Les violences obstétricales : brisez le silence !

Les violences obstétricales : brisez le silence !

ImprovingBirth est un groupe de défense contre les violences obstétricales et qui lutte pour le respect des femmes et de leurs choix lors de l’accouchement, y compris où, comment et avec qui elles donneront naissance, le droit d’être traitée avec dignité et compassion. ImprovingBirth est né en décembre 2011 à San Diego ; d’abord présent aux Etats-unis seulement,  le mouvement s’est très vite propagé à travers le monde réunissant femmes et hommes. Des rassemblements sont organisés pour exiger un traitement plus respectueux des femmes lors de l’accouchement, y compris leur droit à l’information complète et la prise de décisions dans leurs soins. Beaucoup de femmes ne savent pas que le respect et la compassion lors de l’accouchement ne sont pas seulement un luxe ; ils sont un droit.

L’organisation mondiale de la santé (OMS) a récemment publié une déclaration se voulant être un appel à l’action, urgent et mondial, concernant l’élimination du manque de respect et des mauvais traitements lors de l’accouchement. L’organisation constate qu’un nombre croissant d’études révèlent que partout dans le monde, nombreuses sont les femmes qui font l’amère expérience des traitements irrespectueux, de négligence ou de mauvais traitements pendant l‘accouchement constituant une violation de leurs droits : à la vie, à la santé, au respect, à l’intégrité physique. Il est vrai que ces violences peuvent avoir lieux également lors de la grossesse et du post-partum, mais l’accouchement reste le moment où la femme est le plus vulnérable et où l’impact sur elle et son bébé seront le plus direct. Plusieurs associations américaines ce sont jointes à l’OMS et ont approuvé leur déclaration.

« Les rapports publiés sur le manque de respect et les mauvais traitements subis par les femmes lors de l’accouchements en établissement de soins font état d’agressions physiques, d’humiliations graves, d’agressions verbales, de procédures médicales imposées de manière coercitive ou effectuées sans l’obtention d’un consentement (incluant la stérilisation), de manque de confidentialité, d’absence de consentement pleinement éclairé, de refus de leur administrer des médicaments contre la douleur, de violations flagrantes de leur intimité, de refus d’admission dans les établissements de santé, de négligence entraînant des complications évitables et qui constituent une menace pour leur vie, et la détention des femmes et de leur bébé dans l’établissement, après la naissance, lorsque la mère est incapable d’acquitter les frais exigés »

La recherche montre qu’il faut une moyenne de 15 à 20 ans pour que les meilleures preuves médicales soient mises en pratique. En attendant, le taux national de césarienne, étant d’une naissance sur 3, est largement reconnu comme étant trop élevé par les organisations sanitaires et médicales nationales, dont beaucoup ont recommandé de réduire l’utilisation de diverses interventions durant accouchement qui imposent des risques supplémentaires pour la santé des mères et des bébés. Les États-Unis sont le seul pays dit développé avec un taux de mortalité maternelle en hausse.

Imaginez quel changement nous pourrions apporter si nous nous emparions de notre puissance en tant que consommateurs ; en poussant les maternités à utiliser des soins basés sur des preuves, faisant de cela la nouvelle « norme » du soin, et apporter à l’humanité un accouchement respectueux.


ImprovingBirth a crée un forum où chaque personne qui en ressent le besoin peut venir briser le silence en parlant de son expérience, sans honte ni gêne. « Nous pensons que parler de ces expériences est la première étape vers le changement. » Une campagne photos a donc été lancée, demandant à chacun(e) de venir briser le silence. Plusieurs professionnels de santé se sont joint à la campagne et y ont aussi participé car oui, même si ces cas d’abus existent, nombreux sont ceux qui pratiquent et font la promotion du respect et des soins fondés sur des preuves.

