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Nos bébés ont 100 000 ans

Nos bébés ont 100 000 ans

Je suis en train de lire un bouquin qui, je le pense, devrait finir dans les bibliothèques de tous les parents, futur parents et personnes appelées à s'occuper de bébés / bambins / enfants :

Serre-moi fort, Comment élever vos enfants avec amour, de Carlos Gonzales

Il y a de quoi écrire plusieurs articles (ce que je vais faire au fur et à mesure que ma lecture avance). Pour mieux les comprendre, je vais d'abord vous parler de la raison pour laquelle nos bébés naissent tous pareils (même si le nôtre est le plus beau, bien sûr).

À la naissance, nos amours n'ont lu aucun livre, écouté aucun conseil, regardé aucune émission, appris aucune religion. La seule chose qui s'exprime donc chez eux, c'est l'instinct. Mais qu'y a-t-il derrière ce mot ? L'instinct, c'est l'expression de ses gènes, c'est la sélection de mutations optimale pour que l'espèce survive. Hors, depuis 100 000 ans, il n'y a eu aucune mutation significative dans le génome Humain. Cela veut dire que le petit qui est en train de naître pendant que j'écris cet article est exactement le même que celui qui a vu le jour 100 000 ans avant lui.

Dis Maman, c'était comment il y a 100 000 ans ?

Mon petit, il y a 100 000 ans, les humains vivaient dans un monde sans médecine pour protéger des maladies, sans maison pour protéger des prédateurs. Il y a 100 000 ans, l'humain était un animal (presque) comme les autres.

En ce temps-là, un bébé humain laissé seul n'avait que peu de chance d'être encore en vie au retour de sa mère (l'humain n'avait pas encore conscience du rôle du mâle dans la fabrication d'un bébé). Car l'humain naît avec un cerveau qui n'est pas fini, de manière à ce que sa tête puisse passer par le bassin étroit dû à la bipédie. Et comme tous les animaux qui, une fois autonome, doivent avoir un comportement réfléchi (stratégie, fabrication, socialisation), il est dépendant de sa mère car il doit apprendre. Pensez aux lions (stratégie de chasse), aux orang-outan (fabrication d'outils), aux baleines (socialisation)... Tous naissent fragiles et ultra-dépendants. La contrepartie de cette intelligence est une extrême fragilité.

Dans son livre, C. Gonzales explique très bien ceci :

Pour connaître la norme d'une espèce sur la façon dont la mère doit s'occuper de ses petits sans avoir à les observer durant des semaines, il y a une expérience très simple à faire. Il suffit d'éloigner la mère de ses petits. Si ces derniers restent calmes (comme les petits lapins, par exemple), alors il est normal que la mère reste éloignée longtemps de ses petits (la lapine de notre exemple peut ainsi aller se nourrir sans qu'un prédateur ne soit informé de la présence de petits repas par leurs cris). Si au contraire les petits se mettent à hurler comme si le prédateur était déjà là, alors il est normal que la mère reste en permanence avec ses petits.

Alors ? Comment réagissent vos petits ? Quelle est donc la norme de notre espèce ?
Je tiens à préciser que chez l'humain, il est plus question de figure principale d'attachement que de mère. Mais ceci est une autre histoire qui fera l'objet d'un autre article. Pour le moment on parlera de mère (parce que c'est plus rapide à écrire ^^).

OK. C'est mignon tout ça mais tu veux en venir où ?

L'humain, en grandissant, est imprégné de la culture du milieu dans lequel il vit. Et comme cet apprentissage est fait en même temps que d'autres apprentissages vitaux (la marche, la socialisation, la parole...), il est très difficile pour lui de remettre cette culture en question, même si celle-ci lui dit de s'éloigner à tout prix de son petit (chambre séparée, travail en extérieur sans petit, sorties entres adultes exclusivement, etc...).

Mais le petit, dans tout ça, ce petit qui est le même que celui qui est né 100 000 ans avant lui, se fiche bien de la culture de ses parents. Il ne "sait" qu'une chose : pour rester en vie, il doit rester collé à sa mère (d'où le réflexe de s'agripper) et exprimer chaque besoin (silencieusement car attention aux prédateurs mais là aussi on en reparlera dans un autre article) de manière à ce que sa mère puisse y répondre.

Ce petit sait quand il a faim et à quel point. Inutile de lui imposer horaires et quantités.
Ce petit sait quand il a besoin de dormir ou de découvrir. inutile encore d'imposer des horaires.
Ce petit sait quand il sera prêt à s'éloigner, combien de temps et à quelle distance. Inutile de lui apprendre la solitude.

Toute tentative allant à l'encontre de son instinct est particulièrement stressante et on sait à quel point le stress est mauvais pour le développement du cerveau (seul avantage réel de l'humain sur les autres animaux). En allant à l'encontre de l'instinct de nos bébés de 100 000 ans, on les offres aux prédateurs sur un plateau. C'est la seule chose qu'il comprend. Chose à laquelle il peut se résigner, s'habituer même. Mais dans laquelle il ne trouvera jamais l'assurance nécessaire à une autonomie équilibrée. D'après vous, d'où vient cette peur de l'abandon si coutumière à notre culture ?

Voilà où je veux en venir : Oubliez votre culture. Ne faites confiance qu'à votre bébé. Il sait. C'est un sage de 100 000 ans.

C'était Éloïse pour Maman. Rendez-vous bientôt pour la suite !

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