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Vivre une dénonciation calomnieuse faites aux services sociaux

Il y a un an nous étions en plein dedans. Ça fait un an que je cogite ce billet. J’avais besoin d’exorciser cette histoire qui m’a touché, qui a touché ma famille. J’ai mis du temps à le faire car c’était encore douloureux, une épreuve qui m’a beaucoup marqué, mais tant qu’on a pas vécu ça on ne peut pas comprendre ; surtout toutes ces émotions qui nous traverse en long et en large.

« C’est rien, tu n’as rien à te reprocher de toute façon » ; « Ne t’inquiète pas » sur le papier ou même avec le recul, c’est vrai, mais sur le moment les choses sont complètement différentes.

Il y a un an, j’avais même écris un texte où je relatais tout, au jour le jour, mais une fois que tout s’est terminé j’ai juste supprimé mon texte, c’était ma façon de marquer un point final à cette histoire et de garder une chose de plus en moi.

Avant la dénonciation

Il y plus d’un an, je vivais en immeuble avec ma famille et mes deux enfants. Rayan était encore dans mon ventre. Je vivais au deuxième étage. Mais une famille qui s’installe n’était pas du gout de la femme au rez-de-chaussée. Les couloirs embaumaient l’alcool. Plusieurs fois dans la semaine, après 20h, elle commençait à mettre de la musique tellement fort que notre appartement tremblait. Parfois les enfants se réveillaient, parfois non. En tout cas, nous avons peu dormis durant cette période. On a essayé de communiquer avec cette dame, mais elle était fermée et très virulente. L’habitude était, dès qu’elle nous voyait, elle nous insultait. Mes enfants qui la croisait l’appelait « mamie » je me souviens. L’innocence des enfants. Chaque fois qu’ils la croisaient ils lui disaient « bonjour ». Elle ne les calculait pas ou permettait à son chien d’approcher mes enfants. Adam étant hypersensible et phobique des chiens. Nous appelions souvent la police pour qu’ils constatent et que des mains courantes soient déposées. Elle poussait le délire toujours plus loin.

Je me rappelle qu’une fois nous étions partie en course. On revient et on voit des pompiers, la police devant notre petit immeuble. On se dit, : « mais purée, qu’est-ce qui ce passe?? » Elle nous pointe du doigt auprès des équipes. Avec mon mari on se regarde, « qu’est-ce qu’elle a fait, encore? ». Un policier vient vers nous, nous mets dans un coin. Il pleuvait fort, je voulais que mes enfants rentrent à l’abris, mais refus. Nicolas les emmènes s’abriter dans la voiture et je reste avec la police. « On sent une odeur d’un produit toxique. Votre voisine a appelée les pompiers. C’est vous qui avez fait ça? Quel produit vous avez utilisez? » J’étais juste abasourdie ! un pompier arrive et dit au policier : « Ce n’est pas eux, ils viennent d’arriver. Je les ai vu! ». Mini interrogatoire. On me demande s’ils peuvent aller dans notre appartement prendre le taux de toxicité et voir si le produit en question et chez moi. Je réponds qu’il n’y a aucun souci, je monte avec eux et les laisser voir ce qu’ils veulent. On me dit que tout est OK. Malgré tout, on me glisse des phrases comme « Alors, c’est vous qui embêtez la dame? » Elle nous aura fait le coup par deux fois.

Jusqu’au jour où cette dame, ivre, musique à fond qui réveille mes enfants hurlent dans les couloirs à nous insulter. Mes enfants dormaient. Je sors, hormones de grossesse, j’étais prête à en devenir violente physiquement. Nicolas me retient et me dire que ça ne sert à rien de toute façon. Le lendemain j’étais censé rentrer à la maternité pour accoucher. Super comme ambiance, n’est-ce pas? J’hurle tellement que je ressens une vive contraction dans les reins, ce qui me calme et me fait rentrer chez moi. On appelle la police qui intervient. Ils s’en vont et là voilà qui débarque devant notre porte, en tapant avec un ballet. Je la film à ce moment-là. Elle nous menace de mort, mes enfants et moi. Le lendemain matin, commissariat où on prendra ma plainte. De là, elle sera convoqué au commissariat et le procureur décide de la poursuive, donc tribunal.

Il fallait gérer cette dame et sans cesse rassurer les enfants, les protéger de cette situation toxique. J’envoyais des tonnes d’emails, de courriers à la ville, au bayeur, mais nada. Sauf que suite aux menaces de mort, les choses ont commencé à bouger. J’ai pu obtenir un nouveau logement, à la campagne où on sera tranquille. On déménage, enfin.

La dame est relaxée par le tribunal. Merci la justice ! Mais ce même jour, elle décide d’écrire aux services sociaux et de nous signaler. De là, on reçoit une lettre. Suite à une dénonciation anonyme nous devrons subir une enquête sociale.

