Quand mon enfant s’ouvre au monde : “c’est quoi ça?”

Quand mon enfant s’ouvre au monde : “c’est quoi ça?”

Le symptôme

Ça fait 13 fois que votre enfant montre le chat en demandant: “c’est quoi ça?”. 13 fois que vous lui répondez que c’est un chat. Mais il repose encore la question. Vous commencez à lui ausculter les oreilles pour vérifier si il entend bien, vous vous demandez si tout est bien “connecté” dans son cerveau… Pas de panique. Lorsque votre enfant commence à poser 30 fois la même question, c’est signe que tout va bien.

Alors c’est vrai que pour nous, parents, cela peut devenir lassant de répéter encore et encore la même chose. Et puis parfois, leurs questions peuvent nous laisser dubitatif. Mais dans tous les cas, cette étape est cruciale dans le développement de nos bouts de chou.

Comme je dis toujours, il faut voir le côté positif des choses. Alors puisqu’on ne peut pas échapper à ce passage relativement long (même nous adultes, nous nous posons parfois la question…), autant faire en sorte que cela se passe bien et surtout de le vivre bien. Et puis franchement, il y a pire que de répondre à des questions, même si c’est 20 fois la même question. Surtout qu’à notre époque, nous avons un outil merveilleux pour avoir réponse à tout: internet.

Mon enfant s'ouvre au monde

Le disque de votre enfant est rayé sur “C’est quoi ça ?”

Lorsque l’enfant commence à bien s’exprimer et surtout à exprimer ce qu’il ressent (vers 2 ans- 2ans et demi en général), il s’ouvre de plus en plus vers le monde extérieur. Cette ouverture l’amène à se poser des questions sur tout ce qui l’entoure. Pour nous adultes, ces questions peuvent nous sembler parfois futiles, mais pour l’enfant, elles sont capitales. Il voit de nouvelles choses, il entend de nouvelles choses, il sent de nouvelles choses, il ressent de nouvelles choses, et ces choses, l’enfant à besoin de les comprendre. Il a besoin de les comprendre pour aller plus loin encore dans ses découvertes et ses expériences.

Nous-mêmes adultes, avons besoin de comprendre les choses que nous ne comprenons pas. C’est le propre de l’humain: vouloir toujours avoir des réponses. C’est ce besoin de tout comprendre qui pousse l’homme à aller toujours plus loin dans la conquête de l’espace, dans les recherches scientifiques, dans l’avancé technologique, etc. Ce besoin de comprendre est encore plus intense chez les enfants. Ils ont un désir et même un besoin d’apprendre très important.

Ce n’est pas toujours facile de gérer la répétition de la même question comme: “c’est quoi ça?” en montrant la petite cuillère. Au bout de 15 fois où l’on répond: “c’est une petite cuillère”, ça peut devenir lassant. J’ai remarqué avec ma fille qu’au bout d’un moment, si je rajoute une info comme: “ça sert à manger” par exemple, elle ne pose plus la question. Un peu comme si il lui manquait une information et donc elle répète jusqu’à ce qu’on lui dise ce qu’elle veut savoir. A deux ans et demi, elle ne sait pas toujours demander clairement ce qu’elle a besoin de savoir. En tous cas c’est ce que je me dis et très souvent, ça fonctionne.

Mais je pense surtout qu’un enfant à besoin qu’on lui répète encore et encore les informations qu’il demande pour pouvoir les intégrer, les assimiler.

Entretenir la curiosité

Répondre aux questions même incessantes des enfants, c’est d’abord leur permettre de comprendre et d’appréhender le monde qui les entoure.

Mais pas seulement.

Cela leur permet également d’instaurer une relation de confiance avec leurs parents et les adultes qui les entoure et même créer des liens affectifs.

Ce que je trouve merveilleux, c’est que répondre aux questionnements de nos petits amours leurs permet d’entretenir leur curiosité. En effet, ils peuvent aller ainsi plus loin dans leur questionnement ou ils peuvent “passer à autre chose”.

Lorsque nous cherchons une réponse à un problème, que nous avons une quelconque question, il est simple d’aller trouver notre réponse sur internet ou dans les livres. Nos enfants, eux, n’auront pas cette facilité avant quelques années. Ils n’ont que nous pour répondre à leurs questions.

Mon enfant s'ouvre au monde

Adapter les réponses

En dehors du fait qu’ils vont parfois mettre notre patience à l’épreuve, il faut également arriver à gérer les réponses.

Pour commencer, il faut savoir adapter les réponses en fonction du “niveau” de l’enfant. On ne va pas donner la même réponse à un enfant de 3 ans qu’à un enfant de 6 ans. Les mots ne seront peut-être pas tout à fait les mêmes.

Certains enfants, au même âge, ont plus de connaissances dans un domaine que d’autres. Il est donc possible de développer un peu plus dans ce cas.

Et pourquoi ne pas exciter plus encore la curiosité? Par exemple, un oiseau passe et bien sûr, notre cher enfant s’exclame: “c’est quoi ça?”. Nous pouvons simplement répondre que c’est un oiseau, ou nous pouvons répondre: “c’est un oiseau, plus précisément une pie. Regarde, elle va dans l’arbre. Peut-être qu’elle ramène de la nourriture à ses petits”. Bien sûr, pour partir dans de telles discussions avec son enfant, il faut aimer le sujet ou avoir très envie de se prendre au jeu. C’est toujours un moment très agréable.

Mais ce qui me semble extrêmement important dans toutes les situations, c’est de ne pas mentir et d’être sincère. Si vous ne connaissez pas la réponse, il vaut mieux le dire clairement que de raconter n’importe quoi. Pourquoi ne pas proposer à l’enfant d’aller chercher ensemble la réponse? Encore l’occasion de passer un super moment et en plus de lui montrer comment chercher une information.

A éviter absolument

Lorsque j’étais moi même une enfant, il y avait une phrase qui me mettait à chaque fois très en colère. C’était: “tu comprendras quand tu seras grande“, ou “t’es trop jeune pour comprendre”. Qu’est-ce que je détestais cette réponse. J’avais la sensation d’être prise pour une idiote parce que j’étais sûre que si on m’expliquais, je serai capable de comprendre. Mais personne ne m’expliquais. J’aurai préféré que l’adulte me dise qu’il n’était pas capable de m’expliquer.
Il y en a une autre aussi qui me mettait hors de moi: “c’est un truc pour faire parler les enfants“. Cette “réponse” me vexait terriblement. J’avais la sensation que c’était juste méchant et dit pour m’énerver.  Je trouvais injuste de me donner ces réponses juste parce que l’adulte en face de moi avait la flemme de me répondre simplement.

Puis, je l’ai déjà dis mais je le répète, il faut vraiment éviter de mentir, toujours rester honnête mais aussi ne pas se moquer d’un enfant qui demande quelque chose qui peut nous sembler idiot. Aucune question n’est idiote. Cela risquerait de briser la confiance qu’il a envers les autres.

Et même si l’enfant pose une question délicate ou gênante, il faut faire de notre mieux pour dépasser nos appréhensions, nos gênes pour répondre le plus juste et le plus honnêtement possible. Pas facile, c’est vrai, mais pas impossible.


Article écrit par Jennifer pour oummi-materne.com, fondatrice du site astuces-bienveillantes.com. Retrouvez sa chaîne You tube et sa page Facebook.

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