[Temoignage] l’allaitement de mon enfant adopté

[Temoignage] l’allaitement de mon enfant adopté
Témoignage magnifique : l'allaitement de mon enfant adopté

 

Donc, même si je n’ai que quelques gouttes de lait, je m’autoriserai à mettre mon bébé au sein et à créer ainsi cette relation. Première étape : trouver un tire-lait efficace. Il m’en faut un électrique, double pompage, pour réaliser six séances par jour pendant plusieurs semaines avant la naissance du bébé.

Premier obstacle, mais grâce au soutien de celles qui se sont associées au projet, je suis mise en relation avec la société Almafil qui, vu le contexte (la sécurité sociale ne prend pas en charge la location, dans ce genre de situation), accepte de m’en prêter un. En novembre 2006, nous prenons l’avion avec, dans nos bagages, un tire-lait, le protocole de lactation induite et quelques boites de Motilium et de fenugrec. Nous ne savons pas encore, à ce moment-là, si nos démarches aboutiront et, si elles aboutissent, à quel moment nous serons parents, mais nous y croyons, et cette possibilité d’allaitement nous enchante, mon mari et moi.

Au fil des mois, nos démarches se précisent : nous serons parents d’un bébé qui doit naître début juin. Je débute le protocole en mars, et au mois d’avril, je commence à avoir quelques gouttes de lait. Au fil des jours, ma production augmente, pour atteindre 290 ml la veille de la naissance.

Notre petite Alicia pointe le bout de son nez le 6 juin 2007, et quelques minutes après sa naissance, prend mon sein et se met à téter… Un moment merveilleux ! Pendant les premiers mois, j’ai vécu un cocktail d’émotions intenses, un immense bonheur, teinté de pointes d’angoisse : quand devais-je compléter, combien devais-je donner ? J’ai été beaucoup soutenue par le forum « Allaiter pour tous » et par les réunions LLL. J’ai pu ainsi avoir de précieux conseils et être encouragée les jours de doute.

Alicia a passé les premiers mois de sa vie dans le porte-câLLLin ou l’écharpe, tétant à volonté. J’ai ainsi pu la nourrir à 60 % avec mon lait, et jusqu’à 100 % certains jours. Quand je complétais, j’utilisais la plupart du temps un dispositif d’aide à l’allaitement, ce qui permettait de continuer à stimuler ma lactation. Et grâce à la rencontre d’autres mamans aux réunions LLL, Alicia a eu la chance d’avoir une « marraine de lait », une maman qui tirait son lait en surplus. Alicia était ainsi nourrie 100 % lait maternel, ce qui a été très bénéfique pour elle, car elle est intolérante au lait de vache.

Alicia a maintenant 10 mois, elle est diversifiée, mais toujours allaitée, pour notre plus grand bonheur à toutes les deux ! Allaiter ma fille n’a jamais été un moyen d’oublier que je ne l’avais pas portée. Mais savoir que grossesse et allaitement peuvent être dissociés, et pouvoir vivre l’un sans avoir vécu l’autre est quelque chose d’extraordinaire, qui mérite d’être connu. 95 % des gens que j’ai rencontrés, y compris dans le milieu médical, ne le savaient pas et disaient : « Ah bon, c’est possible ? » Oui, c’est possible, et finalement assez simple : un bon tire-lait, quelques plantes, beaucoup de volonté et aussi beaucoup de soutien.

Alors un grand grand merci à toute cette chaîne de solidarité, tous ceux qui y ont cru, et même parfois plus que moi au début : Grégory mon mari, Odile, Charlotte, Lea, le forum « Allaiter pour tous », Emmanuelle, Laurence, Stéphanie et toutes les mamans LLL de La Rochelle.

Delphine L
Charente Maritime

Extrait du numéro 76 d’Allaiter aujourd’hui (oct-nov-déc 2008)

Justine

" L'espoir qui reste à l'humanité, c'est qu'un jour les parents puissent vraiment agir dans l'intérêt des enfants, qu'ils deviennent assez conscients pour être du côté de l'enfant et pour l'aider à se développer dans la liberté, l'intelligence et l'amour " A.S Neill

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