Vivre une dénonciation calomnieuse

A partir de ce moment, on s’est mis en apnée. Le coeur serré et l’estomac en vrac.  On était rongé par l’inquiétude, car oui tu ne peux pas t’empêcher de penser, de réfléchir de te poser 35000 questions et de t’imaginer les pires scénarios possibles. Nos proches étaient là, nos amis aussi pour nous rassurer, heureusement car sans cette bouffée d’oxygène je ne sais pas comment nous aurions tenu.

Sauf que, j’ai fais ce qu’il ne fallait pas faire. J’ai effectué une recherche Google pour voir si d’autres familles ont eu affaire à des dénonciations calomnieuses et là.. Je pouvais lire des choses horribles, très inquiétantes. Ce qui était un stress au début et devenu une angoisse qui te paralyse, la peur de perdre tes enfants. A ce moment, tu ne te résonne pas en te disant : « Bon, on ne t’enlève pas tes enfants comme ça, sans raison particulière, parce que ça plait au bon vouloir des personnes que tu rencontrera. » Ce moment-là, tu le vis dans la paranoïa. Ça fait mal. Tu t’imagines déjà perdre tes enfants parce que tu vas tomber sur des personnes mal intentionnées. Toi qui materne depuis la naissance, mets tout en en oeuvre pour éducation non-violente, respectueuse, empathique, tu te retrouve là, en pleine injustice. J’avais mal d’être dans cette situation à cause d’une femme toxique.

Le pire, c’est que cette attente a duré plusieurs mois. Plusieurs, très longs mois. Mais nous avions des amis au top qui étaient là pour nous rassurer, nous épauler. Notre famille également. Et puis, le fameux jour arrive, la veille de l’anniversaire à Rayan. On reçoit une puéricultrice et une assistante sociale à la maison. Moi qui avait lu qu’elles arrivaient avec un visage fermé, dur, j’ai vu deux femmes très souriantes, très gentilles. Ça m’a aidé à me détendre et à me faire comprendre que ce qu’on peut lire sur le net est souvent très exagéré. On a passé du temps à discuter. Les enfants ont montré leur chambre, leurs jouets, leurs livres. Ils étaient ravies d’avoir de la visite, surtout que la puéricultrice connaissait leur livre du moment « La couleur des émotions ».

Elles nous expliquent que c’est une procédure obligatoire. Et je n’ai rien contre, si cela pour sauver ou aider des enfants, c’est une excellente chose. Ce qui me mets en colère, c’est qu’une dénonciation puisse être faites aussi facilement, sans aucune preuve, car oui les diffamations sont tellement nombreuses ! J’ai pu lire de nombreux témoignages relatant tous la même chose : un conflit de voisinage ou familial et qu’est-ce qu’on fait pour se venger? Un signalement! Les enfants se portent à merveille, c’est juste pour tenter de nuire, pour faire chier. Je trouve ça tellement grave, mais aussi dangereux. Du temps de perdu qui pourrait être utilisé à aider des familles réellement en difficulté ou des enfants en danger. Ça me révolte. Ça me rend folle. Tu ne peux même pas te retourner contre la personne, en déposant plainte pour diffamation car ben.. elle est tellement courageuse que c’est fait en anonyme, donc c’est ta parole contre la sienne. J’aimerai que les services sociaux poursuivent directement ceux qui font des dénonciations calomnieuses pour faire place aux VRAIES cas.

Plusieurs mois plus tard, sans surprise, une lettre nous indique que notre dossier a été classé sans suite. Je sais que d’autres personnes passeront par là et chercheront à être rassurées, alors j’espère qu’elles tomberont sur mon billet. Une petite bouffée d’oxygène lorsqu’on est sous l’eau.

 » L’espoir qui reste à l’humanité, c’est qu’un jour les parents puissent vraiment agir dans l’intérêt des enfants, qu’ils deviennent assez conscients pour être du côté de l’enfant et pour l’aider à se développer dans la liberté, l’intelligence et l’amour  » A.S Neill
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 » L’espoir qui reste à l’humanité, c’est qu’un jour les parents puissent vraiment agir dans l’intérêt des enfants, qu’ils deviennent assez conscients pour être du côté de l’enfant et pour l’aider à se développer dans la liberté, l’intelligence et l’amour  » A.S Neill

Comments (3)

  1. Bonjour,
    Je suis soulagée de savoir que tout s’est finalement bien passé pour votre famille.
    Je suis désolée de vous embêter avec ça, mais m’autorisez-vous à vous renvoyer votre article sans fautes d’orthographe ?
    Merci pour votre temps,
    Emma.

  2. Heureusement que ça s’est bien terminé. Ce genre de situations me révoltent et malheureusement cette espèce de créatures on en trouve un peu partout.

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