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Périnatalité

Refacilitation de naissance : le cri de la vie

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Refacilitation de naissance : le cri de la vie

Quatre mois après la naissance mouvementée de ma fille, mon mari et moi sommes retournés voir la sage-femme avec qui nous avions pratiqué l’haptonomie durant ma grossesse afin de participer à une refacilitation de naissance.

J’avais bien en tête que le but était de permettre à l’enfant de faire son chemin, celui qu’il n’a pas pu faire seul le jour de sa naissance (puisqu’il y a eu césarienn dans mon cas). Mais je n’arrivais pas à me représenter comment…

Si l’intérêt que j’y voyais était de pouvoir mieux (re)vivre un accouchement difficile, j’avais aussi un peu peur de seulement « perturber » mon bébé par des émotions nouvelles. Je me répétait au fond de moi que, des deux, j’étais peut-être celle à avoir le plus mal vécu les évènements. Ma fille n’avait pas du tout l’air perturbée, c’était un bébé calme et serein. Et je vous rassure, ça l’est toujours !

Mais je m’interrogeais aussi beaucoup sur ce qu’elle avait pu ressentir. Qu’avait-elle pensé durant ces fortes contractions où le travail n’avançait pas ? Qu’avait-elle ressenti quand, peut-être enfin, on était venu la chercher dans son petit cocon ? C’est difficile d’interpréter ce que vit son bébé à l’intérieur. Grâce à cette refacilitation de naissance et à l’accompagnement de la sage-femme, mais aussi en écoutant mon coeur et celui de ma fille, j’ai pu me faire ma propre idée et je pense que ça a été un pas en avant très important dans notre relation à toutes les deux.

Des pleurs et un immense appel à la vie

Je me suis installée dans un canapé, entourée de la sage-femme et de mon mari. Je pouvais tout choisir comme dans mon accouchement idéal. Où devait se mettre mon mari, comment je souhaitais qu’il m’accompagne, etc.

La sage-femme a déposé ma fille sur moi, la tête en bas posée au creux de mes cuisses fermées. Elle devait chercher à passer, à faire le trajet nécessaire sans que je ne libère moi-même le chemin. C’était comme durant les séances d’haptonomie, il fallait sentir les choses, lui laisser de l’espace, petit à petit, mais sous son impulsion à elle.

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J’étais à fleur de peau et extrêmement stressée. Comme lors d’un accouchement…

Elle a pleuré, pleuré, pleuré. J’avais envie de dire stop, mais la sage-femme l’accompagnait du bout des doigts et son calme m’a beaucoup aidée. Je devais lui parler, l’encourager, lui dire que j’étais là pour elle, que je l’attendais et que ce qu’elle faisait était super !

C’était compliqué, la descente n’avançait pas exactement comme ce jour-là. Sensation de blocage… Et la sage-femme m’a fait remarquer son positionnement.

La manière dont elle essayait de s’engager n’était pas la bonne, elle était coincée par son épaule et sa tête était mal mise. C’est une explication sur ce qui a pu se passer le jour de l’accouchement, même si ce n’est pas scientifique. Elle hurlait très fort et je ressentais tout son stress, je pense qu’elle revivait les choses. Elle se sentait coincée et elle avait sans doute peur. Quelque part au fond de moi je culpabilisais de la remettre dans cette situation, mais cette fois on pouvait l’aider. La sage-femme l’a guidée et, petit à petit, je l’ai sentie glisser entre mes jambes. J’ai pu aller la chercher de l’autre côté avec mes mains et venir la poser contre moi pour la calmer.

Nous avons même pu échanger nos regards, ce dont nous avions été privées.

« On va recommencer, mais cette fois elle va le faire toute seule ! »

La sage-femme l’a remise en position, elle a recommencé à pleurer mais cette fois son chemin a pris beaucoup moins de temps. Elle s’est directement bien positionnée et elle est passée. Et c’est là qu’elle a poussé un cri… LE cri, celui des bébés qui viennent au monde, celui qu’on entend dans les films ou dans babyboom, le cri qu’elle n’avait pas pu pousser et celui que je n’avais pas pu entendre. Ma fille venait de venir au monde une 2e fois et moi j’avais pu y assister. C’est de cette manière que j’ai vécu les choses. Elle a pleuré longtemps dans mes bras, me racontant ce qu’elle venait de vivre, ce qu’elle avait ressenti et m’écoutant poser des mots et des émotions sur ses pleurs.

C’est aussi à cet instant que j’ai réalisé que, lorsque mon mari l’a eu dans ses bras pour le premier peau à peau, pendant que j’étai endormie, elle n’avait pas pleuré. Elle l’avait regardé dans le fond des yeux pendant 1h sans qu’aucune larme ne sorte. Nous lui avons permis ce jour-là non seulement de faire son chemin mais aussi de nous raconter son histoire.

Si vous avez vécu un moment compliqué à la naissance de votre bébé ou s’il vous manque quelque chose, à vous ou à votre enfant, je ne peux que vous encourager dans cette direction.

J’en profite pour remercier Dominique Porret, la sage-femme qui nous a permis de vivre ce moment et je vous renvoie vers son site qui explique très bien le processus.

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