#balancetonporc, ce que cela m’inspire…

#balancetonporc, ce que cela m’inspire…

J’aimerais réagir aux #balancetonporc qui connaît un énorme succès sur les réseaux sociaux (et qui n’est pas très sympa pour les porcs soit dit en passant…) Nous ne pouvons penser à une libération de la parole de la femme, mais en ce qui me concerne le terme « balance » me dérange énormément. La femme est réduite à un statut de balance pas très glorieux qui me fait penser à la France de Vichy. Si les réseaux sociaux avaient existé à cette époque peut-être que le #balancetonjuif aurait été inventé.

Suite à l’affaire Weinstein et après un appel sur Twitter, de nombreuses femmes victimes de harcèlement sexuel et même d’agression sexuelle ont décidé depuis vendredi de briser l’omerta et de témoigner.

Je ne pense pas être la seule à penser à un appel à la délation car dans les tweets que j’ai pu voir avec ce hashtag, il n’y avait aucun nom, il s’agissait plus d’un partage d’expérience.

Pourquoi ce hashtag a-t-il beaucoup de succès?

Il est à mon sens très révélateur de la société dans laquelle on vit. Tout d’abord beaucoup d’hommes s’indignent à propos de ce hashtag qui le considère comme un problème de petite bourgeoise, mais bien heureusement ils ne sont pas majoritaires. Certes, il y a plus grave dans le monde, des gens meurent dans des pays en guerre mais cela n’empêche pas de traiter des thèmes qui nous tiennent a coeur…

Il est important de signaler que cela arrive à tout le monde, que ce n’est pas un caprice de fille ou je ne sais quoi encore. Ce n’est pas l’histoire de quelques « pimbêches » qui se croient plus belles que les autres et qui se font forcément accoster de par leur beauté. NON! C’est l’affaire de toutes.

Si ce hashtag a fonctionné c’est parce que les femmes subissent le harcèlement sexuel au quotidien sans rien dire et ce hashtag permet de libérer la parole des femmes. Dans notre société la femme est en permanence sexualisée, et le succès de ce hashtag le prouve une fois de plus. Hors le harcèlement sexuel est puni par la loi alors pourquoi autant d’hommes se permettent de harceler les femmes.

Article 222-33
Créé par LOI n°2012-954
du 6 août 2012 – art. 1
I. – Le harcèlement sexuel est le fait d’imposer à une personne, de façon répétée, des propos ou comportements à connotation sexuelle qui soit portent atteinte à sa dignité en raison de leur caractère dégradant ou humiliant, soit créent à son encontre une situation intimidante, hostile ou offensante.
II. – Est assimilé au harcèlement sexuel le fait, même non répété, d’user de toute forme de pression grave dans le but réel ou apparent d’obtenir un acte de nature sexuelle, que celui-ci soit recherché au profit de l’auteur des faits ou au profit d’un tiers.
III. – Les faits mentionnés aux I et II sont punis de deux ans d’emprisonnement et de 30 000 € d’amende.
Ces peines sont portées à trois ans d’emprisonnement et 45 000 € d’amende lorsque les faits sont commis :
1° Par une personne qui abuse de l’autorité que lui confèrent ses fonctions ;
2° Sur un mineur de quinze ans ;
3° Sur une personne dont la particulière vulnérabilité, due à son âge, à une maladie, à une infirmité, à une déficience physique ou psychique ou à un état de grossesse, est apparente ou connue de leur auteur ;
4° Sur une personne dont la particulière vulnérabilité ou dépendance résultant de la précarité de sa situation économique ou sociale est apparente ou connue de leur auteur ;
5° Par plusieurs personnes agissant en qualité d’auteur ou de complice.

Alors pourquoi les femmes ne se défendent pas de cela?

Parce qu’elles sont souvent confrontées à des jugements, notamment de la part des postes de police où on demande aux femmes la manière dont elles sont habillées, ce qu’elles portaient, comment elles se comportaient… donc la culpabilisation des femmes. De ce fait, certains hommes s’autorisent à continuer le harcèlement de rue parce que ce n’est pas si grave, parce qu’ils se veulent flatteurs.

Quoi, comme cette femme ne peut elle ne pas se sentir flattée par cette approche machiste et humiliante?

Donc ce hashtag a au moins le mérite de mettre sur la place publique un sujet jusqu’alors ignoré ou qui n’est pas pris au sérieux. Donc il y a prise de conscience aussi bien du coté des femmes que du coté des hommes; ce n’est pas banal mais il y a des conséquences à faire de tels actes ou à les subir. Les termes de ce hashtag ne sont peut être pas bien choisis, choisis probablement sous le coup de l’émotion mais la volonté est belle et bien là.

Non messieurs nous ne sommes pas flattées d’être suivies dans la rue et d’entendre que nous sommes « bonnes », qu’on nous mettrai bien « un petit coup » ou autre joyeuseté…

Alors le succès médiatique de ce hashtag nous montre bien l’hypocrisie de notre système d’information qui va placer un débat à ce sujet entre une pub sexiste et une émission ou la femme est rabaissée ou non considérée comme l’égal de l’homme.

Que faire face a ce harcèlement de rue:

Utiliser ce genre de hashtag peut libérer la parole mais à mon humble avis le hashtag #moiaussi, #metoo devrait être privilégié dans le sens où la femme n’est pas réduite à son statut de balance, mais à son statut de femme et qui plus est, de femme harcelée.

De part cet article, j’apporterai également mon témoignage:

Je ne compte pas le nombre de fois où je me suis faite sifflée comme un petit toutou désobéissant et le nombre d’insultes prises en pleine poire parce que je ne répondais pas. Surtout lorsque j’étais lycéenne, je n’étais pas prévenue que ça pouvait arriver et je me suis retrouvée prise de court à de bien nombreuses reprises. Peu importait, mon âge, ma façon de m’habiller, la fille, la femme est sexualisée dans notre société et c’est inacceptable. Lorsque j’étais au collège, j’étais en survêtement, baskets et j’étais tout autant sifflée dans la rue que lorsque je portais des jupes en terminale… Il n’est vraiment pas question de cela, le corps d’une femme n’est pas sexuel, une femme a le droit de faire ce qu’elle veut de son corps, a le droit d’avoir l’attitude qui lui convient. Sans avoir à se justifier, car non ce n’est pas l’attitude de la femme qui est à blâmer mais l’incorrection de ceux qui pratiquent le harcèlement de rue en ayant l’impression de « séduire »…

Il m’est déjà arrivé de me faire suivre dans la rue en rentrant du lycée, de la fac. Je me souviens d’une fois où j’avais eu très peur face à un groupe de garçons très agressif car je n’avais pas répondu à leur coup de klaxon. Je suis entrée sur la terrasse d’un café vers un groupe de jeune, j’ai fait semblant de les connaitre, je leur ai expliqué et je suis restée un peu avec eux jusqu’à ce que la bande de mecs se casse…

Il y a peu de temps en sortant de la bibliothèque, malgré mes presque 35 ans et mes livres pour enfant sous le bras un mec a émis une sorte de son incompressible à mon égard, une sorte de « ulllullu » j’ai du lui demander s’il avait « un problème avec sa bite » pour le rembarrer…

En fait, en y réfléchissant quelques exemples me reviennent, mais finalement c’est monnaie courante dans la vie d’une femme et il est important de témoigner en ce sens et que ces actes soient punis.

Je pensais naïvement, qu’avec l’âge ça n’arrivait plus, mais bien naïve je suis…

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Nicolas

Papa d’amour à 3 enfants ( 4a - 3a et 1a.) Je suis de Bretagne dans le Morbihan
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