un trapèze ». Mais il ne lui dit pas la phrase habituelle : « Donne-moi du pain et du beurre! »

Source: Livre « L’enfant » – Maria Montessori

" L'espoir qui reste à l'humanité, c'est qu'un jour les parents puissent vraiment agir dans l'intérêt des enfants, qu'ils deviennent assez conscients pour être du côté de l'enfant et pour l'aider à se développer dans la liberté, l'intelligence et l'amour " A.S Neill

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L’éveil aux sons : une activité éducative et ludique à pratiquer en famille

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L’oreille du jeune enfant et sa souplesse

Il est scientifiquement reconnu que l’oreille de l’enfant est davantage réceptive à toutes sortes de sons avant l’âge de 7 ans. Même un bébé de 4 mois sait reconnaître sa langue maternelle d’une langue étrangère, selon les recherches réalisées par le Babylab, Laboratoire de Sciences Cognitives et Psycholinguistique à l’Ecole Normale Supérieure de Paris V (ma fille avait d’ailleurs participé à l’une d’entre elles à 5 mois, assez amusant je dois dire!).  Après 7 ans, les sons étrangers sont filtrés par le cerveau. Pour maintenir les capacités d’écoute et de reproduction, il paraît utile d’exposer les jeunes enfants à un éventail de sons différents et de langues étrangères.

En effet, après un certain âge le cerveau éliminera les contrastes qui ne sont pas en lien avec la langue maternelle. L’oreille infantile possède une plasticité dès sa construction, qu’elle perdra par la suite. Ainsi le bilinguisme pratiqué dès la naissance de l’enfant n’est en aucun cas nocif pour lui et n’apporte aucune surcharge cognitive pour le tout-petit. Plus tard, c’est plus compliqué, tous les adultes qui ont eu à apprendre une langue étrangère tardivement le savent (et j’en fais partie !).

Le fait d’exposer son enfant à des sons étrangers à sa langue maternelle dès le plus jeune âge est donc le meilleur moyen d’augmenter ses capacités auditives et reproductives des sons par la suite. Sans tomber dans la stimulation à outrance et le bourrage de crâne, il est intéressant de garder cette optique d’élargissement de l’éventail auditif environnemental de l’enfant, toujours dans un plaisir partagé avec le parent.

L’oreille peut donc être éduquée dès la plus tendre enfance.

Proposer à son enfant l’écoute et la manipulation de véritables instruments

Nous avons tous des souvenirs musicaux de notre enfance, imprégnés de magie et d’émotions. Il n’est absolument pas obligé d’être musicien afin d’accompagner son enfant dans la découverte des sons. Et même en ayant un parent jouant d’un instrument, il n’est pas simple d’avoir accès à toutes les musiques du Monde, terrain vaste de la créativité humaine. Pourtant il suffit simplement de certaines découvertes pour ouvrir encore plus grand l’univers des mélodies.

Afin de commencer cette ouverture aux sons, il est intéressant de pouvoir proposer à son enfant de manipuler de véritables instruments à la maison. En cherchant un peu, vous trouverez de nombreux instruments à moins de 15 euros pièce tout à fait utilisables par de jeunes enfants et produisant un son de qualité, contrairement aux instruments-jouets en plastique que l’on voit habituellement, et qu’il vaut mieux laisser de côté. Ainsi vous pourrez investir dans un guiro, souvent en forme de grenouille et dont il imite le bruit. Prenez la taille adulte, offrant toujours un meilleur son , et ne gênant pas forcément la manipulation par le jeune enfant, comme la flûte à coulisse, à choisir en bois, qui fera le bonheur de votre enfant et de longues parties de rigolades avec ses sons amusants. Des maracas en bois ou des « œufs » (en plastique en revanche) peuvent être aussi manipulés en toute sécurité. Les grelots, les triangles et les chimes à deux tons sont aussi très ludiques. Un petit tambour et un tambourin viendront parfaire la collection.

N’hésitez pas à aller sur des sites ou dans boutiques spécialisées dans les instruments, vous trouverez la plupart du temps un bon rapport qualité-prix.

L’instrument permet à l’enfant, que cela soit par son écoute ou sa manipulation, de se concentrer, d‘éveiller ses sens, d’être créatif dans un moment de plaisir partagé. Faites-en un moment de complicité ! Une fois les instruments écoutés et connus, vous pouvez jouer à les faire deviner à votre enfant qui ira se cacher pendant que vous les ferez sonner. Succès garanti avec ce jeu chez moi, dans un tunnel qui fait office de cachette!

