Fausse couche, comment la traverser ?

Fausse couche, comment la traverser ?

Fausse couche, comment la traverser ?

En moyenne, une femme sur cinq se trouve dans sa vie confrontée à une fausse couche. Pourtant le sujet reste tabou, généralement la femme étouffe sa douleur en silence, à moins qu’elle en fasse un déni. Dans cette épreuve, le couple est éprouvé au même titre que la fratrie. En effet, chaque enfant occupe une place particulière et lorsque l’un n’est pas nommé sous prétexte qu’il n’a pas vu le jour, le suivant occupe sa place, qui n’est pas la sienne. Comment donc, y remettre de l’ordre ?

Prise de conscience

Nous pouvons concevoir qu’une grossesse est une énergie de vie s’étant mobilisée pour s’incarner. Elle prend corps dans le ventre d’une femme. Quelle que soit sa forme, cette énergie existe. L’existence de l’être ne dépend pas d’un cœur qui bat, d’un corps achevé ou d’un cerveau qui fonctionne. L’être précède la forme : il in-forme la matière qui peut alors prendre forme.

Nous sommes une énergie de vie que nous expérimentons d’incarner sur Terre. Nous nous incarnons le temps qui nous est nécessaire pour la vivre. Ce temps peut être de quelques secondes ou d’une centaine d’années. L’une n’est pas meilleure que l’autre.

Dès l’instant où une femme est enceinte (voire même avant), elle accueille un nouvel être ; elle s’engage consciemment ou inconsciemment à le protéger, le nourrir, l’aimer le temps nécessaire à son évolution. Si le projet s’arrête, c’est à dire si l’énergie se désolidarise de la matière, l’évolution corporelle s’arrête. La femme est en deuil ; son projet d’enfant à naître s’écroule. Mais l’énergie perdure.
Faire le deuil de son projet est essentiel, cela permet de refermer la porte qu’elle avait ouverte sur l’avenir. Car lorsque ceci n’est pas fait, la porte reste ouverte, appelant ainsi un nouvel être à s’incarner, prenant alors la place du précédent, n’étant pas la sienne.

Enjeux pour la fratrie

Ainsi la fratrie est désorientée, si la femme fait une fausse-couche (ou un avortement) pour sa première grossesse par exemple, l’enfant qui va suivre sera considéré comme l’aîné de la fratrie, alors qu’en réalité il est le deuxième. Cela peut lui poser des problèmes pour trouver sa place. Toute la fratrie est désorganisée et peut l’exprimer dans les tensions qui existent entre eux ou à l’intérieur d’eux.

Deux clés essentielles : le deuil et l’identité

  • Les parents ont à vivre, l’un et l’autre leur deuil, sentant le lien unique qui les relie à cette énergie qui s’est envolée. Il est souvent plus aisé pour le père de le faire, car l’énergie n’a jamais pris corps pour lui, alors que la femme porte en elle sa mémoire.
  • Cet être doit être nommé dans la famille et occuper sa place même s’il n’est pas reconnu sur un état civil.

Pour faire le deuil

– Prendre le temps nécessaire pour accueillir et exprimer l’émotion qui est là, que ce soit tristesse, colère, désespoir… Ne pas chercher à l’enfouir.

– Respecter votre vulnérabilité. Dès qu’une femme est enceinte, elle s’ouvre dans son corps, dans son cœur; elle a besoin de temps pour se refermer. Elle n’est pas disponible alors pour l’extérieur. L’homme a ouvert son cœur, il a également besoin de prendre soin de lui.

– Faire un rituel d’adieu à ce petit être lorsque vous vous sentez prête, seule ou avec votre compagnon et même avec les autres enfants (dans ce cas, usez de votre créativité pour les faire participer):

  • Nommer ce petit être : il existe une fois qu’il est nommé et peut ainsi occuper sa place
  • Lui écrire ou lui exprimer tout ce que vous avez à lui dire
  • Sentir le lien qui vous relie à lui : c’est où dans votre corps, c’est comme quoi ? Qu’est-ce que cela nourrit ? Réalisez que ce lien n’est pas attaché à la forme : c’est une vibration particulière qui s’exprime entre vos deux énergies (la vôtre et celle du petit être). Cultivez cette vibration, sentez ce qu’elle change en vous dans votre quotidien.
  • Trouvez vos mots, vos gestes, votre lieu pour « laisser s’envoler » cette énergie : vous pouvez l’accompagner de vos mains,  de votre souffle.

Vous saurez que le deuil est fait lorsque cet espace est libre en vous. Il peut y avoir de la tristesse, mais elle ne vous emporte pas, c’est alors à ce moment que vous êtes en paix.  Il n’est jamais trop tard pour faire ce deuil.

Pour intégrer cet être à la fratrie

– Au moment où la fausse-couche ou l’avortement se fait, le plus simple est d’en parler ouvertement avec vos enfants. Quoi que vous fassiez, ils savent que vous êtes enceinte et ils sauront que vous ne l’êtes plus. Ce ne sont pas les faits qui peuvent les bousculer mais la manière dont vous les accueillez. Plus vous mettrez des mots simples sur ce qui se passe, sans chercher à rassurer, ni à justifier, ni à amoindrir votre douleur plus ils pourront prendre ce dont ils ont besoin sans chercher à vous sauver.

– Lorsque l’événement est passé parfois depuis des années, laissez venir l’occasion d’en parler à vos enfants et reconstituez la fratrie dans sa totalité. Vous pouvez la matérialiser avec des objets (des galets de formes différentes, des pierres précieuses, des plumes…).

– Nommez chaque enfant qui n’a pas vu le jour.

– Vous pouvez dédié le jour de la fausse-couche ou de l’avortement (à moins que vous ne préfériez celui de la conception) à l’enfant concerné, comme un anniversaire. Il a ainsi son jour dans l’année, comme les autres enfants : chacun a sa date anniversaire.

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Nicolas

Papa d’amour à 3 enfants ( 4a - 3a et 1a.) Je suis de Bretagne dans le Morbihan

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