Voici quelques exemples

(→Pour voir la campagne entièrement)

01Je suis arrivée à la maternité dilatée à 8 cm avec mon aîné. Le médecin m’a annoncé qu’il allait perforer la poche des eaux ; quand je lui ai demandé si c’était vraiment nécessaire, il m’a crié dessus : « soit je perce la poche des eaux maintenant, ou vous pouvez vous lever et rentrez chez vous ! » Avant que je n’ai pu réagir, il a mis le crochet et il a perforé mes eaux ! Ce n’est pas acceptable ! #Briserlesilence

02 Une des mes patientes a reçu des médicaments anti-douleurs et faisait un petit somme. Le médecin est arrivé, il l’a auscultée et a rompu sa poche des eaux pendant qu’elle dormait. Quand je me suis rendue compte de ce qu’il faisait, je lui ai demandé s’il allait la réveiller d’abord. Il a répondu : « Je n’ai pas besoin de sa permission , je le ferais de toute façon. » #Briserlesilence #Améliorationdelaccouchement

03Parce qu’aucune femme ne devrait être amenée en chirurgie en hurlant : « Je ne veux pas de césarienne ! » et qu’on lui réponde : « Tais-toi ou on va t’assommer » #Violedaccouchementexiste #Ameliorationdelaccouchement #Jennifernestpasseule

04On m’a obligée a avoir une césarienne SANS ANESTHÉSIE #briserlesilence #ameliorationdelaccouchement

05Lorsque j’ai vu le médecin attraper les ciseaux, j’ai dit pas d’épisiotomie. Elle m’a coupé au 4ème degré, une épisiotomie qui a nécessité une chirurgie 5 mois plus tard. Non voulait dire non ! #briserlesilence

06On m’a menti pour que j’accepte un déclenchement artificiel à 37 semaines + 3 jours. L’obstétricien et les infirmières m’ont droguée et coupée sans demander mon autorisation. On a tiré mon placenta sans qu’il se détache tout seul. Des décisions ont été prises SANS MOI et elles auraient pu tuer ma fille et moi-même. J’ai eu certes un accouchement par voie basse, mais j’ai aussi eu une dépression post-partum et dépression post-traumatique. 5 ans et 1 enfant plus tard, je suis toujours hantée par mon expérience. #Briser le silence

07 Il a mis ses deux mains dans mon vagin et a tiré mon bébé en me déchirant. J’ai dit « NON » et « ARRÊTEZ », mais il a continué. Il se précipita de mettre mon bébé dehors, couper immédiatement le cordon, sorti mon placenta, cousu sans avertissement ou anesthésie, avant de quitter la pièce. Le médecin qui m’a attaquée a mis dans mon dossier que j’étais abusive et ne voulais pas coopérer. #Briserlesilence

08Je suis éducatrice périnatal. Lorsque j’ai demandé à mes étudiants si l’un d’entre eux avaient demandé à du personnel médical ce qu’ils pensaient des plans de naissance, une femme m’a répondu: « mon médecin m’a dit que quelqu’un qui apporte un plan de naissance, c’est une césarienne garantie. » Je n’ai jamais entendu parler d’une autre discipline que la médecine où ils seront d’accord de faire un acte chirurgical inutile sur un patient comme une punition pour la rédaction de leurs préférences en matière de soins. #Briserlesilence

09 On m’a mis un masque à oxygène sur la bouche pour « STOPPER » mes hurlements lorsque l’on m’a maintenue et mis un moniteur fœtal interne dont mon bébé n’a jamais eu besoin. Quand ils ont fini, je saignais du nez et l’infirmière m’a dit que j’étais « tendue ». #Briserlesilence

10Je suis une assistante à la naissance (doula). J’ai vu les femmes en travail à qui on mentait, sur qui l’on criait, être contraintes, intimidées, rabaissées, ignorées, et même abusées physiquement.

Aujourd’hui, je souhaite à mon tour me joindre à la campagne photos de ImprovingBirth et j’invite toutes les francophones victimes de violences obstétricales à briser le silence à leur tour en joignant une photo, comprenant un témoignage + le hashtag #Briserlesilence. (mamanmaterne@gmail.com) Je publierai chacun de vos photo-témoignages dans un album via la page facebook et à la suite de cet article.

N’ayez pas honte, vous n’êtes pas seul(e) !

Justine

« L'espoir qui reste à l'humanité, c'est qu'un jour les parents puissent vraiment agir dans l'intérêt des enfants, qu'ils deviennent assez conscients pour être du côté de l'enfant et pour l'aider à se développer dans la liberté, l'intelligence et l'amour »A.S.Neill

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