Les dommages causés par le dressage au sommeil sur les bébés.

Les dommages causés par le dressage au sommeil sur les bébés.

Avertissement : cet article est basé sur un article scientifique sérieux et, même si mon avis transparaît, il n’est en aucun cas question d’un quelconque jugement de valeur sur la façon que vous, lecteur-rice, élevez vos enfants, mais plutôt sur une méthode contre nature que des professionnels malhonnêtes ou ignorants cherchent à prouver. Si vous-même la pratiquez, n’y voyez que mon avis, supplanté de données sérieuses, et non pas une critique personnelle. Bonne lecture !

Aujourd’hui, j’ai fait la découverte d’un article qui a, je dois l’avouer, su ensoleiller ma journée : « Proving the Harm in Early Sleep Training«  ou en français « Prouver les risques à dresser le bébé à dormir trop jeune » [1]. Un article qui a été très attendu puisqu’il regroupe plus de 20 ans d’études prouvant les dommages causés par l’entraînement au sommeil sur les bébés. Les recherches ne concernent que les enfants de la naissance aux 6 mois, mais je ne vais pas me plaindre, c’est déjà un travail extraordinaire, car jusqu’à présent, le peu ou pas d’études à ce sujet était un argument pour les personnes ayant recours à des méthodes comme celle du 5-10-15. L’étude a été documentée et rédigée par les docteurs Pamela Douglas et Peter Hill de l’université du Queensland en Australie ; ils ont compilés tous les articles allant de 1993 à 2013 et traitant de l’entrainement au sommeil des enfants de moins de 6 mois. Rappelons que de nos jours malheureusement, beaucoup de pédiatres et médecins, continuent d’inciter les jeunes parents à utiliser ces méthodes de dressage du sommeil alors qu’elles ne sont pas sans risques pour l’enfant.

Ce sont près de 43 articles qui ont été repérés par les médecins, faisant la promotion du dressage du sommeil : ne surtout pas laisser un enfant s’endormir au sein ou dans les bras, apprendre à l’enfant à s’auto-réguler, planifier le sommeil de l’enfant, diminuer les stimulations en cours de journée. Des articles n’ayant aucune base scientifique se justifient en démontrant que le sommeil se consolide rapidement durant les quatre premier mois de l’enfant ; c’est cette évolution permettrait d’affirmer aux auteurs de ces articles qu’imposer un rythme de sommeil à un bébé préviendrait d’éventuels problèmes de sommeil et d’éveil. Mais les médecins ont observé les conséquences de ces méthodes sur l’enfant et la mère et en ont déduit ce qui suit :

  • L’entrainement du sommeil au cours des 12 premières semaines permet peut-être de plus longues durées de sommeil, mais ne réduit pas les pleurs du nourrisson, qui est la principale préoccupation des parents qui se tournent vers ces méthode de dressage du sommeil.
  • L’augmentation des réveils nocturnes chez les bébés nourris au lait maternel n’a pas été associé à des problèmes de sommeil ou de comportement – contrairement à l’idée que des problèmes à long terme seraient liés aux réveils nocturnes des bébés.
  • Les nourrissons qui présentaient des réveils nocturnes ou d’autres troubles du sommeil à 6 mois (sans intervention) ont une santé mentale tout à fait « normale » une fois atteint le début de l’âge adulte, ce qui signifie que ceux qui font un lien vers des problèmes futurs n’ont absolument aucune preuve à apporter.
  • Pour ceux qui se soucient des mamans souffrant de dépression, il n’existe aucune preuve de l’effet de l’entraînement au sommeil avant six mois sur la diminution de la dépression maternelle. En fait, les problèmes de sommeil des mères ne sont pas corrélés avec le sommeil du nourrisson, mais plutôt avec à la dépression elle-même.
  • En fait, c’est la dépression maternelle qui provoque des réveils plus long du bébé la nuit (pas en fréquence), et non l’inverse.
  • Les mères qui allaitent se réveillent plus pour nourrir leur bébé, mais signalent une meilleure qualité de sommeil et une baisse des taux de dépression post-partum.
  • Les quelques études qui ont signalé une diminution de la dépression maternelle dû aux interventions qui étaient incroyablement complexes avec de nombreux éléments à prendre en compte (y compris le soutien à la mère) ne peuvent être liées au dressage du sommeil.
  • Dissocier l’alimentation du sommeil chez les nourrissons de moins de six mois mène vers une augmentation des échecs de l’allaitement maternel.
  • Un sommeil planifié de façon rigide dans les premiers mois est associé à un risque trois fois plus élevé de problèmes de comportement à six mois et deux fois plus de pleurs chez les bébés en fonction de la réponse aux besoins de l’enfant.
  • Placer un enfant dans une pièce sombre pendant la journée sous prétexte d’un besoin de sommeil ou parce qu’il pleure de fatigue ou en résultat d’une surstimulation inhibe la consolidation du sommeil nocturne (ce qui signifie plus de réveils nocturnes) et augmente le risque de mort subite du nourrisson (MSN). Cela réduit également la capacité de la mère à développer un bon biorythme diurne avec son bébé, ce qui amènerait à réduire la santé mentale de la mère.
  • La focalisation sur les interventions du sommeil – à savoir combien de temps l’enfant a-t-il dormi, combien de temps y-a-t-il entre chaque coucher, combien y-a-t-il de réveils, etc. – augmente l’anxiété des parents. Elle peut également conduire à un sommeil de moins bonne qualité pour l’enfant.

Ces études ont été menées sur un court terme et il aurait été intéressant également pour les parents de connaître les effets à moyen et long terme sur leurs enfants. Le Docteur Catherine Gueguen en parle dans son livre « Pour une enfance heureuse » et démontre, grâce aux neurosciences, qu’un stress répété (un enfant qu’on laisse pleurer, tous les jours et ce, plusieurs heures) est extrêmement nocif pour lui et aurait un grand impact sur son cerveau et ses chromosomes, allant jusqu’à des modifications de l’ADN ; un risque plus élevé de maladies liées à l’âge, et une espérance de vie moindre ont également été démontrés.

Pour ma part, je trouve cela triste d’avoir besoin de prouver que ce dressage est nocif pour l’enfant alors que respecter son rythme fait simplement partie des normes biologiques. Je sais qu’il y a des jours où la fatigue est insupportable, où l’on en peut plus, mais laisser son enfant hurler dans une pièce ne fonctionne pas toujours et rajoute une dose de stress et d’angoisse énorme à la maman. Certain-e-s pourront me dire que, si si, « le mien s’est endormi de cette façon ». Certes, et cela au bout de plusieurs et interminables longues minutes voire heures ; il a fini par s’endormir résigné, convaincu que personne ne viendrait le consoler, perdant petit à petit et au fur et à mesure que cette méthode est appliquée, la confiance qu’il a en ses parents. Je sais qu’énormément de parents ne connaissent pas la face cachée de ce qu’on leur vend. Je sais aussi que, parfois, la fatigue est tellement importante qu’on ne cherche plus. Ma fille a 9 mois, se réveille encore plusieurs fois par nuit et même si je n’en peux plus, je me tourne et lui donne ce qu’elle souhaite : sa source de lait, une chaleur rassurante ; ainsi, on se rendort paisiblement. N’écoutez plus les gens, surtout si cela ne vous convint pas. Ne vous laissez pas culpabiliser, écoutez-vous, ayez-confiance en vous !

Lire : Le stress dans l’enfance est très nocif pour les chromosomes

[1] Pour la version française de l’article, cliquez-ici papaallaitants.fr

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