Périnatalité

La douleur psychique de l’accouchement

Aujourd’hui j’aimerai aborder le sujet d’une autre facette de la douleur lors de l’accouchement. En effet -la douleur- c’est ce qui revient le plus souvent dans les appréhensions des femmes face à cet événement. Mais que savons-nous exactement de cette douleur ? A-t’elle un sens ?

« En matière d’accouchement, les phénomènes mécaniques n’expliquent pas à eux seuls les douleurs que les femmes éprouvent. La douleur est d’une autre nature que l’activité qu’on pourrait enregistrer dans les câblages neuronaux, car toute douleur est subjective, c’est à dire éprouvée par un sujet au filtre de son histoire personnelle, familiale, sociale, de son groupe culturel et de son appartenance religieuse. Au cours de l’accouchement, tandis que la femme se trouve envahie par la violence des contractions utérines venue de l’intérieur de son propre corps, elle affronte la dépossession de soi, la connaissance fulgurante de la fin d’un attachement unique, la fin de soi et du monde. Les affects, interdits et représentations mis à mal s’associent aux phénomènes physiologiques et cristallisent sous forme de douleur. Chaque parturiente produit une douleur qui lui appartient en propre. »

-Monique Valentino-
LA NAISSANCE – Histoire, cultures et pratiques d’aujourd’hui

La séparation

L’accouchement est avant toute chose une séparation. Et pas n’importe la quelle. La séparation avec un être attendu et désiré maintenu 9 mois dans une totale fusion dans le ventre maternel. Il s’agit de notre enfant, celui que nous portons, que nous aimons plus que tout au monde et qui pourtant doit nous quitter. Comme pour la plus part des séparations elle est longue et douloureuse. Durant l’accouchement, la douleur s’accentue au fur et à mesure que nous avançons vers le point de non retour. C’est également se séparer de l’enfant fantasmé et idéalisé que l’on a aimé s’imaginer durant la grossesse pour rencontrer et laisser place à l’enfant réel. Enfin, c’est se séparer et faire le deuil de l’enfant que nous avons été pour accueillir le notre. Réaliser qu’une page se tourne pour toujours.

« C’est donc un peu mourir soi-même pour donner la vie à un autre. »

« Pour accoucher, il doit y avoir rupture (de la poche des eaux), effacement (du col) et expulsion. Mais de quelle rupture, de quel effacement et de quelle expulsion parle t-on ? (…) »

-Chantal Birman, AU MONDE-

La transition

Elle est d’autant plus accentuée lorsqu’il s’agit du premier enfant. La naissance provoque un chamboulement dans l’ordre des générations. Le nouvel arrivant fait des enfants les parents, les parents deviennent grands parents et ainsi de suite… Inconsciemment, la femme en donnant naissance pousse les précédents vers la mort.

 Le combat contre les souffrances passées pour accéder au statut de mère

Il semblerait que l’accouchement puisse avoir une valeur pédagogique : en luttant contre la force des contractions, on lutte contre la douleur des deuils inconscients et nécessaires à faire pour devenir mère, d’où la sensation de force extraordinaire après un accouchement réussi. La force nécessaire pour pousser l’enfant, la rencontre avec l’au-delà de soi-même, la sensation intense du passage marquent à jamais dans la mémoire la filiation à cet enfant. C’est cela « la porte des Mères » : le détachement, qui permet l’attachement.

A l’occasion d’un congrès sur le « sens de la douleur » en 1995 le Professeur Desprat, anesthésiste parle en terme de ressenti : il associe le sensoriel et l’émotionnel, tout en reconnaissant qu’il faut être très prudent, car le phénomène est difficile à appréhender. S’il décrit bien les voies anatomiques, il évoque un aspect important de la douleur : « les facteurs psychiques, qui influencent et modifient l’intensité de cette douleur ». Il nous livre son expérience d’analyste dans une maternité. Au sujet du sens de l’accouchement :

« Pendant l’accouchement, dans la perception de la douleur, l’événement doit prendre sens. C’est cela le psychisme en cause sinon l’épreuve à affronter n’est pas acceptable ce qui va être subi pendant le travail va être rejeté. »

Pour finir être contente de soi quelle que soit la façon dont s’est déroulé l’accouchement semble être le signe que le passage psychique a bien été fait et réussi, ce qui explique les discordances existant parfois entre l’analyse médicale et le ressenti maternel. Il a pu être observer aussi des coïncidences entre « être contente de soi » et l’investissement rapide de la fonction maternelle (présence psychique ou attachement et soins au bébé), ainsi que la réussite de l’allaitement maternel.

Papa d’amour à 3 enfants ( 4a – 3a et 1a.) Je suis de Bretagne dans le Morbihan
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Papa d’amour à 3 enfants ( 4a – 3a et 1a.) Je suis de Bretagne dans le Morbihan

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