Au niveau rythmique, vous pouvez faire ensemble le jeu de « La marche des éléphants », en effectuant des pas au rythme des percussions que vous jouez, en allant de plus en plus vite, puis de plus en plus doucement… Vous pouvez aussi utiliser les instruments comme marqueur d’un repère, tel un rituel, comme par exemple faire sonner les chimes pour annoncer l’heure du repas, ou le triangle pour signifier l’heure de ranger. Vous instaurez de cette manière dans votre vie quotidienne des repères sécurisants pour votre enfant tout en éduquant son oreille.

N’hésitez pas également si des ateliers d’éveil musical sont proposés par chez vous à inscrire votre enfant, en complément de ces moments musicaux à la maison.

L’écoute des langues étrangères : éducation auditive et ouverture d’esprit

Concernant les langues étrangères, vous pouvez commencer votre recherche sur le net, en allant voir du côté des musiques folkloriques de différents pays. Pensez également à la Médiathèque de votre ville, qui a sûrement en prêt des CD de Musiques du Monde.

Les standards brésiliens regorgent de richesse musicale, d’ambiances rythmées qui font bouger petits et grands. Vous pouvez aussi aller jeter une oreille du côté des musiques Touaregs, comme avec Tinariwen, dont la musicalité résonne dans le cœur, tant au niveau des instruments joués avec une certaine nonchalance, qu’au niveau de la langue, présentant des sonorités très différentes. Du côté du Chili, Inti-Illimani vous fera également voyager, avec notamment des chansons en Quechua, la langue des indiens de la Cordillère des Andes. Les exemples ne manquent pas, à vous de voir les musiques qui vous plaisent le plus et de les écouter tout simplement en famille.

L’écoute d’autres langues appelle l’ouverture d’esprit, en partageant avec votre enfant ces moments vous lui ferez découvrir d’autres cultures et lui offrirez aussi de beaux souvenirs. J’ai pour ma part de douces ballades écossaises en tête que me faisait écouter mon père quand j’étais petite ; il m’a d’ailleurs donné le vinyle il y a peu et je le fais écouter à mes filles non sans émotion.

En dehors des musiques et chants folkloriques, vous pouvez aussi trouver des comptines étrangères, mais attention à la qualité, rien n’est mieux que de vrais instruments plutôt qu’une boîte à rythme sans âme, pré-enregistrée. Certains dessins animés sont aussi intéressants à écouter en VO, je pense aux jolis films d’animation de Hayao Miyazaki, comme Totoro, que nous regardons en japonais à la maison avec notre grande depuis qu’elle a 5 ans. Quel plaisir d’écouter les véritables intonations des acteurs ! Toute la famille a même appris à chanter le générique en phonétique, on est fan !

Si vous êtes à l’aise avec une langue étrangère en particulier n’hésitez pas à lire une petite histoire de temps en temps à votre enfant, vous en ferez un rituel agréable. De même que lui faire écouter votre groupe favori, même si c’est un bon vieux grunge où on remue la tête!

La musique adoucit les mœurs dit-on habituellement, mais elle peut être une excellente façon d’exprimer ses émotions, comme la colère, la frustration dont nos petits loups ne savent que faire…

Alors allez-y, montez le son (mais pas trop), et éclatez-vous avec votre enfant, il n’y a rien de plus salvateur !

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Actualité

Qu’est-ce que la pédagogie Montessori ?

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Qu’est-ce que la pédagogie Montessori ?

La pédagogie Montessori découle du travail de Maria Montessori, médecin italienne (fin XIXème/début XXème siècle). Maria Montessori a observé pendant des heures des enfants porteurs de troubles, puis non porteurs de troubles, afin de mettre en lumière tout le potentiel que porte l’enfant en lui.

Grâce à son travail et avec l’aide de spécialiste, du matériel pédagogie portant le nom de « matériel Montessori » si connu aujourd’hui, a été créé pour répondre aux besoins des enfants et les accompagner dans leur développement.

Grâce à ses observations, Maria Montessori a également découvert que si les enfants évoluent dans un environnement préparé (voir ci-dessous), alors ils ont plus de facilités à se concentrer, à avoir un contrôle d’eux-mêmes et peuvent être sur le chemin de l’autonomie beaucoup plus rapidement.

Aujourd’hui, la pédagogie Montessori est connue et utilisée dans le monde entier.

L’environnement préparé

L’environnement préparé est une façon de penser et d’aménager une salle de classe (appelée ambiance dans la pédagogie Montessori). Les étagères et le matériel posé dessus sont placés dans un ordre bien spécifique afin que les enfants puissent se déplacer en toute autonomie et puissent se repérer grâce aux différentes « aires * » que contient l’environnement préparé, afin que les enfants aient des repères.

Les aires * :

L’aire de la vie pratique

L’aire de la vie sensorielle

L’aire des mathématiques

L’aire du langage

Les principes de la pédagogie Montessori

La pédagogie accompagne l’enfant dans son intégralité et sur les plans suivants : physique, social et spirituel. Grâce à la pédagogie, l’enfant peut se construire pleinement et de manière autonome. L’apprentissage de l’autonomie grâce à l’environnement préparé, à la posture des éducateurs et au matériel est l’une des bases de la pédagogie. Le respect de l’enfant et de son rythme en sont également les bases principales : chacun est là où il en est.

Les fondements de la pédagogie Montessori

Grâce à ses observations, Maria Montessori a pu constater que les enfants ont une curiosité naturelle et une soif de connaissance. Si on leur donne l’occasion de faire leurs expériences, les enfants agissent par eux-mêmes et pour eux-mêmes, grâce à leur motivation intérieure.

Selon Maria Montessori, il est primordial d’enrichir la soif de connaissance des enfants en leur apportant ce dont ils ont besoin pour cultiver cette soif de connaissance et pour acquérir des apprentissages.

Il est important de connaître le développement de l’enfant en détails, de connaître sa personnalité, son ressenti et la manière dont il réagit aux stimuli qu’on lui propose, avant de lui enseigner quelque chose. Chaque enfant est différent.

Les 5 étapes du développement de l’enfant

Au cours de sa vie et de son travail auprès d’enfants, Maria Montessori a identifié 5 grandes étapes de développement chez les enfants :

– De 0 à 3 ans : l’embryon spirituel ; l’esprit absorbant (inconscient)

De 3 à 6 ans : l’esprit absorbant ; les périodes sensibles* ; la normalisation **
De 6 à 12 ans : l’enfance

De 12 à 15 ans : la puberté

De 15 à 18 ans : l’adolescence

Ces étapes prennent en compte le développement : physique, social, intellectuel, émotionnel et spirituel de l’enfant.

Le développement psychique ?

Dans la pédagogie Montessori, le développement psychique des enfants est pris en compte par les éducateurs, afin de préparer au mieux les enfants aux aléas de leurs vies futures et en forgeant également leur sens social.

La pédagogie Montessori : une aide à la vie

Dans la pédagogie Montessori, l’enfant est considéré comme un individu à part entière. Les éducateurs prennent en compte la personnalité de chaque enfant ainsi que son propre rythme. Les éducateurs sont des guides et donnent les outils aux enfants afin qu’ils soient sur le chemin de l’autonomie et qu’ils aient confiance en eux.

Les périodes sensibles *

Grâce à son esprit absorbant, l’enfant forge sa personnalité en absorbant les éléments de son environnement et de ses pairs. L’enfant passe par des étapes appelées « périodes sensibles ».

« Une période sensible est une période particulière et limitée dans le temps pendant laquelle l’enfant est inconsciemment et irrésistiblement sensible à certains aspects de son environnement, en excluant d’autres. » – Emmanuelle Opezzo
La période sensible du langage (plus ou moins entre 2 mois et 6 ans)

La période sensible de coordination des mouvements (plus ou moins entre 18 mois et 4 ans)
La période sensible de l’ordre (plus ou moins de la naissance à 6 ans)

La période sensible du raffinement des sens (plus ou moins entre 18 mois et 5 ans)

La période sensible du comportement social (plus ou moins entre 2,5 ans et 6 ans)

La période sensible des petits objets (très courte période au cours de la 2e année)

La matériel Montessori

Le matériel pédagogique Montessori est un matériel de qualité, adapté à l’âge, à la taille et à la force de l’enfant. Le matériel isole les qualités, c’est-à-dire qu’il contient un seul apprentissage à la fois. L’éducateur montre à l’enfant – avec des gestes lents et détaillés – comment manipuler un matériel et réaliser une activité, puis c’est au tour de l’enfant à essayer et à manipuler plusieurs fois afin, non seulement d’apprendre à se concentrer, mais d’acquérir des apprentissages.

Formation Montessori

Vous pouvez vous formez à la pédagogie Montessori avec la formation Montessori WFM.

 

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12 citations inspirantes par Maria Montessori

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Maria Montessori, née le 31 août 1870 à Chiaravalle près d’Ancône, dans les Marches (Italie), et morte le 6 mai 1952 à Noordwijk aan Zee (Pays-Bas), est une médecin et pédagogue italienne. Elle est mondialement connue pour la méthode pédagogique qui porte son nom, la pédagogie Montessori.

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